Crise agricole : Manuel Valls annonce 3 milliards d'euros d'aide sur trois ans

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Dossier En réponse aux manifestations agricoles, le Premier ministre a annoncé un plan d'aides sous diverses formes de 3 milliards d'euros sur trois ans pour les agriculteurs. Mais il entend également mettre la pression sur acteurs de la filière, tant  surles transformateurs que sur les distributeurs, afin que les prix leur permettent de vivre de leur activité. 

Le Premier ministre Manuel Valls a répondu aux exigences du monde agricole ce jeudi 3 septembre 2015.
Le Premier ministre Manuel Valls a répondu aux exigences du monde agricole ce jeudi 3 septembre 2015.© Portail du Gouvernement

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"Tout sera mis en œuvre pour soutenir les agriculteurs et les éleveurs de notre pays ; pour leur permettre de vivre dignement de leur travail, de toucher les fruits de leurs efforts. Nous l’avons dit, une nouvelle fois, avec Stéphane Le Foll, au président de la FNSEA, Xavier Beulin, et au président des Jeunes agriculteurs, Thomas Diemer, que nous avons reçus, ce matin. Les agriculteurs n’ont pas besoin d’aides. Ils veulent des prix. Des prix acceptables, qui sont le reflet fidèle de leur travail. La priorité, c’est donc encore et toujours d’enrayer la baisse des prix. Stéphane Le Foll, en étroite concertation avec les responsables des filières, maintiendra donc la pression pour que les engagements de hausses de prix annoncés par les industriels et les distributeurs soient tenus. Tout le monde doit respecter les règles du jeu, avec une juste rémunération pour chacun."

Le gouvernement va donc maintenir la pression sur les acteurs économiques. La grande distribution va donc être à nouveau en première ligne : c'est elle, avec cinq acteurs majeurs, qui est la plus facile à maîtriser. Pas sûr qu'il en soit de même avec les industriels, les grossistes ou la restauration. 

3 milliards après 500 manifestations en France

Mais le Premier ministre a aussi répondu, presque à la lettre, à l'exigence de Xavier Beulin, qui, avant les quelque 500 manifestations qui se sont déroulées tout au long de l'été et dont les supermarchés ont souvent souffert, avait demandé "3 milliards d'aides". A l'époque, la somme paraissait impossible à atteindre. Mais visiblement, la réussite de la mobilisation de la FNSEA n'a pas laissé le choix. 3 milliards sont mis sur la table sur trois ans, sous de multiples formes, en désedettement, aides à l'investissement, réduction des charges sociales. 50 millions d'euros seraient débloqués pour la modernisation des abattoirs.  

Le président de la FNSEA a lui aussi tenu un discours place de la Nation. Il a détaillé le plan négocié avec le Premier ministre, et a insisté sur le moratoire obtenu concernant les normes sociales et environnementales. Il a accusé Stéphane Le Foll de "mentir sur la différence de coût du travail entre la France et l'Allemagne, lequel a été conspué par les manifestants". Mais Xavier Beulin avait lui aussi été fortement tancé par des éleveurs dans certaines manifestations. Il sort renforcé de la manifestation réussie, qui a mobilisé 5000 agriculteurs et 1700 tracteurs. Reste à voir si les discours sont vraiment suivis d'effet, et le seul thermomètre pour le dire sera la capacité à proposer des prix  à la fois compétitifs face à la concurrence européenne, et rémunérateurs pour le monde paysan. Un pas semble avoir été franchi...

 

 

Danger pour les industriels de la transformation

Concernant la revalorisation des prix au sein des filières, Coop de France tient à rappeler dans un communiqué que "la fixation artificielle de ces prix met en grave danger les industriels qui sont exposés aux marchés européen et international. Force est de constater que ce message économique n’a pas été entendu. Comment peut-on proposer de sauver la production agricole en sacrifiant les outils de transformation ? Aucune mesure n’a été annoncée quant à l’analyse des distorsions de concurrence qui existent à l’échelle européenne en matière sociale et fiscale. Ce point est pourtant fondamental pour la pérennité des filières agroalimentaires françaises".

Coop de France regrette également "l’absence de mesure relative à l’étiquetage de la viande française, notamment lorsqu’il concerne les viandes transformées. Cette mesure, sans incidence budgétaire, aurait eu pourtant un effet immédiat sur la revalorisation des produits français".

Pour Philippe Mangin, président de Coop de France: "L’enjeu du Conseil des ministres de l’Agriculture du 7 septembre à Bruxelles devient plus crucial encore : faire sortir la France de la situation de décrochage qui est la sienne par rapport à ses compétiteurs européens".

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