Cosmétiques, les souffre-douleurs médiatiques ?

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La passion envers la cosmétiques se manifeste en angoisse
La passion envers la cosmétiques se manifeste en angoisse

Lorsqu’une nouvelle étude vient soulever la question de la dangerosité d’un nouvel ingrédient dans les cosmétiques, le battage médiatique bat son plein. L’encre se verse en litre sur les gros titres, l’angoisse monte de partout et le sujet fait souvent la une des journaux télévisés. En revanche, lorsque le secteur s’autocensure, que la recherche avance et que le mal recule, les médias grands publics font la sourde oreille. En témoignent les dernières études lancées sur les parabènes qui ont eu un succès exorbitant, et la récente recommandation de la part de la fédération européenne des cosmétiques de supprimer totalement le MIT. Le silence s’est fait sur la toile.

De même qu’on ne parle que des trains qui arrivent en retard, on ne parle que des dangers supposés des cosmétiques. Supposés oui. Sur les perturbateurs endocriniens, par exemple, le problème ne se règle pas en un coup de tube à essai. Leur nocivité dépend de la dose, de la répétitivité du geste. Et la réaction de l’organisme est systémique – elle fait intervenir plusieurs organes du corps – donc très ardue à apprécier et à vérifier. Beaucoup de paramètres externes peuvent rentrer en jeu. La science n’a pas réponse à tout, tout de suite. S’il est important d’informer les consommateurs d’un danger, il n’est pas négligeable de l’informer des avancées d’un secteur.

Certes, on pourra toujours reprocher aux instances européennes de prendre trop de temps en cas de suspicion. On pourra disserter de longues heures sur le principe de précaution, et même suspecter, comme le font certaines associations, une possible corruption des pouvoirs face aux mastodontes industriels des cosmétiques.

Mais faites le test dans votre entourage. Qui sait que les tests sur les animaux ont été totalement bannis de l’Union européenne depuis mars 2013 ? Quid de la nouvelle règlementation cosmétiques mise en place en 2013 ? De la traçabilité précise instaurée par le secteur ? De la cosmétovigilance poussée où chaque incident reporté à un magasin ou à un médecin est systématiquement remonté au niveau européen dans les trois jours ? Depuis Juillet 2013, tout cela est en vigueur. Et finalement, peu de monde est au courant.

Les cosmétiques sont des produits passionnés. Le rapport qui s’établit entre eux et le grand public est très sensible. Ils nous accompagnent au réveil et le soir, sous la douche, dans la bouche et sur la peau. Aussi est-on exigeant envers eux. Intraitables avec ceux qui les fabriquent et impitoyables envers leurs dangers. De plus, ils revêtent ce caractère de plaisir et de superficialité pour certains, qui les fait tomber directement dans le panier des produits à bannir lorsque le péril montre le bout de son nez.

Mais n’oublions pas que le mot cosmétiques est large. Qu’il ne renferme pas que le parfum ou les crèmes anti-âges, vues péjorativement par leurs détracteurs. Les cosmétiques, c’est aussi le savon, le dentifrice, les produits pour bébés. Tout ce qui a permis d’augmenter l’espérance de vie depuis 3 siècles.

1 commentaire

JFCa

08/01/2014 13h33 - JFCa

Excellente analyse. On ne peut que s'étonner du manque de discernement des ONG, si certains parabenes sont discutables par exemple on oublie que l'effet de perturbation endocrinienne des pilules contraceptives qui sont deversées quotidiennement dans nos eaux usées sont des milliers de fois plus actives. Autre exemple les microbilles de plastiques, quel battage médiatique alors que le jour où la cosmétique cessera d'utiliser cet ingrédient le problème mondial des déchets plastiques restera identique. Dernier exemple, je vous encourage à publier le nombre d'animal de laboratoire utilisé en Europe à partir de la date de 2013 (date de l'interdiction en cosmétique) et cela tous les ans, vous verrez que ce chiffre reste stable et la problématique entière. Je me demande si les ONG sont incompétentes ou simplement machiavélique. A suivre.

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