Déco, un brin de folie

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Le phénomène n'est pas récent, mais il s'étend. La tendance ludique gagne du terrain, de la petite décoration au mobilier, du haut de gamme à la grande distribution. Et touche aujourd'hui toutes les générations.

décoration

POUR TOUS PUBLICS

Si la génération née dans les années 80, bercée par les mangas et les gadgets, est la première concernée par l'esprit ludique de la décoration, elle n'est pas la seule à s'intéresser au phénomène. L'offre étant devenue suffisamment vaste et touchant aussi bien l'entrée que le haut de gamme, le public s'est élargi. Chacun peut trouver son compte dans cette tendance, y compris les collectionneurs d'art contemporain, qui n'y échappent pas.

JEUX DE MOTS ET POÉSIE

Le ludique peut s'exprimer de bien des façons. Au-delà de l'objet en lui-même, c'est aussi de la façon de le nommer que peut provenir le côté amusant. À l'exemple des Mirettes, des miroirs-tablettes créés par Guillaume Delvigne et coédités par Oxyo et Made in Design. Outre l'humour décalé, la poésie peut aussi être présente. C'est, par exemple, le parti pris des créateurs d'Atypyk et de leurs objets (ici, le porte-encens Volcano, 27E).

GRAPHIQUE ET COLORÉ

Les objets déco et le mobilier mettent le graphisme à l'honneur. Stickers et papiers peints (ici, le modèle Boum, 17,99 E, Rasch) sont devenus un terrain d'expression prisé des designers et des créateurs. Autre tendance, la couleur, que l'on n'hésite plus à utiliser, et que l'on met à l'honneur. Une façon d'animer l'espace par touches, comme cette horloge murale multicolore (49,90 E, Conforama).

ESPRIT RÉGRESSIF

Retrouver l'univers de son enfance grâce à des produits qui réutilisent les jeux, les images des héros qui ont bercé nos jeunes années, c'est la déco ludique versant régression. Cet esprit se retrouve aussi bien dans le mobilier que les accessoires, et offre la possibilité d'échapper à la grisaille du quotidien l'espace d'un instant en effectuant un flash-back réconfortant (ici, la boîte de rangement en forme de tête de Lego, 17,95 E, Fleux, et la lampe à poser Télé, 29,90 E, Fly).

LUDIQUE CHIC

Même les marques prestigieuses de décoration se sont prêtées au jeu. Pour preuve, les grands faiseurs tels qu'Edra, Cappellini ou Kartell font appel aux designers de renom pour signer des pièces parfois impertinentes ou très colorées. À l'image d'Attila, Napoléon et Saint-Esprit, les trois Gnomes tabourets-tables de Philippe Starck pour Kartell (à partir de 168 E), ou du fauteuil Proust Geometrica d'Alessendro Mendini pour Cappellini.

UNE OFFRE ÉVOLUTIVE

Pour certains acteurs du marché du meuble, la déco ludique englobe également une offre de mobilier qui peut s'adapter aux besoins des consommateurs. Tables basses capables de se transformer en table à dîner (ici, la table basse Up et Down, motif UK, 199 E, But), mobilier pour enfant adaptable selon l'âge... cette modularité fait aussi partie des demandes du public.

Des objets du quotidien ultracolorés, inspirés ou évoquant nos jeux et les héros de notre enfance, des meubles amusants, des stickers muraux pour égayer nos intérieurs à volonté... la mode du ludique a investi nos logements. Mieux, elle est devenue une véritable tendance dans laquelle créateurs, éditeurs et distributeurs s'inscrivent. « Depuis cinq à six ans est apparu un intérêt assez marqué pour une décoration jouant davantage sur l'aspect ludique, constate Stéphane Arriubergé, fondateur de Domestic. Elle repose sur une offre plus graphique, plus colorée aussi, qui peut avoir parfois un côté régressif. Dès 2003, nous nous sommes inscrits dans cet intérêt avec notre offre de stickers. Nous avons travaillé avec beaucoup de graphistes et de designers, comme Matali Crasset, les 5.5 Designers, et nous déclinons aujourd'hui ces propositions avec de la vaisselle, des tapis, des luminaires. » S'il est un symbole de la déco ludique, le sticker n'est pas le seul produit de la catégorie. Loin s'en faut.

 

Mouvement de fond

L'offre ne cesse de s'élargir. Mais si l'idée est d'amuser, de faire sourire, nous sommes aujourd'hui loin de l'esprit gadget qui régnait avant les années 2000. À l'exemple d'Atypyk, qui crée des petits objets amusants. « Nous proposons un design poétique, avec une touche d'ironie, nous ne sommes pas dans la vague gadget, indique Ivan Duval. Nous sommes attachés à la notion de cadeau sensible, d'objet qui fait sourire, mais nous voyons arriver sur ce créneau beaucoup d'acteurs, avec des propositions qui ne sont pas toujours du meilleur goût. » De l'avis des acteurs du marché, la déco ludique tient davantage aujourd'hui d'un mouvement de fond, proche d'un véritable courant décoratif, que d'un simple amusement. « Nous sommes passés à une autre étape, avec des objets plus sophistiqués, qui racontent une histoire, estime Catherine Colin, fondatrice de madeindesign.com. Par exemple, le Gnome Attila, un petit meuble d'appoint en forme de nain de jardin créé par Philippe Starck pour Kartell. Ou de grandes marques, comme Cappellini, Edra ou Alessi et sa collection d'objets ludiques. Cette tendance correspond à nos modes de vie, elle traduit notre besoin de nous entourer d'objets récréatifs, qui ne présentent pas un design " rigide ". »

C'est d'ailleurs ce que propose madeindesign.com, qui édite ou coédite avec Oxyo une collection de petit mobilier et d'objets du quotidien dont certains ne manquent pas d'humour, comme le tabouret Papa.

Preuve du développement de la tendance, du côté de la grande distribution, l'offre se fait jour. Pour Tina Wolters, directrice de la catégorie meubles de jour de Conforama, « le consommateur est en attente de meubles avec une vraie fonctionnalité, mais qui restent sympathiques, colorés. En tant qu'enseigne discount, nous avons un rôle à jouer pour répondre à cette demande. Par exemple, nous déclinons des produits aux couleurs pop, des imprimés graphiques, des meubles offrant de la modularité. »

Chez But, l'offre porte même un nom : Box and Kit. « Il s'agit à la fois d'une offre mode, ludique, colorée, mixée avec des objets pratiques, offrant une fonction en plus, explique Bérangère Lamboley, directrice générale marketing et communication. Avec le temps, notre gamme a évolué. Du sticker au départ, nous sommes venus au meuble coloré, pratique et malin. Il s'agit d'une véritable tendance que nous mettons en avant en point de vente, en présentant ces produits dans un corner spécifique. »

 

Toutes les générations sont gagnées

Si le ludique concerne tous les secteurs, du petit objet au mobilier, touche-t-il pour autant tous les consommateurs ? Pour Luc Moulin, fondateur des magasins Fleux, et également à la tête de l'éditeur Eno, « le courant touche particulièrement la génération née dans les années 80, bercée de mangas, de gadgets. Elle représente les consommateurs, mais aussi les designers et les éditeurs d'aujourd'hui. Il est donc logique que le ludique prenne une certaine importance dans l'univers de la décoration. Mais à mon sens, le coeur de marché se situe maintenant dans la tranche 15-65 ans pour Paris, et 15-45 ans en province. Le phénomène a gagné du terrain, notamment avec les émissions de télévision, les magazines qui légitiment le ludique. Ce mouvement intéresse aussi les amateurs de design et les collectionneurs, qui y voient une nouvelle proposition et s'ouvrent à une autre culture, moins classique, plus irrévérencieuse. Et le mouvement ne s'arrêtera pas là ».

Un sentiment partagé par Catherine Colin : « La situation a évolué, et les amateurs du ludique sont de tous âges aujourd'hui. Il s'agit d'un mouvement de fond qui touche de plus en plus de consommateurs, attirés par un design décontracté, accessible aussi bien en termes de compréhension que de budget. »

D'ailleurs, chez Atypyk, le client type « est une cliente, dans la tranche 40-60 ans, assez cultivée et désireuse de trouver un objet sympathique à offrir ». Une manière de démontrer que le mouvement est intergénérationnel, et qu'il peut rassembler aussi bien le jeune habitat que les seniors.

LA PROMESSE DE LA TENDANCE

« Un besoin de fantaisie »

Le ludique n'est pas une tendance majoritaire dans la décoration. Mais il est vrai qu'elle s'est imposée, peut-être en réponse au contexte économique chahuté. Elle concerne aussi bien la grande distribution que le haut de gamme, pour qui elle est une véritable démonstration de savoir-faire, à l'instar d'Edra, des frères Campana, de Marcel Wanders, par exemple. Ce mouvement traduit le besoin de fantaisie que l'on distille chez soi par touches décalées, impertinentes, dans un ensemble plus sage, au design plus politiquement correct. C'est un retour à la mise en scène narrative, pour une population en quête de transgression, d'une nouvelle esthétique. C'est ce que je nomme le « glumour », un savant dosage entre le glamour et l'humour.

Jeux de mots et poésie

Le ludique peut s'exprimer de bien des façons. Au-delà de l'objet en lui-même, c'est aussi de la façon de le nommer que peut provenir le côté amusant. À l'exemple des Mirettes, des miroirs-tablettes créés par Guillaume Delvigne et coédités par Oxyo et Made in Design. Outre l'humour décalé, la poésie peut aussi être présente. C'est, par exemple, le parti pris des créateurs d'Atypyk et de leurs objets (ici, le porte-encens Volcano, 27€).

 

Graphique et coloré

Les objets déco et le mobilier mettent le graphisme à l'honneur. Stickers et papiers peints (ici, le modèle Boum, 17,99 €, Rasch) sont devenus un terrain d'expression prisé des designers et des créateurs. Autre tendance, la couleur, que l'on n'hésite plus à utiliser, et que l'on met à l'honneur. Une façon d'animer l'espace par touches, comme cette horloge murale multicolore (49,90 €, Conforama).

 

 

 

Ludique chic

Même les marques prestigieuses de décoration se sont prêtées au jeu. Pour preuve, les grands faiseurs tels qu'Edra, Cappellini ou Kartell font appel aux designers de renom pour signer des pièces parfois impertinentes ou très colorées. À l'image d'Attila, Napoléon et Saint-Esprit, les trois Gnomes tabourets-tables de Philippe Starck pour Kartell (à partir de 168 €), ou du fauteuil Proust Geometrica d'Alessendro Mendini pour Cappellini.

 

Esprit régressif

Retrouver l'univers de son enfance grâce à des produits qui réutilisent les jeux, les images des héros qui ont bercé nos jeunes années, c'est la déco ludique versant régression. Cet esprit se retrouve aussi bien dans le mobilier que les accessoires, et offre la possibilité d'échapper à la grisaille du quotidien l'espace d'un instant en effectuant un flash-back réconfortant (ici, la boîte de rangement en forme de tête de Lego, 17,95 €, Fleux, et la lampe à poser Télé, 29,90 €, Fly).

 

 

POUR TOUS PUBLICS

Si la génération née dans les années 80, bercée par les mangas et les gadgets, est la première concernée par l'esprit ludique de la décoration, elle n'est pas la seule à s'intéresser au phénomène. L'offre étant devenue suffisamment vaste et touchant aussi bien l'entrée que le haut de gamme, le public s'est élargi. Chacun peut trouver son compte dans cette tendance, y compris les collectionneurs d'art contemporain, qui n'y échappent pas.

UNE OFFRE ÉVOLUTIVE

Pour certains acteurs du marché du meuble, la déco ludique englobe également une offre de mobilier qui peut s'adapter aux besoins des consommateurs. Tables basses capables de se transformer en table à dîner (ici, la table basse Up et Down, motif UK, 199 €, But), mobilier pour enfant adaptable selon l'âge... cette modularité fait aussi partie des demandes du public.

 

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Article extrait
du magazine N° 2194

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