Crise agricole : le fonds porcin verra-t-il vraiment le jour?

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Evoquée pour la première fois en septembre 2015, la constitution d’un fonds porcin destiné à aider les éleveurs en difficulté ne semble toujours pas prêt de voir le jour. Dans un communiqué publié ce mercredi 11 mai 2016, la Fédération des industriels de la charcuterie rappelle que la filière ne pourra pas être seule à collecter les cotisations devant alimenter ce fonds.

20% des éleveurs porcins seraient dans une situation critique. doté de 100 M€ et mis en place pour une durée de 6 mois, le fonds de soutien a été conçu pour les aider
20% des éleveurs porcins seraient dans une situation critique. doté de 100 M€ et mis en place pour une durée de 6 mois, le fonds de soutien a été conçu pour les aider

Après Culture Viande -syndicat qui rassemble les principales entreprises d’abattage-, le 6 avril, et la FNICGV-Fédération nationale de l’industrie et des commerces en gros des viandes-, le 7 avril , c’est autour de la Fédération des industriels charcutiers-traiteurs (Fict) d’exprimer son point de vue au sujet de la constitution d’un fonds porcin. L’idée, rappelons-le, est évoquée pour la première fois en septembre 2015. On parle alors d’un fonds structurel permettant d’aider la filière  à retrouver de la compétitivité. Mais le projet est alors repris par la FNSEA qui juge que 20% des éleveurs porcins sont dans une situation critique et ont besoin d’être aidés rapidement. La création d’un fonds conjoncturel mis en place pour une durée de 6 mois et  doté de 100 M€  pourrait le permettre.

Concrètement, ce fonds doit être alimenté par une contribution interprofessionnelle s’élevant à 220 € par tonne de viande de viande de porc et reversés aux éleveurs. Reste à déterminer les modalités de collecte de cette contribution interprofessionnelle. Initialement abatteurs et transformateurs doivent s’en charger, et refacturer dans un deuxième temps auprès des distributeurs et des artisans. Libres à ces derniers de répercuter ou pas la contribution auprès des consommateurs (principe du prélèvement en pied de facture). Réticent dès le départ à la constitution d’un fonds porcin, Culture Viande fait part de son opposition le 6 avril à ce système de collecte et fait savoir que l’organisation syndicale ne s’associera pas à la mise en place d’un fonds tel que proposé. Dès le lendemain, c’est autour de la FNICGV de faire savoir que les conditions  ne sont pas réunies  pour la constitution d’un fonds porcin. Motif invoqué ? « Le risque d’aggravation du différentiel  de prix face aux viandes étrangères et aux charcuteries incorporant des viandes étrangères ».

Dans ce contexte, la Fict a ce mercredi 11 mai 2016 pris la parole pour rappeler que l’industrie de la charcuterie-salaison ne peut pas à elle seule collecter les sommes nécessaires à la mise en place du fonds. « Au-delà de la complexité de l’outil de collecte, le risque de décrochage des prix à la consommation des charcuteries françaises, gonflés par la contribution au fond  est trop grand ».

Le fonds risque-t-il d’être enterré, avant même d’avoir vu le jour ? « Le secteur de la charcuterie-salaison est prêt (…) à faire preuve de solidarité comme il le prouve en poursuivant la collecte de la contribution relative  à la gestion de l’équarrissage qui finance les trois-quarts des coûts du système », fait valoir la Fict.

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