Couvre-feu à 18 h : comment les magasins s’adaptent, de l’alimentaire à l’habillement

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L’annonce d’un couvre feu à 18h étendu sur tout le territoire à compter du 16 janvier va avoir un impact sur l’organisation générale des commerces, avec un décalage des horaires d’ouverture et des flux, déjà observé dans certains territoires. Mais les conséquences ne seront pas les mêmes d'un secteur à l'autre.

Le couvre feu avancé eà 18h sur tout le territoire va entraîner une nouvelle réorganisation des ensiegnes
Le couvre feu avancé eà 18h sur tout le territoire va entraîner une nouvelle réorganisation des ensiegnes© Banque d'Images 123RF Alexander Kharchenko

L’information est désormais officielle. A compter du samedi 16 janvier, le couvre-feu à 18 heures, jusqu'ici réservé à 25 départements où la circulation du virus est particulièrement forte, sera généralisé à l'ensemble du territoire pour au moins 15 jours. Ce qui représente une nouvelle épreuve pour les magasins, qui seront nombreux à devoir fermer plus tôt. Selon les panélistes et les fédérations de commerçants, les ventes de marchandises et de produits alimentaires entre 18 et 20 heures représentent jusqu'à 20% du chiffre d'affaires. Ce qui va une fois de plus nécessiter de gérer la situation pour limiter le manque à gagner. Mais certains réflexes sont de mise, puisque le couvre feu précédent, à 20h00, était déjà synonyme d’adaptation, notamment pour les grandes surfaces dont certaines ouvraient parfois jusqu’à 22h00 en temps normal. Sur France Info, Dominique Schelcher, pdg de Système U, et lui même propriétaire d’un supermarché à Fessenheim, dans la région Grand Est, expliquait avoir déjà "de bon repères" issus des observations des dernières semaines. "En fait, on a communiqué sur toute la partie Ouest et Sud de la France, sur toutes les bonnes pratiques. Elles sont très simples, avec souvent une ouverture plus tôt le matin pour permettre à des gens, avant d'aller au travail, de faire quelques courses. Certains magasins ouvriront peut-être même à 7 heures ou 7 heures et demie".

A cela s’ajoutent les enseignements du changement des habitudes de consommation. "Les clients déplacent un peu leurs achats vers le samedi parce qu'ils sont plus disponibles. Donc cette journée est renforcée et nous sommes très attentifs. Nous renforçons aussi le nombre de nos collaborateurs. Il y a aussi un petit afflux le mercredi (...). Ces jours-là, on va les surveiller davantage. L'autre point peut être à signaler, c'est que beaucoup de clients se reportent une nouvelle fois, comme c'était le cas l'année dernière sur le drive, (…) Et donc, c'est à nouveau le cas ces derniers jours dans les zones où le couvre-feu est avancé. On s'y prépare et la livraison est le seul service qui est encore autorisé après 18 heures et notamment dans les zones urbaines".

Le son de cloche est identique chez Casino, ou les heures d’ouverture matinales avaient été avancées avec le premier couvre-feu de 20h sur tous les magasins où cela était possible. "Nous intensifions également les créneaux de retrait en drive à hauteur de 40% ou de livraison à domicile" précise l'enseigne. Tous les hypermarchés Géant ouvrent à 7H30, celui de Pontarlier étant même ouvert dès 6h. Un horaire très matinal qui concerne la moitié des supermarchés également. Et le passage ne mode autonome a permis de multiplier les ouvertures le dimanche.

Chez Auchan, l'ouverture est anticipée dès 7h30 le matin à partir du 16 janvier pour les hypermarchés et les drives (ces derniers seront même ouverts les dimanches matins). Les supermarchés Auchan ouvriront eux à 8h. Et pour absorber le pic de fréquentation qui risque de se produire à l’heure du déjeuner et avant la fermeture, les créneaux du midi et de 16 à 18h seront renforcés en caisse. Dans certaines villes, la livraison à domicile sera étendue jusqu’à 20h ou 21h.

Un étalement des achats pour l’alimentaire…mais un manque à gagner pour l’habillement

Mais l’alimentaire n’est pas le seul secteur concerné par la fermeture anticipée des magasins pour répondre aux impératifs sanitaires décidés par le gouvernement. Dans l’habillement, les enseignes peuvent aussi réaliser jusqu’à 20% de leur chiffre d’affaires après 18h, si l’on en croit l’Alliance du commerce. Et il paraît peu probable que ce couvre-feu national, avancé à 18h, entraîne une répartition de ces flux sur d’autres créneaux horaires. Les consommateurs, qui autrefois, passaient par la case shopping en sortant du travail devraient désormais, selon toute logique, plutôt se hâter de rentrer chez eux. Ouvrir plus tôt pourrait-il être une solution ?  Disons que cela ne peut pas faire de mal mais, encore une fois, il paraît assez peu probable que les clients aient le temps – et l’envie – d’aller chiner le dernier pantalon à la monde à 7h du matin…

Conséquence à craindre : une forte baisse de chiffre d’affaires. SoCloz, plate-forme de digitalisation dédiée aux magasins, qui évoquaient la perte de chiffre d’affaires, dans le commerce d’une manière générale, à 7% avec un couvre-feu à 20h, avance maintenant des prédictions bien plus alarmistes : les ventes pourraient reculer de 15% désormais. Pas de quoi pavoiser, donc. A fortiori à moins d’une semaine du début des soldes d’hiver, le 20 janvier. Pour Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, interrogé sur le plateau de BFM, ce couvre-feu "est un moindre mal mais aura néanmoins un fort impact sur les entreprises", et notamment dans les grandes villes, où la part des ventes après 18h est plus forte qu’ailleurs. Le Conseil National des Centres Commerciaux milite lui pour que les préfets généralisent et automatisent l’ouverture des centres commerciaux, les 4 dimanches des soldes : les 24 et 31 janvier, ainsi que ceux des 7 et 14 février.

 

 

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