Marchés

Crise de la viande de cheval: vers des contrôles tous azimuts dans l'industrie et le commerce

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Le réunion qui s’est tenue à Bercy sur l’affaire de la viande de cheval dans les surgelés Findus en présence de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, Benoit Hamon, ministre de la Consommation et Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, s’est conclue par une volonté de contrôle tous azimuts de toute la filière alimentaire et la ferme volonté de modifier les règles de l’étiquetage et de la traçabilité des produits et notamment des plats cuisinés surgelés.

Les contrôles vont se multiplier, annonce le ministre de la Consommation
Les contrôles vont se multiplier, annonce le ministre de la Consommation

Benoit Hamon a indiqué que les enquêtes des agents de la DGCCRF, menés au sein des entreprises Comigel et Spanghero, avaient notamment pour but de vérifier « tous les bons de livraison afin de s’assurer que tous les produits contenant de la viande de cheval avaient été retirés des rayons ». La liste des clients de Comigel sera examinée de près. Il a toutefois félicité les acteurs de la filière pour leur réactivité et les opérations de retrait, ainsi que la DGCCRF dont il a la tutelle. L’enquête a également pour but de déterminer les responsabilités et le montant du « préjudice économique subi ». Le ministre a ajouté qu’il y avait eu tromperie, « soit par négligeance, soit par intention délibérée auquel cas l’affaire sera transmise au Parquet »

"Les auteurs des actes frauduleux ne pourront pas reprendre leurs pratiques"

Mais le ministre a également indiqué que des controles seraient menés à tous les stades de la filière alimentaire, y compris la peche, « tout au long de 2013, chez  les importateurs, les grossistes, la grande distribution. Le message, c’est de prévenir les auteurs d’actes frauduleux qu’ils ne pourront pas reprendre leurs pratiques ». Le ministre a également demandé à tous les acteurs de la filière de lui faire des propositions pour renforcer les autocontroles, qui ont visiblement manqué dans l’affaire Findus. « Nous devons mettre en place un système d’alerte, par le contrôle des étiquettes mais aussi lorsque les produits sont proposés à un prix sensiblement inférieur à ceux du marché ». La valeur de la viande de cheval roumaine était, selon de bonnes sources, trois fois inférieure à celle de la viande bovine.

Stéphane Le Foll veut changer les règles d'étiquetage

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, va pour sa part mener un combat pour plus de transparence sur les étiquettes au niveau européen. «Une réunion va se tenir au niveau européen en milieu de semaine. Mon objectif, c’est l’étiquetage de l’origine des viandes contenue dans les produits transformés comme elle existe pour la viande bovine française qui dispose de la meilleure traçabilité depuis l’affaire de la vache folle. Il faut faire la même chose. Le gouvernement prend la mesure de l’étendue du préjudice énorme avec ce qui s’est passé ». La Commission de Bruxelles est pour l'instant opposée à cette mention, qu'elle considère comme une entrave à la libre circulation des marchandises en Europe, et les Etats sont loin d'y être tous favorables, sous la pression, souvent de leur industrie qui souhaite avoir les mains libres sur son sourcing.

Les responsables désignés "mercredi ou jeudi

Lors de la réunion, autour des ministres, étaient présents Jean-René Buisson président de l’Ania, Le Morvan et Jacques Poulet, dirigeant de Coop de France (Spanghero appartient à la coopérative Lur Berry), Jacques Creyssel, président de la FCD, des représentants de Carrefour, Auchan, Leclerc, Système U, ainsi que le président de l’interprofession de la viande (Interbev), Dominique Langlois, par ailleurs président de la SVA Jean Rozé, la filière viande des Mousquetaires-Intermarché. Interbev a décidé de se porter partie civile dans cette affaire qui traumatise tout l’agroalimentaire. Les prochains jours devraient continuer d’alimenter  l’actualité avec la révélation « mercredi ou jeudi » des responsabilités dans cette affaire. L’entreprise roumaine affirme en effet n’avoir jamais vendu de viande à Spanghero, ni en France, mais seulement à une société néerlandaise….

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