CRÉATEURS DE VALEUR

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Pour les professionnels de la grande consommation, le petit jeu de chaises musicales auquel vient de se livrer le gouvernement apparaîtra sans tarder - nonobstant l'omniprésente personnalité de l'ex-ministre de l'Économie - comme l'un de ces épiphénomènes qui jalonnent la vie politique française. S'agissant des relations entre la distribution et ses fournisseurs, et des dérives de la loi Galland, le passage éclair de Nicolas Sarkozy à Bercy, servi par un rapport Canivet dont la qualité s'impose à tous, aura certes suscité une véritable prise de conscience. Force est toutefois de constater que le volontarisme affiché par l'ex-locataire de Bercy pour réformer, n'aura pas suffi. Pire, le chantier, inachevé, laisse place à l'inquiétude et à la confusion.

Inquiétude des enseignes comme des industriels qui ignorent toujours de quoi 2005 sera fait. Confusion liée à l'inaction, tant le transfert du dossier des relations commerciales de Bercy au nouveau ministère, de plein exercice, des Pme, du Commerce et de l'Artisanat, laisse pour l'heure la porte ouverte à tous les atermoiements. Qui peut aujourd'hui sérieusement prétendre que le gouvernement ne dispose pas de tous les éléments pour concrétiser le projet de réforme attendue ? Qui peut croire, un seul instant, qu'il y a urgence à réunir quelque groupe de travail ou quelque commission supplémentaire que ce soit - tout droit hérités d'un inventaire à la Prévert - pour alimenter la réflexion des pouvoirs publics ?

La confusion, dénoncée par nombre de professionnels, ne laisse pas d'inquiéter. Paradoxalement, le dernier séminaire de la Feef, qui vient de réunir deux jours durant quelque 200 patrons de petites et moyennes entreprises, apparaît comme une heureuse éclaircie au coeur d'un horizon passablement bouché. La présence de tous les « Monsieur PME » des enseignes (exception faite de Leclerc), comme l'intervention de Daniel Bernard, le président de Carrefour, auprès des chefs d'entreprise témoigne de la qualité du dialogue initié, sans tabou, sur les débats d'actualité : baisse des prix, conditions générales de vente, référencements, supply chain, enchères inversées... C'est toutefois sur le terrain, dans la réalité quotidienne des négociations, que se joue l'avenir des Pme. Les bonnes intentions réitérées par les responsables d'enseignes ne sauraient être ignorées des acheteurs de centrales. Faute de quoi, c'est la capacité des professionnels - industriels comme distributeurs - à créer une véritable valeur ajoutée au bénéfice de toutes les parties, au premier rang desquelles le consommateur, qui serait singulièrement remise en cause.

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Article extrait
du magazine N° 1885

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