Crise laitière : les fédérations veulent des mesures d'urgence

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Dossier Les mesures prises à l'issue de la réunion entre les acteurs de la filière laitière et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, le 24 juillet, n'ont pas suffi à calmer les tensions. A la veille d'une grande journée d'action des éleveurs le 3 septembre et en amont du conseil européen des ministres de l'Agriculture le 7 septembre prochain, les fédérations se font entendre et dévoilent des applications à mettre en place pour construire une filière compétitive et d'avenir.

A la veille d'une journée de mobilisation, les fédérations laitières lancent des appels
A la veille d'une journée de mobilisation, les fédérations laitières lancent des appels

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Avec l'embargo russe et la réduction des importations chinoises, qui ont conduit à un stock européen de lait non écoulé, les cours ont fortement baissé. Pourtant, à la sortie de la rencontre du 24 juillet, qui a réuni les acteurs de la filière laitière et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, des mesures avaient été prises. Il avait été convenu que, jusqu’en décembre 2015, le lait vendu par les éleveurs ne pourrait pas descendre en dessous de 340 euros les 1 000 litres, soit une hausse d’environ 4 centimes d’euro par litre. Mais visiblement, dans la réalité, c'est tout autre. « L'application de cette mesure a été très disparate selon les entreprises et très nettement insuffisante par rapport au niveau de revalorisation souhaité par les producteurs. Cette hausse ne permet pas de couvrir les coûts de production des éleveurs », confie Dominique Chargé, président de la Fédération Nationale des Coopératives Laitières (FNCL). Car seulement 16 % des produits collectés et transformés en France seraient concernés (lait, emmental, crème...) par cette application.

Les transformateurs ne jouent pas le jeu

Par ailleurs, alors que les distributeurs sont favorables à des hausses de tarifs, si ces dernières sont reversées aux producteurs, du côté des transformateurs, la situation est plus difficile et certains ne joueraient pas le jeu. Une absence de dialogue qui a d'ailleurs décidé Thierry Roquefeuil à démissionner de la présidence de l'interprofession laitière (Cniel) début juillet. « Je considère que je ne peux pas cautionner, en tant que président du Cniel, cette attitude d'indifférence des transformateurs alors que j'appelle depuis de longues semaines à la responsabilité de tous les acteurs de la filière », avait-il indiqué.

6 à 7 milliards de litres sans débouché

A ce jour donc, les perspectives d'avenir sont maussades. « Il nous reste encore 10 milliards de litres à collecter d'ici fin décembre et on ne sait pas comment on va s'en sortir avant juin 2016 », confie Dominique Chargé. La demande mondiale évolue de 2 à 2,3 % par an quand la production croit de 2 à 3 %. Il y a un déséquilibre et « c'est 6 à 7 milliards de litres qui ne trouvent pas de débouchés. Ca bouscule un marché », ajoute-t-il.

Nouvelle table ronde fin septembre ?

Ainsi, pour la journée de mobilisation qui se tient le 3 septembre, les présidents de fédérations demandent des mesures d'urgence : rehausser le seuil d'intervention des pouvoirs publics à 270/280 euros les 1 000 litres de lait alors qu'aujourd'hui, il n'y a aucun mouvement avant d'atteindre 220 euros les 1 000 litres ; élargir la revalorisation du prix du lait à l'ensemble de la catégorie ; verser la somme de 840 millions d'euros de pénalité des états membres qui ont produit au-delà des quotas aux producteur laitiers... Par ailleurs, la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers (FNPL), par la voix de son président, Thierry Roquefeuil demande qu'un médiateur soit saisi afin de vérifier que les hausses de tarif du 24 juillet soient correctement appliquées. « Les pouvoirs publics doivent s'engager pour défendre la filière française au niveau européen. Nous devons être persuasifs car si on ne ressort qu'avec quelques mesurettes demain et presque rien le 7, la situation va être très compliquée. Une exploitation représente environ 10 emplois donc lle contexte va s'aggraver », indique Thierry Roquefeuil. En fonction des réponses à ces deux grands événements, une nouvelle table-ronde pourrait être organisée fin septembre.

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