[Coronavirus] Pourquoi Afflelou a décidé de rester fermé (Interview du PDG)

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Les magasins d’optique, finalement, peuvent ouvrir. Mais les magasins Afflelou restent fermés. Une décision mûrement réfléchie : « Nous devons faire preuve de civisme », assène Didier Pascual, PDG du groupe Afflelou.

Didier Pascual, PDG du groupe Afflelou.
Didier Pascual, PDG du groupe Afflelou.© Romual Meigneux

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Dimanche ? oui. Lundi ? Non. Aujourd’hui, mardi 17 mars ? A nouveau oui. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’à la question de savoir si les magasins d’optique pouvaient rester ouverts, il y a eu comme un léger flottement. Mais, dans une situation si exceptionnelle, c’est bien un tâtonnement que l’on pourra pardonner. Chez Afflelou, en tout cas, pas d’atermoiement, comme l’explique pour LSA Didier Pascual, le PDG du groupe Afflelou.

 

LSA – Les magasins du groupe Afflelou resteront-ils fermés ?

Didier Pascual - Dès l’annonce du Premier ministre, samedi dernier (le 14 mars, Ndlr), nous avons pris la décision de ne pas ouvrir et nous nous y tenons. Nous devons tous être responsables et faire preuve de civisme, c’est pourquoi nous n’ouvrirons pas même si, visiblement, nous pourrions finalement le faire. Et ce pour une bonne raison : les opticiens ne font pas partie des personnes dotées de masques de protection or, pour ajuster une monture, il nous faut être à proximité immédiate des clients. Il est donc de notre responsabilité de ne prendre aucun risque et de n’en faire prendre aucun à nos clients.

 

LSA – Pour autant, une paire de lunette cassée, un appareil auditif en panne, c’est autant de situations d’urgence, potentiellement…

D.P. – Absolument, et c’est pour cela que la décision de cette nuit, donnant autorisation aux magasins d’optique et d’audition d’ouvrir va nous faciliter la tâche. Nous devons évidemment pouvoir répondre aux problématiques d’urgence et, pour ce faire, nous devons faire preuve de pragmatisme et nous adapter dans un contexte de rush quotidien. C’est pourquoi nous réfléchissons à comment organiser ce service d’urgence le cas échéant, soit en communiquant sur notre site, soit sur les devantures des magasins.

 

LSA – Comment gérez-vous cette période difficile avec vos franchisés et leurs salariés ?

D.P. – Dès vendredi, nous avons ouvert une hotline avec un cabinet d’avocat spécialisé dans le droit du travail pour accompagner nos franchisés, afin de leur apporter le conseil nécessaire et les guider dans les démarches. Le groupe est financièrement sain et pourra traverser cette crise, c’est là un élément important pour nos franchisés. De même que les mesures annoncées hier (lundi 16 mars Ndlr) sur la suspension des loyers commerciaux, notamment, vont dans le bon sens également. Quant aux salariés de nos franchisés, il n’y a pas d’autre alternative que de les basculer en chômage partiel, je le crains. Au siège, en revanche, nous avons initié un plan de télétravail en 2019 et nous l’appliquons aujourd’hui. Tous les salariés de nos sièges, à Paris, Madrid et Bruxelles, sont donc en télétravail.

 

LSA – Vous évoquez l’annonce de la suspension des loyers commerciaux. Y a-t-il d’autres décisions que vous attendriez pour soutenir vos entreprises ?

D.P. – Je regrette avant tout le manque de coordination et de solidarité entre les différentes enseignes d’optique pour prendre une décision commune et s’y tenir. Mais tant pis pour celles qui ne jouent pas le jeu… Pour le reste, le ministre Bruno Le Maire a annoncé ce matin des mesures d’aides à hauteur de 45 milliards d’euros pour les entreprises et les salariés. Cela va encore une fois dans le bon sens. Seulement, le report de paiement de la TVA ne fait visiblement pas partie des mesures d’aides qui sont prévues. C’est dommage et ce serait une mesure salvatrice à prendre à mes yeux. Dans un autre genre, les premiers retours que nous avons nous laissent à penser que nos franchisés ayant souscrit une assurance perte d’exploitation ne seraient pas couverts dans ce cas précis de fermetures liées au Covid-19. C’est un point à éclaircir d’urgence, pour nous mais pas uniquement, car de nombreux secteurs risquent de se heurter à cette problématique.

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