Marchés

Crise sanitaire : des œufs contaminés au Fipronil sont arrivés en France

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Dossier Expédiés des Pays-Bas et de Belgique à des entreprises françaises d’ovoproduits, ces œufs contiennent des résidus d’une molécule qui devient toxique à très haute dose.

Crise sanitaire : des œufs contaminés au Fipronil sont arrivés en France
Crise sanitaire : des œufs contaminés au Fipronil sont arrivés en France© © BURGER/PHANIE

Aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Suède et en Suisse, des millions d’œufs ont été retirés des rayons des supermarchés, suite à la découverte de résidus d’une molécule, le Fipronil, à des taux supérieurs aux normes de l’UE. En France, le ministère de l’Agriculture a annoncé le soir du 8 août que trois entreprises d’ovoproduits – dans le Morbihan, le Nord et le Pas-de-Calais – ont reçu de Belgique et des Pays-Bas des œufs contaminés au Fipronil. La veille, le ministère évoquait déjà treize lots d’œufs contaminés livrés depuis les Pays-Bas à deux entreprises du Maine-et-Loire et de la Vienne. Le 28 juillet, un éleveur du Pas-de-Calais avait signalé que son fournisseur belge employait ce produit puis placé sous surveillance. Quant au ministère, il travaille toujours à « identifier la destination des produits déjà expédiés et susceptibles d’être contaminés ».

D’où est partie cette contamination ? Aux Pays-Bas, des parasites connus sous le nom de poux rouges se sont propagés dans les élevages de poules pondeuses. Certains élevages ont eu recours à un antiparasitaire de la société Chickfriend, le Dega-16. Celui-ci contient du Fipronil, une substance aussi efficace qu’illicite, que Chickfriend aurait acheté au belge Poultry-Vision, qui se serait pour sa part approvisionné en Roumanie, d’après les médias belges.

Vers l'abattage de millions de poules ?

Or le Fipronil, insecticide par exemple utilisé dans les colliers antipoux des animaux de compagnie, est en revanche proscrit pour traiter les animaux destinés à la consommation humaine. L’Agence nationale de sécurité sanitaire a donc été saisie par le gouvernement pour évaluer « les risques pour la santé humaine liés à l’ingestion d’œufs ou de produits contaminés par le Fipronil ». Concrètement, ce n’est qu’une ingestion à haute dose – et donc sur le long terme - de cette molécule toxique qui peut entraîner des problèmes rénaux, hépatiques ou lymphatiques. Le risque est donc extrêmement faible et le danger pour la santé publique très limité. De son côté, l’agence néerlandaise de sécurité sanitaire étudie si le Fipronil peut passer dans la viande de poulet, dans les exploitations qui produisent à la fois des œufs et de la viande. Une éventualité à nouveau peu probable, dans la mesure où le pou rouge n’affecte pas les poulets de chair.

Sauf que pour éviter que le Fipronil ne s’installe durablement, il va falloir le faire disparaître des élevages. Pour les exploitations néerlandaises contaminées, deux options se présentent. Espérer qu’en perdant des plumes et du gras en automne, les poules perdront aussi le Fipronil qui s’y stocke… ou abattre les millions de poules pondeuses de ces élevages.

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA