Crise du bœuf: des abattoirs bloqués un peu partout en France

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Dossier Les producteurs de viande bovine ont bloqué une vingtaine d’abattoirs un peu partout en France pour obtenir une revalorisation des cours actuels qui mettent leurs revenus à plat. Et la consommation de viande rouge ne cesse de chuter.

Une vingtaine d'abattoirs sont bloqués par les producteurs
Une vingtaine d'abattoirs sont bloqués par les producteurs

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Une vingtaine d’abattoirs de viande bovine sont bloqués par les producteurs depuis dimanche soir à l’appel de la FNSEA un peu partout en France.  "Je demande solennellement aux industriels, aux distributeurs et aux consommateurs d'accepter une revalorisation du prix des viandes, il y a urgence", a lancé le président de la FNSEA, Xavier Beulin, qui a appelé avec la Fédération nationale bovine et les Jeunes agriculteurs - les éleveurs bovins à une journée de mobilisation ce lundi. Les producteurs réclament une augmentation de 50 à 60 centimes par kilo, alors qu’il est payé aux alentours de 3 euros, insuffisant pour rentabiliser les exploitations.

Réunion de crise

Les professionnels du secteur, producteurs, abattoirs, industrielss et grandes enseignes doivent se retrouver au ministère de l’Agriculture mercredi 17 juin 2015 à l'occasion d'une table-ronde mpour tenter de résoudre cette crise de la viande bovine. Une première réunion tenue mi-mai avait tourné court. Elle avait déjà occasionné de la part des éleveurs bovins des opérations "coup de poing" dans plusieurs abattoirs. Equipés de tracteurs et de bennes, les producteurs bloquent notamment les abattoirs de Bigard (Charal) un peu partout en France, notamment le plus important, celui de Cholet, mais aussi ceux des coopératives comme Elivia (Terrena) en Normandie et dans le Maine et Loire. Toutes les régions de France sont touchées.

Après la crise du porc

La crise de la viande bovine s’ajoute à celle du porc, qui a donné lieu également à de nombreux mouvements de colère, notamment en Bretagne, sur les parkings de supermarchés. Les enseignes comme Leclerc et Intermarché se sont engagées à payer le kilo de porc 5 centimes de plus que le cours au cadran, mais Michel-Edouard Leclerc a demandé sur son blog à ce que les autorités s’engagent à ce que l’Autorité de la concurrence ne vienne pas les sanctionner pour cause de hausse de prix de concert, alors que les amendes pleuvent en cas d’entente dans les secteurs agricoles, comme on a pu le voir lors des amendes sur les endives, les yaourts ou la volaille. "Les dernières sanctions prises par l’Autorité de la concurrence à l’égard des pratiques de prix sur le marché du lait ou même du porc démontrent que les initiatives privées ne peuvent qu’être cautionnées par l’Etat", écrit le PDG de E. Leclerc sur son blog.

Prix décalés de l'Europe

Il demande également à ce que toutes les enseignes s’engagent, et notamment le hard discounter allemand Lidl, qui peut bénéficier des prix de vente en Allemagne, plus bas qu’en France. Enfin, le ministère a de son côté publié un décret limitant les promotions sur le porc à deux mois dans l’année, à la sortie de l’été. Pas sûr que cette décision n’ait pas un impact négatif sur les volumes écoulés, ni que les cours de la viande en France résistent très longtemps dans un marché européen et mondial ouvert, où les producteurs de porc eux-mêmes vendent leur production de porcs vifs en Allemagne ou dans le Nord de l’Europe, pour revenir sous forme de barquette dans les supermarchés. Le fait que le porc, né et élevé en France, soit abattu en Allemagne, lui enlève la possibilité de bénéficier du logo viande de porc française. Pas sûr que le logo veuille vraiment dire quelque chose pour le consommateur français, ni qu’il ait une valeur indicative de qualité.

Hausses de prix en vue

Que pourront faire le ministre, les industriels et les enseignes mercredi pour la viande bovine ? Annoncer des hausses de prix comme pour le porc? Possible, mais elles n’empêcheront pas les volumes de chuter, comme à chaque hausse, les consommateurs se tournant alors vers les viandes blanche comme le porc ou le poulet, ou en se passant tout simplement de consommation de viande. Ce n’est pas en France que la consommation de viande augmente, c’est dans les pays en voie de développement, où aucun ministre ne peut décider du prix. Or, la production et l’industrie française de la viande ne sont pas les plus compétitifs, en raison de la fiscalité et des coûts de main d’œuvre, décalés du reste des pays européens.  

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