Marchés

[Coronavirus] Une hausse du coût du transport qui ne passe pas

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Si le transport de marchandises reste toujours actif malgré la crise sanitaire du coronavirus, il n’en est pas moins désorganisé. Cette situation a amené certains transporteurs à répercuter la hausse de leurs coûts de fonctionnement sur leurs tarifs déclenchant la colère des PME et industriels.

Certains transporteurs ont envoyé des courriers pour informer leurs clients qu'une hausse sera appliqué au coût du transport en pied de facture, à partir du 17 mars.
Certains transporteurs ont envoyé des courriers pour informer leurs clients qu'une hausse sera appliqué au coût du transport en pied de facture, à partir du 17 mars.© lassedesignen - Fotolia

Les réseaux sociaux s’enflamment de messages de dirigeants de PME qui s’insurgent d’avoir reçu en début de semaine un courrier de leur transporteur leur annonçant une hausse des tarifs. Par exemple, Alexia Chassagne, présidente de Juste Pressé, écrit sur son compte Linkedin : « de nombreuses initiatives collectives ou individuelles s'organisent pour aider son prochain dans le besoin (paniers repas...) Le courrier reçu ce matin de notre transporteur nous indiquant que les tarifs allaient augmenter de façon unilatérale, sans négociation préalable de 8,5%, pour soutenir leur activité dans le contexte actuel me laisse sans voix! »  Même son de cloche pour Marie Bevillon, p-dg de la Conserverie La Sablaise qui pointe qu’il est « déjà compliqué pour les petites entreprises de gérer les absences des salariés avec les gardes d’enfant et les malades avec une activité qui tourne au ralenti alors encaisser une augmentation du coût de transport c’est nous mettre la tête sous l’eau. »

L’ANIA a également réagi, Richard Girardot, le président, déclarant : « Nous comprenons parfaitement les conséquences de la crise sur les entreprises logistiques et de transport, maillon indispensable pour assurer l’approvisionnement des enseignes et commerces alimentaires. Les entreprises de l'alimentation sont dans la même situation : elles font face à des difficultés sous quelque forme que ce soit, dans le frais et l'épicerie, où l'on constate une volonté d'augmenter les tarifs de transports de façon non concertée. »

Des augmentations de 8,5 à 8,75 % avec effet rétroactif au 17 mars

En effet, la Stef, mais aussi la STG et d’autres transporteurs, ont adressé un courrier lundi 23 mars à leurs clients pour répercuter la hausse de leur coût de fonctionnement. Du côté des transporteurs, il n’est nullement question de profiter de la situation, assure-t-on. Mais maintenir l’approvisionnement des denrées alimentaires a été jugé comme une mission prioritaire par le gouvernement. Les transporteurs ont ainsi adapté leur organisation pour continuer à travailler. Cela s’opère dans des conditions non optimales de remplissage de camions, avec plus de véhicules sur les routes, entraînant beaucoup d’heures supplémentaires à payer. A cela s’ajoute les mesures spécifiques au niveau de l’hygiène à mettre à place. Un surcoût que les transporteurs répercuterait donc en facture, et ce avec un effet rétroactif depuis la date du confinement, le 17 mars.

La STG a ainsi indiqué une augmentation en pied de facture de 8,75% quand la Stef avait annoncé 8,5% avant de changer sa position. Le transporteur vient en effet de communiquer qu’il n’appliquerait pas cette hausse tout en précisant que « cette décision ne cache pas la réalité à laquelle nous sommes confrontés et les surcoûts extrêmement lourds que nous supportons actuellement pour assurer un service identique à celui que vous connaissez habituellement. La crise que nous vivons révèle plus que jamais les difficultés du modèle économique de tout le secteur de la supply chain. »

 

Et voici la lettre que Stef vient d'adresser à ses clients, amorçant ainsi un demi-tour...:

Paris, le 25 Mars 2020

Chers clients,
Nous avons entendu toutes vos réactions ces dernières 24 heures. Nous comprenons ce que notre annonce a pu susciter chez chacun d’entre vous. Nous le regrettons profondément et sincèrement.
Depuis de nombreuses années, le secteur de l’agro-alimentaire subit de fortes pressions.
Depuis la production jusqu’à la distribution, nous, opérateur de transport et logistique, vous accompagnons avec l’amour de notre métier et la passion du service. Cette histoire, nous l’avons écrite ensemble, au gré des crises, des aléas, des changements fondamentaux de notre société.
C’est au nom de cette histoire commune et des relations qui nous lient que nous avons décidé de surseoir à cette mesure.
Cette décision ne cache pas la réalité à laquelle nous sommes confrontés et les surcoûts extrêmement lourds que nous supportons actuellement pour assurer un service identique à celui que vous connaissez habituellement.
La crise que nous vivons révèle plus que jamais les difficultés du modèle économique de tout le secteur de la supply-chain. Nous avons aussi conscience que vous subissez de plein fouet cette crise. Nous pensons notamment particulièrement aux petits producteurs, aux entreprises en difficulté, qui vivent une période dramatique.
C’est pourquoi, j’ai demandé aujourd’hui à chacun de vos interlocuteurs commerciaux de revenir vers vous pour définir en concertation et dans la modération les aspects opérationnels et économiques que nous pourrons envisager pour votre activité.
Nous nous sommes efforcés depuis le début de cette crise d’assurer tous nos engagements et restons, chers clients, engagés à vos côtés.
Marc Vettard
Directeur Général Délégué du Groupe STEF

 

 

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