Crise agricole : Manuel Valls obtient le soutien de la grande distribution pour les négociations commerciales

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Le Premier ministre, Manuel Valls, a obtenu le soutien des enseignes de la grande distribution pour faire face à la crise agricole. Ces dernières ont assuré qu’elles tiendront compte de la situation lors des négociations commerciales. Tout en respectant le droit en vigueur…

Le Premier ministre entouré de Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron ce matin 8 février 2016 à Matignon
Le Premier ministre entouré de Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron ce matin 8 février 2016 à Matignon© Sylvain Aubril

Manuel Valls, Premier ministre, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et Stéphane Le Foll ont reçu ce lundi 8 février 2016 à 10 heures, pendant près d'une heure et demie, les dirigeants d’enseignes de distribution. Jean-François Huet, "Monsieur PME" de E.Leclerc, est arrivé un des premiers, suivi de Claude Risac (Casino), de Thierry Cotillard (Intermarché), Jérôme Bédier (Carrefour), Serge Papin (Système U), Michel Biero (Lidl), Franck Geretzhuber, secrétaire général d’Auchan, et Jacques Creyssel, président de la FCD et “représentant Cora”. Sujet sur la table, la "crise agricole et les négociations commerciales".

Qu’en est-il sorti ? Un soutien unanime des enseignes à la volonté des trois ministres de résoudre la crise agricole alors que va se tenir le Salon de l’Agriculture dans 15 jours. “Je demande aux grandes enseignes de ne pas anticiper des baisses de prix et de s’inscrire dans des démarches partenariales. Il y a beaucoup de détresse dans le monde agricole, auquel tous les Français, et les consommateurs sont sensibles”, a indiqué Manuel Valls à l’issue de la réunion.

La distribution "pas responsable de la crise agricole"

D’emblée, le Premier ministre a tenu à préciser que la grande distribution "n’était pas responsable de la crise agricole. Il n’est question de stigmatiser personne". Il a en revanche accusé la Commission européennede ne pas agir assez, ou trop tard”. Il va aussi demander à Dimitri Medvedev de lever l’embargo russe sur la viande de porc. Le gouvernement agit... en quelque sorte.
Stéphane Le Foll a indiqué de son côté qu’il s’agissait de poursuivre l’action engagée l’an dernier pour soutenir les prix des produits agricoles et éviter des "prix trop bas" lors des négociations commerciale, "dans le strict respect des règles de l’Autorité de la concurrence européenne". Il s’agit évidemment d’éviter les foudres de la Commission de Bruxelles qui enquête sur des “pratiques anticoncurrentielles”, lesquelles auraient découlé des réunions au ministère de l’Agriculture. D’où, sans doute, une réunion sans les syndicats, ni les industriels, qui seront reçus plus tard…Même si c'est "l’ensemble de la chaîne qui est appelé à la responsabilité".

"Nous avons exprimé notre solidarité..."
Emmanuel Macron, dont on dit qu’il est à couteaux tirés avec le Premier ministre, a été bref. Il a tout de même précisé que pour “le lait,nous devons aller vers des négociations tripartites, que les distributeurs, les industriels et les producteurs se mettent autour de la table. Il y a un consensus. Nous apporterons un “contrôle” des accords obtenus, dans le respect des règles de la concurrence. Pour le porc et la viande bovine, il y a des mesures d’urgence qui ont été annoncés”.

Jacques Creyssel, président de la FCD, (à droite) à son arrivée à Matignon pour la réunion avec Manuel Valls

La distribution a adhéré pleinement aux discours ministériels. “Nous sommes satisfaits que le Premier ministre ait bien précisé que la grande distribution n’est pas responsable de la crise agricole, a indiqué Jacques Creyssel, président de la FCD.  Et nous avons exprimé notre engagement de responsabilité et de solidarité avec le monde de l’élevage, notamment lors des négociations en cours”. Serge Papin, de son côté, a entendu que le Premier ministre entendait modifier la LME, rejoignant ainsi une position qu’il défend depuis longtemps, “de manière un peu isolée”, pour permettre des négociations moins rudes à l'avenir. Au final, l’objectif serait de maintenir les prix du lait au niveau de 2015, et d’améliorer ceux de la viande bovine.

Serge Papin, président de Système U, devant les caméras à l'issue de la réunion avec le Premier ministre

Un fonds pour le porc, alimenté par une taxe volontaire

Pour le porc, les distributeurs devraient abonder un fond en “prélevant”, de manière volontaire, 11 centimes par kilo et qui viendrait aider à la restructuration du secteur. Ce n’est pas une première : sous Nicolas Sarkozy, les pêcheurs avaient obtenu un coup de main similaire des distributeurs, qui ne pouvait pas être qualifié d’aide au regard de Bruxelles. Une taxe volontaire, en quelque sorte. Mais nul ne sait si les trois ministres présents à Matignon ce jour seront encore là à la fin de la semaine : Stéphane Le Foll est donné partant pour s’occuper de la future campagne présidentielle, le Premier ministre devrait rester sauf surprise, et Emmanuel Macron pourrait voir son portefeuille élargi aux finances publiques...Lesquels seront présents au Salon de l’Agriculture ?

 

 

 

 
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