Crise agricole : vers un risque de chute généralisée du prix du porc

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L’annonce par Bigard d’une baisse du prix d’achat du porc vif de 5 % risque de provoquer un effondrement généralisé des cours. Le marché au cadran de Plérin pourrait disparaître. Intermarché-Agromousquetaires s’y oppose, tant qu'une solution de substitution n'est pas trouvée. 

Crise agricole

C’est reparti pour la crise du porc, après que Bigard, le leader de l’abattage, ait annoncé son intention de réduire ses prix d’achat de porc vif de 5 %, à 1,33 € le kilo, quand les producteurs, les pouvoirs publics et les distributeurs s’étaient mis d’accord, hors toute entente, pour un “objectif de 1,40 euros le kilo”. L’annonce de Bigard, qui n’est pas pour surprendre compte tenu de la crise que traverse la filière dans toute l’Europe, pourrait faire l’effet d’une traînée de poudre et surtout avoir pour effet de détruire le fameux cadran de Plérin, qui donne chaque jour le prix moyen du porc, alors que ne s’y traitent que 15 % des volumes écoulés.

Car même si le groupe Bigard s’est dit ouvert à des discussions, il y a peu de chances que les cours remontent. Une délégation de syndicalistes, dont Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine, devait être reçue par le groupe. “Si on ne trouve pas une solution d'ici la fin de la semaine, le marché au cadran de Plérin est mort , a affirmé lundi Paul Auffray. Et si on ne trouve pas de solution pour un retour rapide au cadran, après Bigard, la Cooperl va enclencher le pas très très vite pour des raisons de concurrence, puis tous les autres”,

“1,32 € c’est un dévissage”

Pour le président de la fédération « 1,32 euros c'est le début d'un dévissage (...), si on accepte 1,32 € aujourd'hui, pourquoi pas 1,25 € demain et puis pourquoi pas encore en dessous. Si on l’accepte, la moitié des éleveurs va disparaître”. Bigard et la Cooperl n’achètent plus au cadran de Plérin depuis fin août - ils en étaient les principaux acheteurs jusqu’alors - mais payaient tout de même - officiellement - à un prix proche du cadran. Les distributeurs s’émeuvent de la situation. Agromousquetaires, filiale d’Intermarché qui a repris Gad, sur Twitter, s’oppose à Bigard. “Vouloir faire tomber le cadran de Plérin ? Déraisonnable à ce jour, sans réfléchir à des solutions de substitution”. La crainte d’un effondrement des cours, qui pourrait entraîner de nouvelles manifestations agricoles, n’arrange pas les enseignes, qui ne cessent de clamer leur soutien aux producteurs. Et à Plérin, sans Bigard et la Cooperl, ce sont désormais elles, via AgroMousquetaires, ou E.Leclerc via Kerméné, qui sont devenus les principaux acheteurs. Mais combien de temps pourront-ils tenir à 1,40 € le kilo, si les concurrents peuvent acheter à 1,32 € ? Il n’y a pas de réponse à cette question.

 

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