Danone: le boycott sans effet chiffré sur les ventes

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RÉTROSPECTIVEDevant une salle comble -près de 1.700 actionnaires- qui ont dû montrer patte blanche et passer plusieurs cordons de sécurité avant d'accéder à l'assemblée générale, M. Riboud a fait preuve d'une détermination à toute épreuve, en arguant de "la nécessité

En défendant son plan et en présentant les perspectives favorables de son groupe (amélioration des marges opérationnelles, croissance du chiffre d'affaires), M. Riboud a d'ailleurs reçu le soutien de ses actionnaires manifestement satisfaits des bonnes performances financières du groupe et apparemment peu émus par les projets de suppression d'emplois. "L'année 2001 sera de nouveau une année de croissance soutenue de nos ventes et de progression sensible de nos marges", a-t-il indiqué. Pour M. Riboud, les appels au boycott ont eu des conséquences plus psychologiques que quantifiables "Nous n'avons pas assisté à un baisse des ventes, mais les opérations de promotion et les mises en place des produits du groupe en tête des gondoles dans les magasins ont été supprimées au mois d'avril", a-t-il dit. "Maintenant nous sommes en train de reconstruire notre image sur le terrain en nous rendant dans les commerces", a-t-il ajouté. Pour couper court aux rumeurs, M. Riboud a également présenté les chiffres de progression des ventes. "Habituellement je ne le fais pas en cette période de l'année mais aujourd'hui je vous annonce que les ventes ont progressé ces derniers mois de plus de 6%" a indiqué M. Riboud. Il n'a toutefois pas précisé la part représentée par les ventes réalisées en France. Dès le lendemain de l'annonce de son plan, Danone a été la cible d'appels au boycott autant d'élus politiques de gauche que de syndicalistes. M. Riboud a d'une certaine manière fait son mea culpa en reconnaissant à demis mots une gestion difficile de la crise. Mais il persiste à dire qu'il ne pouvait pas faire autrement. "Depuis janvier, nous sommes sur le devant de la scène après une indiscrétion sur notre projet de suppression d'emplois mais il m'était impossible juridiquement de m'exprimer avant la présentation du plan aux syndicats fin mars", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui je suis en mesure de vous réaffirmer que nous ne laisserons personne seul devant son problème d'emplois", a indiqué M. Riboud ajoutant que lors des 11 dernières "réorganisations" réalisées par le groupe, 95% des salariés concernés ont été reclassés. Quant aux 5% restants, ils ont refusé 8 à 10 propositions d'emplois pour des raisons personnelles, a ajouté le président de Danone. M. Riboud a souligné que l'avenir de son groupe se présentait sous les meilleurs auspices avec une croissance interne prévue de 5 à 7% sur les trois prochaines années et une amélioration des marges opérationnelles de 20 à 40 points de base par an. "Notre schéma de croissance rentable" est totalement vérifié avec ces prévisions de croissance et M. Riboud a souligné que pour la première fois en 2000, l'évolution des activités internationales a eu une contribution positive puisqu'elle a représenté un quart de l'amélioration totale de marge affichée par le groupe.

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