Dans les pas d'un sénateur chez Auchan

Le sénateur-maire socialiste de Nevers s'est immergé pendant trois jours chez Auchan. Il n'avait jamais mis les pieds dans un hypermarché !

Dans un style très « inspecteur Colombo », une barbe de deux jours, un imperméable et une écharpe jetée sur l'épaule, incognito et de toute façon inconnu ici, Didier Boulaud, le sénateur-maire socialiste de Nevers, est venu passer trois jours au sein du groupe Auchan, dans le Nord.

Une solide immersion pour l'élu qui, de son aveu, n'avait jusqu'alors « jamais mis les pieds dans un hypermarché ». Au programme, un tour à la centrale pour la « stratégie », un déjeuner sur place avec les bouchers, boulangers, pâtissiers du magasin de Leers, puis la visite du magasin d'Anglos. Pourquoi Auchan ? « Je voulais aborder la grande distribution sans être impliqué localement, alors que je suis confronté aux problèmes du commerce de centre-ville face à celui de la périphérie, à Nevers. Ces grandes surfaces et la concentration du secteur me font vraiment peur. Je voulais savoir comment le consommateur est perçu, s'il n'est pas traité comme un objet " à qui l'on tire du fric ". » Il avoue avoir « été surpris du souci d'améliorer le panier de la ménagère, de répondre aux besoins des plus pauvres, et de voir combien les client sont pointus dans la connaissance des prix ». Le sénateur est conquis par le « côté catholique social d'Auchan : il y a beaucoup d'humanité dans cette entreprise, les gens se tutoient, l'esprit maison est fort. Dans ma région, il n'y a que chez Michelin et Bouygues où je trouve ce genre de relation. L'information y circule de haut en bas, avec une vraie volonté de lever les obstacles. »

L'ancien instituteur découvre également que l'enseigne valorise des métiers qui se perdent en centre-ville : bouchers, boulangers, pâtissiers. « Il faut reconnaître que les grandes surfaces prennent la relève. Ce savoir-faire disparaîtrait sans elle. » Émet-t-il au moins une critique au terme de sa visite, alors que sa consoeur Marie-Christine Blandin des Verts (LSA n° 1790), visitant Carrefour, fustigeait Auchan ? « Les dirigeants avouent qu'ils doivent mieux communiquer. Ils auraient des scrupules. Mais peut-être sont-ils moins pollués par ce besoin que d'autres. » Non, pour cette visite en magasin, le sénateur-inspecteur ne retient aucun grief. Il se promet même de se rendre dans les Carrefour et Leclerc de sa région. Pour comparer ?
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Article extrait
du magazine N° 1795

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