Cybercommerce : la nouvelle vague

· Des nouveaux venus comme Toys ' R ' Us ou Borders Books and Music s'apprêtent à tenter leur chance · Pour rester « branché » sur Internet, il faut régulièrement renouveler son carnet d'adresse · Voici les sites qui marchent ou qui pourraient mieux faire

Au début était Amazon. Le prototype de la microsociété propulsé en quelques mois à la une des médias par le génie visionnaire de son fondateur. Une sorte de remake virtuel d'Apple. Quelque temps plus tard, le poids lourd du marché, Barnes & Noble, contre-attaquait avec toute son artillerie. Comme IBM l'avait fait en son temps. Et, pour finir, la concurrence se résout à leur emboîter le pas. La même histoire se répète dans tous les secteurs du cybercommerce : le terrain est défriché par quelques internautes ; les leaders du marché, anxieux du succès de ces francs-tireurs, se lancent ; suivis avec plus ou moins d'enthousiasme par les autres distributeurs. Borders Books and Music et Toys ' R ' Us en juin se sont enfin décidés à vendre leurs produits sur le Net. Kmart et Dayton Hudson annoncent leur arrivée cet été.

Le scepticisme qui régnait il y a encore un an n'est plus de mise. Après 2,5 milliards de dollars en 1997, le cybercommerce devrait doubler son chiffre d'affaires cette année et atteindre entre 12 et 35 milliards de dollars en l'an 2000. Les articles réputés invendables sur le Net, des vêtements aux melons en passant par les couches-culottes, y font un tabac. Mais certains secteurs ont plus de succès. Voici un aperçu des dernières tendances.

L'ordinateur en vedette

Une clientèle captive et gagnée d'avance, des produits particulièrement bien adaptés à la vente virtuelle et des marchandises livrées en vingt-quatre heures : l'univers informatique est le grand gagnant du cybercommerce avec près de 1 milliard de dollars en 1997. Au point que Egghead a fermé ses 80 magasins en janvier 1998 pour vendre exclusivement sur le Net.

Cyberian Outpost (cybout.com) : une des premières arrivées sur le marché. Cette petite société vend des ordinateurs et des logiciels dans tous les pays. Et en 13 langues.

OnSale (onsale.com) : lancée en 1995. Est spécialisée dans la vente aux enchères (400 000 clients enregistrés) et les produits de liquidation.

Dell (dell.com) : son site vend pour 5 millions de dollars d'ordinateurs par jour, soit 13% du total de ses ventes. En l'an 2000, le chiffre d'affaires on-line devrait être de 50%.

Les produits culturels : une valeur sûre

La success story d'Amazon a largement contribué à populariser les ventes de livres et de disques sur le Net. Celles-ci devraient atteindre 500 millions de dollars cette année, pour dépasser le milliard l'an prochain.

Amazon (amazon.com) : « la plus grande librairie du monde » offre 125 000 CD depuis le mois de juin. En 1997, ses ventes ont atteint 150 millions de dollars. Et ses pertes 20 millions.

CDnow (cdnow.com) : lancée en 1994, la firme propose 250 000 titres et affirme détenir le tiers du marché des disques on line. La société est désormais cotée en Bourse.

Barnes & Noble (barnesandnoble.com) : le numéro un des supermarchés du livre a contre-attaqué et espère vendre pour 100 millions de dollars sur son site cette année.

Tower Records (towerrecords.com) : le spécialiste de la musique vend pour 100 000 dollars de disques par jour.

Prêt-à-porter : la bonne surprise

La mode a réussi son entrée sur la scène du Net avec une centaine de millions de dollars en 1997. Les vépécistes ont été les premiers à s'engager. Le style décontracté et uniformisé se porte bien. Le haut de gamme n'accroche pas : Saks Fifth Avenue a renoncé à vendre sur le Web.

Gap (gap.com) : le spécialiste du jean et du tee-shirt propose une cabine d'essayage interactive pour coordonner les styles et les couleurs.

Jouets : petit marché deviendra grand

Les parents découvrent les joies du shopping sur le Net : pas d'enfant dans le chariot, des idées et des conseils et une livraison rapide. Le secteur est encore embryonnaire (environ 20 millions de dollars cette année) mais, étant donné la taille du marché (20 milliards de dollars), sa croissance devrait être exponentielle.

FAO Schwarz (fao-schwarz.com) : l'enseigne new-yorkaise est la première à s'être aventurée sur le Net dès 1996. La chaîne offre 350 jouets sur son site et en prévoit un millier.

Etoys (etoys.com) : le site ouvert en 1997 propose un millier de jouets de grandes marques, assortis de conseils « d'experts » en fonction de l'âge et des centres d'intérêt de l'enfant.

PGC : des résultats inégaux

Les discounters et les grands magasins n'ont pas la partie facile : le Net est davantage fait pour la distribution spécialisée que pour eux. A l'exception de Wal-Mart, les seuls à tirer leur épingle du jeu sont des formats un peu particuliers. Notamment les sites de ventes aux enchères, les chaînes de téléachat ou de clubs-entrepôts. En revanche, les pionniers que furent les cybermalls ne sont plus Marketplace, WorldAvenue, et Dreamshop ont disparu.

Wal-Mart (wal-mart.com) : le numéro un mondial du discount présente plus de 500 000 produits sur son site. Dont des montres Rollex et autres articles haut de gamme introuvables dans ses magasins.

CUC (netmarket.com) : pour 49 dollars par an, ce club-entrepôt offre à 400 000 membres près d'un million de produits (voitures, assurances, ordinateurs...). Les ventes pourraient atteindre 1 milliard de dollars cette année.

QVC (qvc.com) : le leader du téléachat a transposé sa formule sur le Net. Cet automne, il ajoutera à ses 100 000 produits la sélection Internet de Barnes & Noble, N2K's Music Boulevard, Cyberian Outpost et NetGrocer.

Alimentation : prudence, prudence

Les grandes chaînes de supermarchés avancent sous la couverture de partenariats avec de petites sociétés spécialisées dans la vente sur le Net. Le business est risqué : faibles marges et difficultés inhérentes à la livraison de denrées périssables. Le taux de mortalité est élevé : Shoppers Express et All Things Delivered ont disparu d'Internet.

Peapod (peapod.com) : partenaire de plusieurs grandes chaînes (Safeway, Kroger, Randall, Stop & Shop), Peapod a vendu pour 60 millions de dollars en 1997 et perdu 13 millions.

Netgrocer (netgrocer.com) : lancé en 1997, NetGrocer s'approvisionne directement auprès des fabricants, d'où des prix moins élevés, et limite son offre à l'épicerie.

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Article extrait
du magazine N° 1592

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