Corse : une identité forte

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Corse : une identité forte

En l’absence de grands laboratoires de recherche et de grands groupes privés engagés dans la R & D, la région Corse n’en demeure pas moins innovante. « Les PME ne s’engagent pas, en général, dans l’innovation. Ce sont principalement des start-up qui font l’innovation en valorisant les ressources naturelles », explique Emmanuel Pierre, directeur de l’incubateur Inizia (50 projets accompagnés depuis sa création en 2006), à Ajaccio. Le terroir reste une source inépuisable d’inspiration, notamment pour l’agroalimentaire, avec bon nombre de produits uniquement commercialisés en Corse, qui font le délice des touristes. L’eau minérale Orezza, déjà exploitée dans la Castagniccia en 1856, appartient à ce patrimoine corse. Après les eaux aromatisées (cédrat-pamplemouse rosé et menthe) qui ont marqué, en 2006, les premières diversifications et innovations de la marque, Orezza a lancé, en 2013, sa première eau minérale naturelle plate.

Liqueur de myrte

L’idée d’utiliser la farine de châtaigne et les herbes du maquis dans le processus de fermentation a permis à la brasserie Pietra de proposer des bières uniques. « Nous faisons une bière 100 % corse », souligne Dominique Sialelli, fondateur de la brasserie. Une gageure dans la région de France qui consommait le moins de bière et dans un marché dominé par les multinationales.

Depuis, les bières régionales ont fait leur chemin, et Pietra continue d’innover en testant actuellement, sur l’Île de Beauté, une bière blanche aux arômes de fruits rouges (Colomba rosée). Dans les boissons toujours, Notte di Corsica propose un vin rosé AOC du Domaine Vico, agrémenté d’une solution alcoolique sucrée à base de baies de genévrier et de prunelles sauvages, cueillies dans le centre corse. Dans sa gamme figurent également une eau-de-vie et une liqueur de myrte distribuées dans les épiceries fines et les boutiques de produits corses. En 2017, il lancera une eau-de-vie d’arbouse et une liqueur de miel. « Nous allons permettre de découvrir les fruits du terroir, aujourd’hui quasiment inexploités », explique Jean-Marc Négroni son créateur.

Pour les mêmes raisons, Frédéric Suberbielle (Ozia) a décidé d’appliquer ses recettes de conseiller agronomique pour les grands domaines viticoles aux jus de fruits en 2010. « Nous procédons à des sélections parcellaires pour obtenir les meilleurs fruits. Nous maîtrisons ainsi toute la chaîne, tout en évitant le gaspillage, car 2 % de fruits mal calibrés partaient à la poubelle », explique ce géologue de formation.

Créée en 1992, la ferme aquacole Gloria Maris, seul groupe européen spécialisé dans le premium à proposer quatre espèces (bar, daurade royale, maigre et turbot) pour la GMS et les tables étoilées, travaille sur douze programmes de recherche, dont l’élevage de sériole. La société, qui a procédé à quatre croissances externes, tente aussi de reproduire la lumière bleue de la pleine mer. « Nous sommes les seuls à proposer des produits à zéro traitement », souligne Philippe Riera, le président du groupe.

Pâte à tartiner aux canistrellis

Kallisté innove d’abord dans les pâtes fraîches, avec des références spécifiques au figatellu, à la brousse de brebis, à la châtaigne corse, mais aussi avec des salades et des club sandwichs identitaires. « Nous sommes dans le haut de gamme, contrairement au segment habituel de ce marché. Nous nous démarquons avec, par exemple, notre club sandwich de 160 g au jambon de Corse et à la tomme de Corse », explique le PDG, Jean-Pierre Trotin. La volonté de « mêler le goût d’hier aux parfums d’aujourd’hui », comme l’affirment les responsables de la Biscuiterie d’Afa, reste une constante. Après avoir lancé une pâte à tartiner aux canistrellis, déclinée en trois références, elle innove aussi dans le packaging en proposant ses gâteaux dans de superbes boîtes de différentes contenances, reproduisant les fourgons d’antan, décorés par un dessinateur corse.

Encore au stade du prototype, MK-Ice entend offrir, de son côté, la possibilité de disposer de glaçons à toute heure. Michèle Rossi développe un système de fabrication de glaçons et son habillage. « Nous voulons amener le glaçon là où on le consomme, dans les ports et les campings, avec une machine disponible 24 h/24 et sans nécessiter d’intervention humaine. » Un marché de niche qui pourrait, à terme, séduire d’autres continents. Le lancement est prévu en 2017.

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Article extrait
du magazine N° 2429

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