Marchés

Cultimer fait redécouvrir les huîtres

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DossierPour réconcilier les clients avec des huîtres devenues rares et chères, Cultimer a misé sur un conditionnement adapté et sur la découverte de différentes origines. Résultat : un trio de trois mini-bourriches

 

Depuis trois ans, la filière ostréicole est confrontée à une grave crise de surmortalité du naissain d’huître. À tel point que les volumes de production se sont effondrés de près de 40 %, provoquant une chute des volumes disponibles, une hausse fulgurante des prix et, inévitablement, une baisse de la consommation.

Dans certaines régions du littoral français, le taux de mortalité du naissain d’huître oscille entre 40 à 100 %. Une situation d’autant plus catastrophique lorsque l’on sait qu’il faut entre deux et quatre ans pour qu’une huître atteigne une taille suffisante à sa commercialisation. Pour expliquer ce phénomène de surmortalité, plusieurs causes sont mises en avant : acidification des océans, augmentation moyenne de la température de l’eau, virus, etc.

Un contexte de crise qui a poussé Cultimer à proposer des conditionnements plus petits, donc moins chers et plus adaptés à une consommation individuelle. Ancré à Dole-de-Bretagne, à quelques encablures de Cancale, Cultimer est dirigé par Arnaud Delangle et regroupe une trentaine de sociétés productrices d’huîtres et de moules dispersées en Normandie, en Bretagne et en Charente. Au total, Cultimer produit chaque année 8 000 tonnes de moules et 2 000 tonnes d’huîtres.

 

Nous nous sommes inspirés de l’offre proposée en
restauration pour mettre au point ce trio d’huîtres. La hausse du prix des huîtres nous pousse à proposer
des produits encore plus qualitatifs, tout en étant adaptés aux attentes du rayon libre-service.

ARNAUD DELANGLE, directeur général de Cultimer

 

Élargir le marché

Ce groupement a réussi à faire lever depuis deux ans l’interdiction jusque-là imposée par le Comité national de conchyliculture de vendre des conditionnements inférieurs à deux douzaines d’huîtres au minimum.

« Il était important de pouvoir faire sauter ce verrou afin de pouvoir proposer des produits plus adaptés au rayon libre-service et aux attentes des mono-ménages », explique Arnaud Delangle, directeur général de Cultimer. Le résultat donne ce trio d’huîtres. Sa mise au point a poussé Cultimer à faire preuve d’ingéniosité. En effet, la réglementation interdit de vendre des huîtres en mélangeant les origines. Chaque origine est donc disposée dans un panier en bois distinct, dans lequel est déposée de la paille pour bien caler le produit et qu’il ne perde pas son eau. Le tout forme un ensemble qui se présente sous forme de panier facile à saisir grâce à une anse. Sur le produit sont clairement indiquées les origines des huîtres et leurs spécificités (plates, fines, charnues).

Cette information est importante, car le client type d’huîtres est âgé de plus de 50 ans. Ainsi, en misant sur un packaging moderne et pédagogique, il s’agit bien de capter des consommateurs plus jeunes. Mise sur le marché en octobre chez Casino, la première référence de ce trio a reçu, selon Arnaud Delangle, « un très bon accueil ». Gageons que les fêtes de fin d’année accéléreront le développement de ce produit.

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