Côté jardin, les Français voient l'avenir en vert

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ÉTUDE - Main verte ou pas, les Français adorent les végétaux et sont nombreux à vouloir s'entourer davantage encore de verdure dans les prochaines années.

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Elles sont 60 % - 57 % d'hommes - à jurer qu'elles auront plus de végétaux dans leur environnement à l'avenir. Mieux, 70 % des 25-49 ans des deux sexes l'affirment ! C'est ce qui ressort de l'étude réalisée par le cabinet d'études Efficience 3 pour le compte du Salon du végétal auprès de 2 000 ménages. « Je suis tout à fait d'accord, sourit Françoise, trentenaire et locataire d'un appartement en plein Bordeaux. J'ai la chance d'avoir une terrasse ; elle est étroite, mais fait le tour de mon deux-pièces, et j'y cultive des plantes vertes ou fleuries dans des jardinières presque toute l'année. Vous n'imaginez pas à quel point en automne et en hiver cela m'aide à supporter les mauvais jours. » Les végétaux feraient-ils office d'antidépresseurs pour les citadins ? Sans doute, mais pas seulement pour les habitants des grandes zones urbaines. Trois Français sur quatre disposent, en effet, d'un jardin ou d'une terrasse.

Un prolongement naturel

Si ces espaces verts procurent du plaisir avant toute chose, la moitié de nos compatriotes estiment aussi que le jardin est l'une des deux « pièces », après le séjour, qui donne le plus de valeur à leur habitation. Ancien centre névralgique du partage familial, la cuisine est ravalée au troisième rang. « La place prise par le jardin dans la résidence principale est essentielle. Il y a deux ans émergeait déjà, dans nos enquêtes, le fait que le jardin était considéré comme une pièce à part entière de la maison. Désormais, il est devenu un prolongement naturel. Ce phénomène est encore plus évident chez les actifs de moins de 65 ans, car il est vécu comme un lieu d'apaisement, de jeux et de partage », confirme Marc Loiseleur, vice-président de l'Union nationale des entrepreneurs du paysage (Unep), pour laquelle Ipsos vient d'achever une autre étude.

Pourquoi ne pas imaginer, un jour, que le jardin devienne la pièce qui apporte le plus de valeur ajoutée à l'habitat ? « Alors qu'un salon commence à se dégrader dès l'achèvement des travaux, le jardin, lui, ne peut qu'embellir avec le temps », rappelle Marc Loiseleur. S'il est un domaine où se multiplient, contre vents et marées socio-économiques, les petits bonheurs de tous les jours, c'est bien l'espace vert. L'amateur y veille sur l'éclosion de ses plantations, un endroit où il est maître de quelque chose, capable de faire aboutir un projet mis en oeuvre de ses seules mains. Il voit son arbrisseau devenir aulne ou châtaignier, les oignons muer en glaïeuls, les tubercules en pommes de terre et les graines en haricots verts.

Une double satisfaction

Disposer d'un petit carré de verdure est loin d'être le seul apanage des riches. Bien que 58 % des foyers aisés - revenu 3 000 E/mois -, possèdent à la fois un jardin et une terrasse, les ménages plus modestes - 1 200 E/mois - n'y renoncent pas. 55 % peuvent s'ébattre dans un jardin, mais aussi déjeuner sur la terrasse.

Néanmoins, 5 % de ménages moins chanceux doivent se contenter de leurs rebords de fenêtres. Pour autant, ils optimisent cet espace maigrelet : 78% d'entre eux cultivent des végétaux d'extérieur en plus de plantes d'intérieur. Preuve supplémentaire de la passion française dans ce domaine, parmi les 8% d'interrogés qui n'ont ni jardin ni terrasse, balcon ou rebords de fenêtre, les deux tiers s'offrent tout de même des plantes vertes et des fleurs. Selon le type d'espace, les goûts varient. Les possesseurs de jardin citent le rosier comme plante favorite, ceux qui ont une terrasse ou un balcon préfèrent l'orchidée et le bambou, les détenteurs de rebords de fenêtres aiment l'orchidée, le rosier, le palmier et le ficus. « Les Français seront plus de 7 sur 10 cette année à passer leurs vacances d'été au vert, et plus de la moitié dans leur propre jardin », annonce Marc Loiseleur. Leurs difficultés financières ne justifient pas à elles seules l'engouement. Certes, l'époque est propice au repli familial et amical plutôt qu'aux destinations lointaines, mais surtout l'envie de vivre et de consommer autrement trouve un terreau fertile dans la culture des végétaux. À double titre : à la satisfaction de faire croître soi-même plantes et fleurs s'ajoute celle de devenir des citoyens plus écolos et responsables.

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Article extrait
du magazine N° 2082

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