Danger !

|

EDITORIALLes MDD peuvent rapidement se trouver dans la tourmente populaire et médiatique.

Yves Puget
Yves Puget©Bernard Martinez

Certains observateurs l'assurent et n'avancent pourtant aucun indice tangible. Des distributeurs le contestent et évoquent des a priori, voire de simples ragots ! La rumeur court... Face aux hausses de matières premières et à la nécessité de dégager de la marge, des enseignes nivèleraient par le bas la qualité de leurs produits. Un petit moins de cacao par ici, un peu plus de margarine par là... Toutes les économies seraient bonnes à prendre. Ceux qui lancent de telles affirmations sont-ils des professionnels aux aguets de la moindre critique, des chantres de la qualité ou tout simplement des « ménagères de moins de 50 ans » conditionnées par l'ambiance générale sur les questions de pouvoir d'achat ? Ou, bien au contraire, des enseignes joueraient-elles réellement à ce petit jeu dangereux ?

Le débat est lancé, et il n'a rien d'anecdotique tant le succès mondial des marques de distributeurs est incontestable (un marché de quelque 30 milliards d'euros en France pour les seuls PGC !). Et ce n'est pas la petite baisse de régime de 2010 qui changera la donne. Tous les distributeurs le disent, les assortiments n'ont pas fini de croître. Mieux encore, le regain de forme des marques nationales démontre le succès des MDD ! Tout simplement parce que les grandes marques reconquièrent de la part de marché en lançant des marques de combats ou en multipliant les promotions.

 

In fine, c'est donc bel et bien le prix MDD qui s'impose, qui dévient le référant du rayon et des consommateurs. Enfin, les pratiques se sont professionnalisées. On est bien loin des débuts et des pâles copies. La qualité est au rendez-vous (des PME françaises fabriquent ces produits dans la très grande majorité des cas), les savoir-faire en R&D ou marketing sont incontestables. À tel point qu'il faut dorénavant parler « de s» MDD avec une segmentation de plus en plus fine (coeur de gamme, premium, premiers prix, marques régionales...). Pour toutes ces raisons et bien d'autres (la publicité TV, notamment), il est peu probable que les distributeurs se mettent à dégrader la qualité de leurs produits. Il s'agirait là d'un retour en arrière extrêmement risqué, d'une vision à court terme suicidaire. On ne peut pas jouer impunément avec des produits totalisant plus de 30% des parts de marché et 50% des volumes.

Plus sérieusement, le risque est ailleurs. Comme à l'époque où certains assuraient qu'ils n'y avaient pas le même nombre de petits pois entre la boîte de conserve d'un distributeur et celle d'une grande marque (chiffres à l'appui !) et ceux qui affirmaient qu'il était dangereux de faire le plein dans la station-service d'un hypermarché (qui, bien évidemment, vendait de l'essence de seconde zone, pour ne pas dire frelatée...), les MDD peuvent rapidement se trouver dans la tourmente populaire (c'est pas cher, donc mauvais) et médiatique (distributeur = voleur). Parce que leurs produits ont conquis leurs lettres de noblesse et surtout séduit des millions de consommateurs, les commerçants doivent se prémunir contre toutes campagnes de dénigrement, présentes (à l'instar de ceux qui pensent aujourd'hui que les MDD ne sont pas « nutritionnellement » correctes) et à venir. Mais aussi veiller à ne pas y prêter le flanc (ce qui, malheureusement, est déjà arrivé).

Les MDD peuvent rapidement se trouver dans la tourmente populaire et médiatique.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2181

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA