Décathlonfonde un pôle mondial pour ses vélos

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MDD -En regroupant pour la première fois la conception et l'assemblage de ses vélos à la marque b'Twin sur un même site, à Lille, le numéro un français du commerce spécialisé sport veut gagner en réactivité et mieux protéger ses innovations. Tout en soignant son image d'employeur local.

Décathlon relocalise quand bon nombre d'entreprises délocalisent.Le deuxième distributeur européen d'articles de sport (4 Mrds E de CA en 2006) a annoncé le 22 juin qu'il allait créer, aux portes de Lille, un site entièrement dédié à sa marque de vélos, b'Twin. Le site qui aurait mérité le nom de Campus, si cette dénomination n'était pas déjà celle du siège social du groupe, restera sous celui de « Village b'Twin ». « C'est un concept unique au monde qui sera à la fois un lieu de vie et de création », s'enthousiasmait Yves Claude, le directeur général du groupe en présentant le projet (lire ci-contre). Encore plus lyrique, Martine Aubry, maire de Lille, présente lors de l'annonce du projet, a même osé : « Toulouse a Airbus, Atlanta a Coca-Cola et Lille a Décathlon ! »

Il est vrai que l'ex-ministre du Travail a toutes les raisons d'être satisfaite : le site, une ancienne usine Altadis de production de cigarettes, délocalisée en Espagne en 2005, accueillera une partie des activités de montage de vélos de Décathlon. L'enseigne, qui vend 2,1 millions de cycles par an, n'assemble que 10 à 15 % de sa production en France, le reste étant principalement produit dans d'autres pays d'Europe. Or, c'est dans notre pays que l'enseigne possède le plus grand nombre de magasins (225 sur 380). « Nous voulons produire au plus près des zones de consommation », justifie Yves Claude.

Un lieu par marque

La relocalisation d'une partie des activités industrielles dans l'Hexagone va augmenter les coûts de fabrication de 6 à 8 E par unité. Une partie sera récupérée en réduisant les frais de transport. Mais surtout, le village b'Twin doit favoriser la production en flux tendu et donc réduire la charge des stocks. De plus, en rapprochant les équipes de production de la R et D, le distributeur-concepteur espère aussi accélérer la sortie de ses innovations. « Nous serons capables de construire sur place un prototype de vélos en vingt-quatre heures », explique Nicolas Roucou, le directeur industriel du groupe. Cette organisation en vase clos a aussi pour but de freiner l'espionnage industriel, dont l'enseigne commence à souffrir.

Enfin, le village b'Twin est la suite logique de la stratégie générale de Décathlon. « Notre ambition est d'avoir un lieu mondial pour chacune de nos marques passion », confirme Yves Claude. L'idée est d'éloigner du siège les équipes de chaque marque, pour les rapprocher de leur terrain d'expression. Après Quechua (570 ME de CA en 2005), implantée il y a 10 ans au pied du Mont-Blanc, et Tribord (290 ME en 2005) il y a trois ans à Hendaye, le mouvement se poursuivra à la rentrée avec le transfert de Geologic à Cestas près de Bordeaux, puis de Domyos dans la métropole lilloise au troisième trimestre 2008. Les élus de Chambéry sont peut-être les seuls à ne pas se réjouir de ces déménagements. Décathlon avait envisagé d'installer son village b'Twin avec ses emplois dans leur ville, avant de renoncer, face aux oppositions de concurrents locaux à son projet de magasin show-room.

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Article extrait
du magazine N° 2006

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