Couche-tard renoncerait au rachat de Carrefour

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L’agence Bloomberg indique que le groupe québeco-canadien aurait renoncé au rachat de Carrefour, face à l’hostilité du gouvernement. Les deux groupes n’ont pas encore confirmé l’information.

Couche-tard Montréal, 2012
Couche-tard Montréal, 2012© Patrick Le Barbenchon, CC BY-SA 3.0

C’est peut-être l’épilogue de 4 jours un peu fous. Depuis que, le 12 janvier dans la nuit, Couche-tard et Carrefour ont annoncé être en discussions préliminaires pour un rapprochement "amical" qui s’est très vite révélé être un projet pour lequel le groupe canadien, spécialiste des boutiques de pompe à essence, était prêt à engager plus de 16 milliards d’euros. Projet auquel les actionnaires de Carrefour semblaient plutôt favorables.

Le veto de Bercy, Bruno Le Maire arguant du principe de "souveraineté alimentaire", suivi de celui de la ministre du travail ont visiblement douché les ambitions du prétendant basé à Laval, dont les dirigeants étaient présents à Paris depuis quelques jours.

Une rencontre infructueuse entre Bruno Le Maire et le patron de Couche-Tard

La décision de mettre fin aux négociations entre les deux groupes aurait été prise après une rencontre entre le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, et le fondateur de Couche-Tard, Alain Bouchard, vendredi 15 janvier, selon l’agence Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier.

Pour tenter de rassurer Bercy, le patron du groupe qui a bâti son succès à coup de rachats successifs, avait pourtant promis 3 milliards d’investissements dans Carrefour, selon le Figaro, et s’était engagé à maintenir l’emploi pendant deux ans et à coter le groupe en Bourse à Paris, en parallèle avec le Canada. Mais Bruno Le Maire serait resté inflexible. "Ma position, c’est un non courtois, mais clair et définitif", expliquait le ministre de l’économie vendredi sur BFM TV et RMC, indiquant qu’"on ne cède pas l’un des grands distributeurs français". Une position qui a beaucoup surpris les milieux d’affaires. Car contrairement a une éventuelle fusion avec des concurrents français ou européens, voire un rachat par un fonds d'investissement, la solution Couche-Tard offrait une grande complémentarité (géographies et coeurs de métiers différents) susceptible de préserver ses emplois et de doper le développement de Carrefour.

Pas terminé ?

A l’heure où nous écrivons cependant, ni Carrefour, ni Couche-tard n’ont confirmé l’information. Ce qui peut laisser supposer que rien n'est encore définitivement clos dans ce dossier et que l'histoire n'est peut-être pas terminée. D'autant que, comme nous le répétons depuis le début de cette affaire, elle a au moins deux mérites : indiquer que Carrefour est un actif qui intéresse et que que le groupe reste nettement sous-évalué en bourse si l'on tient compte de la qualité de ses actifs et du redressement en cours. A suivre donc.  

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