Déblocage de l’épargne et aides fiscales : morose, le secteur du meuble demande l’appui du gouvernement

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L’ameublement se dirige tout droit vers une troisième année de recul. Sans aucun signe de reprise à l’horizon, et alors que les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi proches, les professionnels en appellent à l’état pour mettre en place des dispositifs financiers d’incitation aux achats.

Les français ont du mal à arbitrer leurs dépenses en faveur des meubles. Les professionnels veulent donner un coup de pouce, en demandant l'aide des pouvoirs publics via des dispositifs de soutien
Les français ont du mal à arbitrer leurs dépenses en faveur des meubles. Les professionnels veulent donner un coup de pouce, en demandant l'aide des pouvoirs publics via des dispositifs de soutien© DR

Et de trois ! Sauf retournement de conjoncture totalement improbable, le marché du meuble s’achemine tout droit vers sa troisième année de chute. Alors que les fabricants et distributeurs sont en mauvaise posture, les représentants de la filière ont présenté ce matin deux options pour tenter de relancer la consommation, à l’aide des pouvoirs publics. « La première piste, c’est de calquer sur ce qui se fait en Italie, à savoir un réduction d’impôt liée à l’achat de meubles neuf » indique Didier Baumgarten, président de la Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison. La deuxième option, qui a la préférence des professionnels, consiste à « obtenir une autorisation temporaire, de un à trois ans, de casser son plan d’épargne logement, au profit du logement et de l’ameublement ». Si l’Etat autorisait cette option pour booster les achats de meubles, les professionnels se déclarent prêts à ajouter, en sus de la prime liée au PEL, une prime d’un montant égal. Reste à confronter ces propositions aux pouvoirs publics. La chose ne sera pas aisée compte tenu du remaniement gouvernemental qui vient de s’opérer et qui complique les rencontres avec les interlocuteurs. Rien n’indique également que le politique soit prêt à accorder des liquidités à l’ameublement. Cette démarche d’en appeler aux pouvoirs publics a cependant fait grincer quelques dents, les professionnels étant d’habitude prompts à se plaindre du niveau de taxation.

 

Une nouvelle année en recul de 3% ou plus ?

 

Sur le plan de la conjoncture, les chiffres dévoilés ce matin font état d’une chute des ventes de 2,5% de janvier à juin, avec une aggravation continuelle, mois après mois. A surfaces comparables, le recul est même de 4,5%. Les français rechignent toujours à s'équiper de nouveaux meubles, tandis que l'atonie de la construction de logements et de l'immobilier nefait rien pour arranger les choses. « La dynamique ne va pas s’inverser d’ici la fin de l’année. Pour rester sur la même tendance que les années écoulées, à savoir entre -3 et -4%, il va falloir que les distributeurs se battent » a commenté Christophe Gazel, directeur général de l’Institut de prospectives et d’études de l’ameublement. Se battent, et se débattent, tant la situation est alarmante. Mobilier Européen (enseignes Fly, Atlas et Crozatier) est au bord du gouffre, et des fournisseurs comme Cauval ou Parisot ont de gros problèmes de financement. « Les acteurs de premier plan sont touchés, ce qui est somme toute logique. Car nous sommes dans un cycle de crise qui dure depuis plus de 3 ce qui est tout à fait exceptionnel » a ainsi commenté Thierry Guibert, pdg de Conforama.

 

 

Evolution mensuelle des ventes d'ameublement depuis janvier

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