Danone cède la moitié de son épicerie à Paribas et à Campbell

· Le groupe de Franck Riboud n'a pas hésité à vendre Panzani-William Saurin et Maille-Amora. · Pour se recentrer autour de secteurs à vocation mondiale.

Cinq milliards de francs. C'est le montant de la cession par Danone de près de la moitié de sa branche épicerie au groupe Paribas et à l'américain Campbell Soup. En se délestant ainsi de marques aussi prestigieuses que Amora ou Panzani, le groupe de Franck Riboud tourne une page de son histoire. Et confirme la volonté de son PDG de construire un nouveau Danone, concentré sur trois pôles : les produits laitiers, les biscuits et les eaux minérales. La course à la taille critique, qui a longtemps tenu lieu de stratégie au numéro un français de l'agroalimentaire, a bien vécu. Le groupe donne la priorité à des activités « mondialisables » et se concentre sur un nombre limité de marques. « Nous voulons atteindre, d'ici à l'an 2000, 40 milliards de francs de chiffre d'affaires sous la signature Danone, a précisé Franck Riboud. Pour en faire la troisième ou quatrième marque mondiale. »
 

Restructurer certaines activités

Débarrassée de ses activités les moins rentables, l'entreprise prévoit de dépasser 9% de marge opérationnelle en 1997. Une bonne nouvelle pour les actionnaires. L'opération devrait également apporter au groupe une plus value nette de près de 1 milliard de francs. Cette manne servira en partie à restructurer certaines activités d'épicerie qui n'ont pas été cédées, comme Diepal, la filiale de produits diététiques pour enfants et adultes (marques Blédina et Gayelord Hauser). En forte progression, ces gammes « ont vocation à être rattachées au pôle santé et à se développer hors de l'Europe », a déclaré Franck Riboud. Lequel a ajouté que les bières Kronenbourg n'étaient pas à vendre. Pas question non plus de céder les produits frais et les surgelés (Marie surgelés France, Générale Traiteur, Pycasa en Espagne), « qui représentent sans doute les modes de consommation de demain ».

Les sauces et condiments exotiques au potentiel international (HP Foods, Lea & Perrins, Amoy) restent aussi chez Danone. Idem pour la société italienne Star (bouillons, sauces tomate ), BSB, numéro un des pâtes en Allemagne, et La Familia, numéro deux des pâtes en Espagne.

Le reste de l'épicerie (tout de même 8% du chiffre d'affaires total) a trouvé deux repreneurs. Paribas Affaires industrielles (PAI), associé à deux fonds d'investissement français (Fonds Partenaires et Finance et Investors) rachète pour 4 milliards de francs l'activité pâtes et plats cuisinés en France et en Italie. En font partie notamment les pâtes et sauces Panzani, les plats cuisinés William Saurin ainsi que les sauces, condiments et aides culinaires de Maille-Amora. Cet ensemble représente environ 6,5 milliards de francs de chiffre d'affaires. De quoi grossir l'éventail de participations industrielles de Paribas, déjà assez étendu. Le groupe bancaire contrôle LDC, Royal Canin, Guyomar'ch et SBS (Jambon) via PAI. Et Saupiquet à travers sa filiale Navigation mixte.

Parallèlement, Danone cède ses potages (PurSoup' de Liebig) à la société américaine Campbell Soup (45 milliards de francs de CA). Le leader mondial de la soupe a déboursé 1 milliard de francs pour reprendre le numéro un français des potages en brique (500 millions de francs de CA environ). Campbell, qui ne cache pas ses ambitions européennes, est déjà représenté en France par Delacre (Biscuits), Lamy Lutti (Confiserie), Continental Foods (panification, marque Auga) et Godiva (chocolat). « Une structure unique sera chargée de commercialiser les marques Delacre et Liebig en France », a déjà fait savoir la société américaine. Qui devrait également faire disparaître la marque Marie des briques de potages au profit de Liebig.

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Article extrait
du magazine N° 1556

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