Découvrez le magasin Whole Foods de Brooklyn qui fait pousser les légumes sur son toit

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L’enseigne américaine vient d’inaugurer à Brooklyn un hypermarché de 5000 m² qui va produire une partie de ses légumes… sur le toit, avec des techniques bio. Une manière originale de creuser davantage le double sillon « produits locaux/bio », pilier de son succès Outre-Atlantique. Le magasin affiche en outre des performances « développement durable » de premier plan, qu’il s’agisse de la récupération de l’eau ou de la production d’énergie.

ce magasin est le premier de l'enseigne à Brooklyn. Sur son toit, près de 2000 m² de serres où poussent des légumes et des herbes.
ce magasin est le premier de l'enseigne à Brooklyn. Sur son toit, près de 2000 m² de serres où poussent des légumes et des herbes.

Au nouveau supermarché Whole Foods de Brooklyn, à New York, conçu tout en brique rouge, l’estampille « produit local et bio » qui figure sur les tomates prend vraiment tout son sens : plusieurs catégories de légumes poussent en effet… sur le toit du magasin, dans une serre urbaine de 1850 m² d’un nouveau genre, conçue en partenariat avec Gotham Greens, un fournisseur de produits locaux qui s’est spécialisé dans ces réalisations.

Le fournisseur de produits locaux Gotham Greens conçoit des serres urbaines implantées sur les toits. Après Whole Foods, trois nouvelles implantations sont prévues dans New York, dont l'une au sommet d'un cente commercial.

Réparation de vélos

Un atout de plus pour ce magasin, le premier de l’enseigne dans ce quartier de New York, qui s’est donné les moyens d’aimanter la clientèle de Brooklyn, en pleine voie de « gentrification » : service de réparation et d’entretien de vélo (une partie de la clientèle est censée venir au magasin en deux-roues), boutique de vinyles, borne de recharge de véhicules électriques… Et donc un toit-terrasse où cohabitent la serre et la terrasse du restaurant de l’enseigne, à la carte raccord avec l’esprit Whole Foods (nourriture organique, produits locaux…). Au passage, cette terrasse offre l’une des plus belles vues sur la fameuse « skyline » de la Grosse Pomme, et sur le canal jouxtant le magasin.  

Garages à vélo ou bornes de recharge de véhicules électriques : l'enseigne veut inciter ses clients à adopter les modes "doux" de déplacement, un mode de vie largement promu à New York.

Hyperlocalisme

Pour le reste, Whole Foods exécute parfaitement ce qu’il sait déjà si bien faire : un maximum de produits locaux, un localisme poussé même jusqu’à l’extrême, de nombreux produits ou ingrédients étant produits dans Brooklyn même. L'enseigne précise même à quelle distance du magasin l'article est produit. Merchandising bio ultra travaillé, rayons frais et trad’ omniprésents titillant l’ensemble des sens du client avec fours à pizzas, produits à la coupe…

Le merchandising du local est toujours plus poussé : explications nombreuses autour du produit, stop-rayons et mention de la distance où le produit est conçu par rapport au magasin.

Plus que du local, on peut même parler d'hyper localisme : ici une sauce produite à Brooklyn, produite spécialement pour le magasin.

Dernier point, cher à Whole Foods, le développement durable. Là encore, pour son débarquement à Brooklyn, l’enseigne n’a pas fait dans la demi-mesure. Toiture photovaltaïque sur les parkings, incluant un dispositif de récupération d’eau qui, une fois filtrée et traitée, sert notamment à arroser les légumes de la serre, éclairage leds, meubles froids fermés… Le magasin met finalement aussi bien en scène le positionnement de l’enseigne que ses produits.

Voici le documentaire distillé par Whole Foods sur les réseaux sociaux pour présenter les aspects développement durable du magasin:

 

Le concert de louanges sur le magasin, lors du grand Barnum de l’ouverture, le 17 décembre dernier, en présence d’élus et décideurs de Brooklyn, a été presque parfait. Sur Twitter, plusieurs habitants de Brooklyn se sont néanmoins élevés contre l’arrivée de cette enseigne qui symbolise la « gentrification » de ce quartier autrefois populaire, « boboïsation » dirait-on en France. La presse s'est également emparée du problème. La "gentrification" dont, selon ses contempteurs, Whole Foods est une cause (ou un symptôme), tourne au véritable débat de société à Brooklyn.

 

Une mutation du quartier qui se fait par  à-coups, mais Whole Foods ne s’est pas trompé de cible marchande, ni de positionnement. A New York en général, à Manhattan et Brooklyn en particulier, le niveau de revenus et le mode de vie des habitants relève désormais plus d’un Whole Foods que d’un Walmart. Le premier distributeur américain n’a d’ailleurs jamais réussi à s’implanter à New York, malgré des tentatives récurrentes…

Voici la présentation en vidéo de ce nouveau magasin, lors de son inauguration, le 17 décembre dernier:

 

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