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[coronavirus] Un grand bravo à toutes et tous!

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Cette crise révèle surtout, s’il en est besoin, la valeur des femmes et des hommes qui travaillent dans les usines ou dans les magasins.
Cette crise révèle surtout, s’il en est besoin, la valeur des femmes et des hommes qui travaillent dans les usines ou dans les magasins. © 123rf

Pas simple de trouver les bons mots d’un éditorial en pleine crise du coronavirus, et alors que l’information va beaucoup plus vite que les rotatives de notre imprimeur. Dans de telles conditions, s’il est tellement facile de faire dans le catastrophisme, je préfère me bercer d’optimisme. À commencer par un petit clin d’œil en direction de ces apôtres de l’agribashing, de l’industrie-bashing ou du distribashing que l’on n’entend plus guère depuis quelques jours. Ces donneurs de leçons ou ces «demi-experts et faux sachants», pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron, ont tous disparu des écrans de télévision. Une pudeur qui les honore tant, depuis des années, ils nous rabâchent les oreilles de complaintes sur l’inefficacité de la filière alimentaire et même sur sa supposée dangerosité. Aujourd’hui, les Français attendent beaucoup de cette filière qui a su taire ses habituelles querelles et qui se serre les coudes. Même le président de la République lui trouve tout à coup beaucoup de mérite… Quel retournement de situation !

L’autre petite ironie concerne ceux qui n’ont cessé de pointer du doigt le retard digital des distributeurs français. Pour eux, seuls existent Amazon et Alibaba, le reste n'étant qu’anecdotique. La crise sanitaire que nous traversons démontre pourtant que les distributeurs français, ceux qui ont inventé le drive, ne sont pas si «vieux monde» que cela et qu’ils n’ont pas attendu les Américains ou les Chinois pour avoir quelques bonnes idées…

Plus sérieusement, cette crise révèle surtout, s’il en est besoin, la valeur des femmes et des hommes qui travaillent dans les usines ou dans les magasins. Car nombreux ont été les dirigeants à me raconter cette solidarité nationale qui s’est naturellement mise en place, ici pour produire un peu plus, là pour tenter de remplir très rapidement des rayons qui se vidaient à une vitesse jamais vue. Alors que tout le monde parle, à très juste titre, du travail formidable réalisé par les médecins et le monde hospitalier, il convient de ne pas oublier ces caissières qui voient passer devant elles ribambelle de clients, souvent aimables et compréhensifs, parfois irrités, voire agressifs. Ces chefs de rayon et employés de libre-service qui ne cessent d’arpenter le carrelage, au contact de consommateurs qui peuvent être très énervés. Ces industriels - du cariste au directeur de site - qui n’ont pas hésité à enchaîner les heures supplémentaires, et ces transporteurs - du chauffeur à la direction générale - qui font tout pour répondre à cette surchauffe de la chaîne d’approvisionnement. Tout le monde est clairement sur le pont ! Une véritable mobilisation générale à tous les étages.

Je tiens également à féliciter ces salariés dont personne ne parle. Les équipes de ces milliers de magasins et centres commerciaux qui ont dû baisser le rideau. On ne les entend pas. Pourtant, ils font preuve d’un grand courage et leur situation est forcément dure à vivre. Bravo à eux tant leur désarroi et leurs inquiétudes sont réels et sincères.

Je ne sais pas si, comme le disent certains, il y aura un «avant» et un «après», un terme qui a été tellement utilisé et si souvent vite oublié qu’il en est galvaudé. Mais en attendant la fin de cette terrible pandémie, continuez vos efforts exemplaires et protégez-vous ainsi que vos proches. Et je souhaite fortement que cet esprit solidaire ne disparaisse pas avec la pandémie. Qu’il ne sera pas seulement question de relocalisation ou de préférence nationale, mais aussi de cette nouvelle mentalité qui s’est souvent révélée, de cette créativité et de cette solidarité qui sont apparues, et de cette empathie entre les équipes et vis-à-vis des clients qui s’est installée.

Bravo (et merci) à toutes et à tous.

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