[Coronavirus] Témoignage du Directeur Général d’Alpina Savoie

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Dossier Comment le fabricant de semoule, pâtes, couscous et spécialités savoyardes Alpina Savoie (42M€ de CA en 2018) s’est réorganisé face à la crise sanitaire. Témoignage de son Directeur général Jean-Philippe Lefrançois.

Jean-Philippe Lefrançois, Directeur général d'Alpina Savoie témoigne.
Jean-Philippe Lefrançois, Directeur général d'Alpina Savoie témoigne.© Alpina Savoie

LSA : Comment fonctionne Alpina Savoie en cette période de crise ?
Jean-Philippe Lefrançois : Pour faire face à la crise sanitaire et répondre à la demande accrue de pâtes, couscous et polenta, Alpina Savoie a pris des mesures afin d’assurer la continuité des approvisionnements des grandes et moyennes surfaces, tout en limitant les risques de contamination. Pour répondre à la croissance de la demande, l’entreprise a tout d’abord puisé dans ses stocks. Cela n’est plus suffisant. Nous avons donc dû nous adapter pour produire plus, tout en renforçant les mesures sanitaires. Cela a été possible grâce à nos collaborateurs dont je salue le dévouement et l’implication. Ils ont su se mobiliser fortement pour répondre à cette situation exceptionnelle. Ensemble, nous devons continuer à nous adapter, au jour le jour, et rester agiles dans les prochaines semaines.

LSA : Quel est l’impact sur les ventes ?
J-P.L. - Pour le moment, nous sommes concentrés sur la production dans des conditions sanitaires renforcée. L’entreprise n’est pas en mesure de pas communiquer de chiffres consolidés. Nous ferons le bilan à l’issue de cette période. Mais Alpina Savoie enregistre une hausse des ventes en GMS, ainsi qu’à l’export. Pâtes, couscous, polenta, toutes ses références sont concernées. En parallèle, l’entreprise observe une baisse des commandes attendue en Restauration Hors Foyer (11% du CA), compte-tenu de la fermeture des cantines et restaurants. Nous fournissons la restauration sociale via nos clients distributeurs sur ce segment, nous continuons à produire pour répondre aux besoins de ce type d’établissement.

LSA : Quelles mesures avez-vous pris au sein de l’entreprise pour produire dans ces conditions ?

J-P.L. - Nous avons augmenté les plages horaires de production, les collaborateurs des ateliers font des heures supplémentaires. C’est la solution la plus optimale pour faire face et continuer à approvisionner les magasins car les personnels sur ligne ont des formations très spécifiques. Nous prévoyons également de nous mettre en flux poussés sur les gammes les plus demandées. Concrètement, Alpina Savoie produit en moyenne 200 références pour la GMS ; désormais 40 références maximum seront produites parmi les pâtes, la polenta, le couscous, et les crozets. D’autre part, pour optimiser les flux logistiques, l’entreprise a demandé à ses clients de passer commande de palettes complètes pour éviter le picking qui ferait perdre trop de temps. Une équipe de nuit a été mise en place. En outre, l’entreprise a mobilisé des collaborateurs de services support, sur la base du volontariat, (ex : commerce, marketing) pour la préparation de commandes. Ils ont été formés au préalable afin de les mettre dans les meilleures conditions pour travailler dans les ateliers.

LSA - Aujourd'hui avez-vous encore des stocks et pour combien de temps ?

J-P.L. - Les stocks sont hyper-tendus pour la GMS, nous sommes soit en rupture, soit avec une semaine de stock maximum. C’est pour cela que la production s’est resserrée sur un nombre plus limité de catégorie de produits, pour ne pas perdre de temps à effectuer des changements de ligne.

LSA : Quelle organisation avez-vous mis en place pour vos collaborateurs ? Quelles mesures sanitaires ont été adoptées ?

J-P.L. - Alpina Savoie a dû modifier profondément son organisation. Tous les collaborateurs pouvant travailler à distance ont été mis en télétravail, afin de limiter les risques de contamination. Nous avions anticipé en louant le matériel nécessaire, tous les services supports ont été équipés. Une partie des collaborateurs a également été mise au chômage partiel, par exemple, la force de vente qui ne peut plus assurer de visites de nos clients. Enfin, les personnes les plus à risque, devant être protégées, sont en arrêt maladie. Côté production, des rotations pour prévenir une contamination globale ont été mises en place pour les collaborateurs devant travailler dans les ateliers, et des mesures sanitaires renforcées, suivant les recommandations de l’OMS, sont appliquées. Notre première priorité et de garantir la sécurité de nos collaborateurs, la seconde est de continuer à produire, en garantissant des mesures sanitaires renforcées.

LSA : Quelle est la priorité après une semaine de crise ?

J-P.L. - Notre première priorité et de garantir la sécurité de nos collaborateurs, la seconde est de continuer à produire, en garantissant des mesures sanitaires renforcées. 

 

 

 

 

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