Dave Lewis, le patron de Tesco, réclame une "taxe Amazon"

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Dans une interview accordée au Mail on Sunday, le patron du distributeur britannique appelle à taxer les produits achetés sur Internet, avec en ligne de fond la survie des magasins physiques outre-Manche.

tesco

1,25 milliards de livres sterling, soit 1,42 milliards d’euros. C’est le montant de la taxe réclamée sur les produits vendus en ligne par Dave Lewis, patron de Tesco, qui s’est exprimé dans le journal britannique Mail on Sunday le 7 octobre dernier. Une interview qui fait grand bruit outre-Manche, puisque l’homme d’affaires, à la tête du groupe depuis 2014, vise en réalité Amazon en appelant le gouvernement à prélever 2% sur les ventes en ligne réalisées sur la marketplace. Dave Lewis pointe ainsi du doigt le faible montant des impôts payés par les pure-player au Royaume-Uni, sujet abordé par ailleurs lors de la conférence du parti Conservateur, qui s'est tenue à Birmingham début octobre. Philip Hammond, chancelier de l'Échiquier du gouvernement May, avait alors évoqué l’hypothèse d’une "meilleure contribution des e-commerçants au financement des services publics". Dans le collimateur des conservateurs, Amazon encore, qui a récemment payé 2,3% d'impôt sur les sociétés, soit 72,3 millions de livres sterling, au lieu du taux de 19% applicable à la plupart des entreprises britanniques. 

La menace du e-commerce et du discount

Alors que 17% des ventes du Royaume-Uni sont réalisées en ligne (contre 8% en France), les distributeurs traditionnels britanniques sont vent debout face au géant du e-commerce. M. Lewis avance notamment le chiffre de 14 milliards de livres de coûts supplémentaires, d’ici les cinq prochaines années, que devront porter les retailers en raison de la hausse des taxes professionnelles et l’introduction du salaire minimum, mis en place en 2016. Ainsi, pour Tesco, qui a néanmoins renoué avec la croissance en 2017, cette dernière mesure est évaluée à 500 millions de livres d'ici 2020. Parallèlement aux mesures gouvernementales, les acteurs de la distribution physique affrontent une véritable crise : le territoire compte 2 500 magasins de moins qu’en 2015, tandis que 3 200 magasins ont été déclarés insolvables depuis 2014. Pour sa part, Amazon Go pourrait ouvrir ses portes au Royaume-Uni, selon une information du Times.

La distribution britannique doit également affronter la concurrence des discounters Aldi et Lidl qui, en quatre ans, sont passés de moins de 9% de part de marché à près de 13% aujourd’hui. Tesco a répondu en lançant en septembre dernier une nouvelle enseigne positionnée discount baptisée Jack’s.

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