[Coronavirus] Les distributeurs prêts à se mobiliser pour les produits frais agricoles français

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A l’heure du coronavirus, de la fermeture des restaurants, des cantines et à présent des marchés de plein air, les produits frais ont toutes les peines  du monde à s’écouler. Dans un contexte difficile pour les maraichers, les pêcheurs, les éleveurs, la plupart des distributeurs français se sont engagés à mettre en avant l’origine France dans leurs points de vente.

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elevage_casino01.jpg© photos : Alexis Dufumier/Auchan - auchan

« Continuez à manger des produits agricoles français, à soutenir nos filières. Les producteurs restent, de leurs côtés, mobilisés pour continuer à assurer les approvisionnements », a assuré Christiane Lambert, présidente de la FNSEA lors d’un point presse organisé ce mardi 24 mars 2020 via le compte twitter du syndicat.

200 000 personnes à trouver d’ici 3 mois

La situation est cependant loin d’être simple pour les producteurs français qui voient murir leur fraises et leurs asperges, mais, fermeture des frontières oblige, n’ont personne pour les ramasser. Selon la FNSEA, les besoins en main d’œuvre agricole sont estimés à 200 000 personnes d’ici les trois prochains mois. Dès à présent, les agriculteurs ont besoin d’embaucher 45 000 personnes. « Le besoin de main d’œuvre est criant dans le sud de la France », s’alarme Christiane Lambert. Pour sortir de cette situation, le syndicat a lancé  avec la start-up Wizifarm, l’opération « des bras pour ton assiette ». La plateforme met en relation les agriculteurs avec les travailleurs disponibles, ceux qui se retrouvent au chômage technique et qui ont envie de donner un coup de main, les étudiants qui n’ont plus de cours… 

Les ventes de produits frais en chute libre

Alors que depuis ces dernières semaines, les Français se sont rués sur les produits alimentaires non périssables, les produits frais, en particulier les produits de la mer et  les fruits et légumes ont vu leurs ventes complètement plonger. Chez Lidl France par exemple, Michel Biero, directeur exécutif des achats et du marketing constate depuis mardi 17 mars 2020, soit le premier jour de confinement, une baisse de 20 à 30% des ventes de fruits et légumes et un arrêt total des ventes de plantes et de fleurs. Dans un communiqué publié lundi 23 mars 2020, Interfel, l’interprofession des fruits et légumes, tire la sonnette d’alarme face à la baisse constatée de 40% des ventes sur les marchés de gros.

Une situation qui devrait encore se détériorer avec le renforcement des mesures de confinement annoncé hier soir, lundi 23  mars, par le premier ministre Edouard Philippe et qui  a conduit dès ce mardi 24 mars 2020 à la fermeture des marchés de plein air.

Des distributeurs prêts à promouvoir l’origine France

Dans ce contexte hyper tendu, la FNSEA a interpellé depuis le week-end dernier les distributeurs à promouvoir l’origine France dans leurs linéaires et 7 enseignes ont répondu favorablement à cet appel. Sur son compte Twitter, Dominique Schelcher, président de Système U s’est ainsi engagé à « mettre tout en œuvre pour promouvoir les ventes de produits de saison de France et soutenir la production nationale ». Chez Lidl, où l’on trouve encore des fraises et des asperges d’Espagne - selon Michel Biero, ces volumes ont été achetés il y a 8 semaines car la production française n’était pas alors prête pour la  semaine 12, c’est-à-dire à partir du 16 mars 2020- les derniers produits restants vont être donnés d’ici ce mercredi 25 mars 2020 aux associations d’entraide et il n’y aura plus que de la fraise et de l’asperge d’origine France en magasin. L’enseigne prendra la parole dans la presse d’ici la fin de cette semaine pour encourager les consommateurs à manger des fruits et légumes d’origine France. Un tract en magasin est également prévu d’ici les 15 prochains jours. Même engagement de la part de Michel-Edouard Leclerc qui assure sur son blog vouloir donner la priorité à l’origine France pour les fraises, les concombres, les asperges et les tomates dans les magasins E.Leclerc.  « Très concrètement par exemple, pour la semaine du 20 avril, le plateau de 1kg de fraises d’Espagne initialement prévu sera remplacé par une origine France (gariguette ou fraise ronde…ça va dépendre des disponibilités) », indique le distributeur.

De son côté, Intermarché annonce mettre en place un plan média national d’envergure pour sensibiliser les Français à ces différentes problématiques et les inciter à consommer plus de fraises et d’asperges, ainsi que de poisson issu de la pêche française. Rappelons que la Scapêche, filiale du groupement des Mousquetaires, est, avec 22 navires, le premier pêcheur de France.

Situation catastrophique de la filière pêche

Dans un communiqué publié également lundi 23 mars, Carrefour s’engage également à apporter son soutien à la filière de la pêche et de l’aquaculture françaises par des mesures concrètes. L’enseigne dirigée par Alexandre Bompard a ainsi décidé de réorienter la majeure partie de ses achats de bars et de daurades royales auprès de son partenaire Gloriamaris installé en Corse et fournisseur pour ses espèces de la filière qualité Carrefour. Pour l’activité pêche, le distributeur s’est engagé auprès de plusieurs mareyeurs, dont le groupe Océalliance, premier acteur français, en garantissant des prix d’achat et de volumes sur une dizaine d’espèces majeures, dont le maquereau, la sardine et le merlan.

Des éleveurs ovins inquiets à l’approche des fêtes de Pâques

Alors que les fêtes de Pâques approchent et que la perspective de grands repas familiaux s’éloigne, les éleveurs ovins se montrent inquiets de se retrouver avec leur production sur les bras. La FNSEA a ainsi lancé un appel auprès des distributeurs pour mettre en avant la viande d’agneau d’origine France. Un appel entendu par Lidl qui s’est engagé à maintenir une opération de mise en avant de l’agneau de Lacaune. Dans le reste des enseignes, les bouchers devront être mobilisés afin de faire des découpes de plus petite taille, seule condition pour que les carcasses puissent s’écouler en magasins ….

« En amont du personnel soignant à qui nous rendons hommage et qui se bat pour sauver des vies, les agriculteurs se battent pour assurer la sécurité alimentaire des Français  et leurs besoins essentiels», a  conclu Christiane Lambert qui en appelle à la solidarité de tous.

 

 

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