[Coronavirus] Pourquoi Philippe Journo, président de la Compagnie de Phalsbourg annule les loyers de ses locataires ‘‘non-al’’ [Interview]

Dossier Le président de la Compagnie de Phalsbourg a pris la décision, lundi, d’annuler tous les loyers dûs par ses clients enseignes non-alimentaires, pendant les fermetures administratives. Soit, à ce jour, entre le 15 mars et le 15 avril 2020. Pour des raisons d’éthique et de solidarité. Et face à une crise «qui davantage qu’à celle de 2008 doit être comparée à la grande crise de 1929 ».  

"La crise de 2008 n’a pas atteint la ‘‘vraie vie’’, écoles et magasins restaient ouverts. La vie continuait… Là, nous traversons une crise mondiale, comparable à celle de 1929, et la vie s’arrête ! "
"La crise de 2008 n’a pas atteint la ‘‘vraie vie’’, écoles et magasins restaient ouverts. La vie continuait… Là, nous traversons une crise mondiale, comparable à celle de 1929, et la vie s’arrête ! "

Toute la franchise

Toute la franchise

Plus de 1800 concepts éprouvés vous attendent

créez votre entreprise

Dès lundi, l’information était publiée : « Nous avons décidé d’annuler purement et simplement tous les loyers dus par nos clients enseignes non-alimentaires pendant les fermetures administratives, soit à ce jour entre le 15 mars et le 15 avril 2020 » annonçait Philippe Journo, Président-Fondateur de la Compagnie de Phalsbourg. Qui a accepté d’échanger avec LSA sur les raisons de cette décision inédite. Mais aussi sur sa perception de la crise historique à laquelle se trouve confrontés non seulement le monde du commerce, mais tous nos Concitoyens.

LSA – Pourquoi avez-vous pris cette décision, dès communication, samedi, du Premier Ministre sur l’entrée de la France dans le stade 3 de l’épidémie au coronavirus ?

Philippe Journo - Depuis sa création, la Compagnie de Phalsbourg a toujours été solidaire de ses partenaires enseignes nationales et commerçants indépendants. C’est la raison pour laquelle dans ces temps extrêmement difficiles pour notre pays, outre les mesures proposées par le CNCC dont elle partage l’initiative, comme la mensualisation des loyers, nous avons décidé d’aller plus loin dans la manifestation de notre solidarité envers le commerce physique. C’est une simple question d’éthique ! Nous ne pouvions pas moralement dire à nos locataires ‘‘vous ne pouvez pas travailler, mais nous vous demanderons quand même d’acquitter vos loyers !

LSAC’est une mesure très lourde pour vos revenus…

Ph. Journo – Certes, mais c’est à nous de gérer ce problème avec nos banquiers. Encore une fois, question d’éthique et de solidarité. Nos clients-enseignes auront leurs propres problèmes à régler, outre l’absence de chiffre d’affaire, comme ceux de la chaîne d’approvisionnement des futures collections textiles ou électroniques. 

LSACela concerne combien de centres ? Et quid de vos sites intégrant des surfaces alimentaires.

Ph. Journo – Nous hébergeons quelques 700 magasins dans 85 sites au total. Qui, du reste, ne sont pas uniquement les grands centres auxquels on associe la Compagnie de Phalsbourg – tels que l’Atoll à Angers, Wawes à Metz, The Village, près de Lyon, ou Ma Petite Madelaine, à côté de Tours. Mais aussi de plus modestes centres comme nous avons à Antibes. Evidemment, les centres intégrant des surfaces alimentaires, comme notre site My Place de Sarcelles avec Auchan, conserveront leurs accès. Avec pour première préoccupation de respecter la distanciation d’un mètre entre visiteurs, dans les files d’accès…

LSA Comment percevez-vous cette crise sans précédent ?

Ph. Journo – Quand, il y a 3 semaines je disais à mes cadres et collaborateurs que cette crise ne devait pas être comparée à celle de 2008, mais à la grande crise de 1929, je percevais un petit air de doute chez certains. Depuis, tous ont pris conscience de ce qui est en train de se passer ! La crise de 2008 n’a pas atteint la ‘‘vraie vie’’, écoles et magasins restaient ouverts. La vie continuait… Là, nous traversons une crise mondiale et la vie s’arrête ! Nous avons d’ailleurs doublé les équipes de sécurité dans tous nos grands sites, car nul ne sait comment va évoluer la situation dans les 15 jours, dont les mesures drastiques ont de fortes probabilités d’être renouvelables. Jusqu'aux réouvertures, il s’agit donc de mettre en place une surveillance forte de ces sites et assurer leur sécurité de façon à ce que les magasins, les outils de travail et les stocks qui y sont présents soient protégés.

LSA – Quels retours avez-vous de la part des enseignes et de vos consœurs foncières ?

Ph. Journo – Bien des commerçants nous ont déjà joints pour nous remercier d’avoir pris une décision aussi claire et tranchée ! Et nous la maintiendrons aussi longtemps que les magasins seront condamnés à la fermeture, car nous pensons que c'est le moment d'être solidaires. Nous espérons être suivis par les autres gestionnaires de centres commerciaux. La direction de la Compagnie de Phalsbourg et l’ensemble de ses collaborateurs souhaitent à leurs clients beaucoup de courage dans l’épreuve que nous traversons tous.

Propos recueillis par Daniel Bicard.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Nos formations

X

Recevez tous les quinze jours l’actualité des centres commerciaux et foncières, surfaces commerciales, artères commerçantes et centres-villes.

Ne plus voir ce message