[Coronavirus] Kilogramme transforme son magasin de vrac pour affronter la crise

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En 24 heures, ce magasin parisien a arrêté son libre-service, monté un site en ligne et redéfini les missions de l’ensemble de ses salariés pour affronter la crise sanitaire.

Les 7 salariés de Kilogramme ont tous accepté de continuer à travailler, avec un quotidien radicalement différent.
Les 7 salariés de Kilogramme ont tous accepté de continuer à travailler, avec un quotidien radicalement différent.

 « Il faut passer en état d’urgence ». Dès le début de la crise, Xavier Ranoux, co-gérant du magasin Kilogramme qui propose des produits sans emballages, a transformé son magasin de 55 mètres carrés situé dans le XIXème arrondissement de Paris. Fini le libre-service, le cofondateur a monté de toute pièce son site en ligne en 24 heures, d’abord avec un assortiment plus restreint, afin de permettre à ses clients de commander des paniers à venir retirer le lendemain dans son point de vente fermé au public. Avec ses salariés, il a aussi repensé toutes les méthodes de travail.

Finie la polyvalence

« Nous nous sommes d’abord réunis avec tous les collaborateurs afin de savoir si tous acceptaient de continuer à travailler. Ca a été un « oui » général. Nous avons ensuite discuté des missions à mettre en place pour être en sécurité et continuer de fournir notre clientèle », raconte Xavier Ranoux.

Le matin, derrière des portes closes, les 7 salariés ont chacun une tâche spécifique. Finie la polyvalence, dans le but de limiter les interactions entre collaborateurs. A la chaîne, chacun opère sa tâche : un coupe le fromage reçu en meule, un autre rempli les sachets de farine et de pâtes, un troisième assemble les paniers… En plus, à tour de rôle, un référant administratif reste chez lui pour mener à bien ce travail.

Tous sont équipés de matériels de protection nécessaires (gel hydroalcoolique, gants…) et ont suivi le modèle livré par le CHU de Montpellier afin de confectionner eux-mêmes leur masque en tissu.

Un assortiment profondément modifié

L’offre a aussi été profondément modifiée avec la crise. Ce magasin, qui travaille beaucoup avec des artisans locaux, a eu de nouvelles opportunités avec ses fournisseurs qui ne pouvaient plus livrer les restaurateurs et les cantines. Il a donc pu proposer plus de produits laitiers, et a quelque peu délaissé le non-alimentaire, qui arrive progressivement sur son site. A situation exceptionnelle, produit exceptionnels: ce chasseur de plastique commercialise sur son nouveau site la vente de bouteilles de lait dans cette matière… « On veut permettre à nos clients de pouvoir faire toutes leurs courses chez nous, donc nous faisons quelques entorses », admet Xavier Ranoux.

Enfin, pour simplifier la confection des cagettes de livraison, la vente en ligne propose uniquement des systèmes de paniers pour les fruits et légumes, avec différentes formules selon le nombre de personnes et un spécial dédié aux agrumes venus d’Italie. 

Baisse du chiffre d'affaires

De 13 heures à 17 heures, la clientèle est invitée à venir retirer ses provisions commandées en ligne la veille. « Avant, nous étions ouverts de 11 heures à 14 heures puis de 16 heures à 20 heures. A présent, les horaires d’ouverture sont moins importants car nous fermons en plus le dimanche », précise le cogérant. Coté clients, les habitués se sont montrés dans l’ensemble satisfaits, même si des personnes plus âgées ont été réticentes à passer aux commandes en ligne, confesse le co-fondateur.

Le tout pour un résultat satisfaisant ? Le magasin compte une cinquantaine de commandes par jour contre 150 clients en magasin habituellement, mais les paniers moyens s’avèrent aussi plus conséquents. « Au final, nous travaillons deux fois plus pour un chiffre d’affaires en baisse de 30 à 40 % », constate Xavier Renoux, qui maintiendra sans doute, après la crise, la possibilité du click-and-collect née de cette situation inédite.

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