[Décryptage] Michel-Edouard Leclerc s’insinue dans le « jeu » des alliances

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Le patron des centres E. Leclerc a commenté sur son blog, ce 26 avril au matin, la création des deux dernières super-centrales d’achat françaises, Casino/Auchan et Carrefour/U/Provera. Il y indique clairement que Leclerc et Intermarché n’ont pas dit leur dernier mot.

MEL se lâche comme rarement dans son dernier billet sur les Super-Centrales
MEL se lâche comme rarement dans son dernier billet sur les Super-Centrales© DR

Dans un post au vitriol publié ce matin sur son blog, Michel-Edouard Leclerc est revenu sur la création, coup sur coup, en 3 semaines, des super-centrales Casino/Auchan, avec U pour quelques jours, avant que Système U ne rejoigne finalement Carrefour et Provera pour constituer un bloc de plus de 34% de parts de marché. « Toutes ces annonces ont des airs de théâtre de boulevard. C’est du Feydeau qu'on nous joue, et du lourd ! », commente le patron des centres E. Leclerc avant de nommer la pièce : "l'hôtel du libre-échange", avec dans le rôle principal Serge, qui aura réussi à convoler avec presque tout le monde, avant de quitter la scène pour on ne sait quel destin... [on parle de lui pour un ministère de l'alimentation… mais perso, je mise plutôt pour la présidence de Meetic !]

L'hypothèse Leclerc - Intermarché à peine insinuée

Voilà qui n’améliorera sans doute pas la très sincère inimitié que se portent les deux dirigeants. En même temps, la cible est facile sachant que Serge Papin, le patron de Système U, devrait en toute vraisemblance quitter son poste de président au profit d’un Dominique Schelcher, présenté comme archi-favori pour lui succéder. Mais le plus intéressant dans ce billet est, comme souvent, la chute. On passera sur la question de savoir qui est le cocu dans la pièce – un classique chez Feydeau qu’aime bien reprendre MEL – et on s’arrêtera sur l’ultime phrase : « A quel moment, Leclerc et Intermarché sortiront-t-ils du placard ? A suivre ». Un esprit retors - ce que nous ne sommes pas – pourrait y voir un appel du pied à peine voilé entre deux beaux amants (15 et 21% de parts de marché) aujourd’hui délaissés qui, rappelons-le, étaient mariés il y a très, très longtemps, 49 ans exactement. Alors, près de 50 ans après, une nouvelle union - sans doute pas d’amour, mais au moins de raison - prendrait-elle corps ? En tout cas, ça ressemble à une invitation pour Thierry Cotillard, le patron d’Intermarché, qui dans la fable écrite par MEL, est un moment présenté « au bar de l'hôtel du libre-échange (...) par Naouri délaissé, n'osant le regard lever. »

Vers des noces d'or pour... l'argent

En même temps, contrairement aux nouveaux alliés rien ne presse pour les deux probables prétendants à ces noces... d’argent (difficile de les qualifier autrement). Ils n’ont pas les obligations de communication de – bonnes – nouvelles des groupes cotés que sont Casino et Carrefour. Donc celles du patron de Carrefour « le bel Alexandre », selon MEL, qui « soupirait d'isolement. Fatigué de ses négos sociales et sirotant son Coca chèrement payé, il balayait anxieusement son Tinder. » Ils n’ont pas non plus le sentiment d’urgence que semblaient avoir Auchan et U à se trouver de nouveaux partenaires.

Bref, c’est sans doute une nouvelle pièce qui s’ouvre pour voir si les « bleus » de Leclerc et les blancs « d’Intermarché » sont prêts à convoler ou... pas. Le 1er acte, l’insinuation, vient de s’ouvrir. Mais avant que les artistes ne saluent, beaucoup d’autres personnages peuvent se mêler au Vaudeville. Le gendarme comme souvent ; tout comme le paysan madré qui fait en ce moment même trembler le Landerneau des Négos et que dire d'un troisième larron débarqué d’ailleurs pour donner à cette pièce de Boulevard une dimension plus européenne. On se délecte d'avance et on prend nos places au balcon !

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