[Coronavirus] Reportage dans un Paris où les commerces non-alimentaires sont fermés

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Reportage dans un Paris où les commerces « non-essentiels » sont fermés.

Au Monoprix de l'avenue de Clichy, les entrées se font au compte-gouttes.
Au Monoprix de l'avenue de Clichy, les entrées se font au compte-gouttes.

Devant le Monoprix de l’avenue de Clichy, tout près de La Fourche, à Paris, ils sont une petite dizaine à patienter dans la rue, avant d’entrer dans le magasin. Non qu’il y ait vraiment foule, à l’intérieur. C’est juste que l’enseigne a placé un agent de sécurité pour faire entrer la clientèle au compte-gouttes, afin de respecter la jauge des 100 personnes maximum dans le point de vente. Les consommateurs se montrent patients. Leur smartphone leur offre de quoi tromper l’ennui. Pas certain, en revanche, que la distance de sécurité d’un mètre soit parfaitement respectée sur le trottoir, mais le cœur y est : chacun veille à ne pas être trop agglutiné à celui ou celle qui est devant. 

Sauver ce qui peut l'être

De l’autre côté de l’avenue, le bar-tabac est ouvert, mais dans sa seule configuration tabac. Dans la salle réservée au café, les chaises sont ostensiblement sur les tables… Ambiance fin de soirée alors qu’il est à peine 13h… Plus loin, avenue de Saint-Ouen, le restaurant italien qui, d’ordinaire, déborde généreusement sur la chaussée, est vide. Il y a de la lumière à l’intérieur, toutefois. Et l’ardoise sur laquelle, d’habitude, est inscrit le menu du jour est de sortie, elle. Dessus, trois petits mots laconiques : « Ouvert vente emporter ». On sent déjà la lassitude du patron qui a renoncé à faire une phrase complète. Qu’importe. Peut-être aura-t-il quelques clients, malgré tout, pour sauver ce qui peut l’être.

Bon courage plutôt que bonne journée

 Ailleurs, pour les commerces non-alimentaires, la question ne se pose même pas. Les rideaux sont partout baissés. Au sein de la petite galerie commerciale de la gare Saint-Lazare, seul le magasin Carrefour City est ouvert, avec des clients dont la quiétude impressionne. Tout le reste est fermé. Ici, dans la succession des rideaux gris tirés, Pylônes attire l’œil avec sa jolie vitrine éclairée. On apprend, de la bouche d’une responsable de la boutique, que ce n’est que transitoire. « Nous réglons deux-trois choses urgentes, le magasin bien sûr fermé, et nous couperons toutes les lumières. Pas question de gaspiller de l’énergie pour rien. » Nous nous quittons sur un « bon courage » plutôt que sur le traditionnel « bonne journée ». Ambiance, ambiance…

La Fnac poursuit ses activités... sur le web

 En sortant de la gare, il n’y a qu’à traverser la rue pour se rendre à la Fnac. C’est ici aussi portes closes, bien sûr, de même que pour tout le centre commercial du Passage du Havre. Sur la vitrine, la direction de la Fnac a scotché ce mot d’information : « Chère cliente, cher client, votre magasin Fnac est malheureusement fermé pour une période indéterminée, suite à un a

rrêté préfectoral. Pendant cette période, notre équipe reste mobilisée et notre site Fnac.com continue à vous livrer à domicile », peut-on y lire.

Un boulevard Haussmann aux allures de 15 août

Le boulevard Haussmann, à quelques dizaines de mètres de là, a des allures de 15 août. Et encore… Un 15 août pluvieux et tard le soir. Pour dire les choses autrement : très peu de monde dans les rues. Et que des boutiques fermées. Les Galeries Lafayette, comme la Fnac, ont mis un message à destination de leur clientèle sur la devanture : « Conformément aux directives du gouvernement, votre magasin Galeries Lafayette Paris-Haussmann est fermé. Retrouvez-nous sur galerieslafayette.com ». Depuis l’intérieur du grand magasin, vide, on entend encore la musique d’ambiance. Troublant. 

 

Quelques photos pour illustrer tout cela: 

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