Marchés

Delpeyrat mise sur le haut de gamme

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Fort d'une bonne saison 2010, le pôle gastronomie du Sud-Ouest de la coopérative Maïsadour entend renforcer sa place sur le marché du foie gras et à l'international avec des produits haut de gamme.

Thierry Blandinieres, président de Delpeyrat
Thierry Blandinieres, président de Delpeyrat© DR

La nouvelle a fait grand bruit dans la région. D'ici à trois ans, le numéro trois du foie gras promet 150 embauches à Saint-Pierre-du-Mont. Au coeur des Landes, la commune située à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan abrite le siège de Delpeyrat et son principal site de production. Avec un investissement de 10 millions d'euros et des travaux qui s'étaleront jusqu'à 2013, l'usine sera ainsi dotée d'une capacité de production de 6 000 tonnes, contre 4 000 tonnes actuellement. Une nouvelle force de frappe qui permettrait à la marque de réaliser 35 % des volumes de foie gras du marché. Mais, pour Thierry Blandinières, le président de Delpeyrat, l'enjeu n'est pas seulement de faire un saut quantitatif, mais aussi qualitatif.

 

 

High-tech et grande toque 

Une partie de l'investissement va en effet porter sur la construction d'une salle blanche dédiée au démoulage du foie gras ultrafrais. Le but est de pouvoir abaisser les barèmes de cuisson de 5 % à 6 %, tout en gardant une date de limite de consommation constante de six mois.

« Ce saut technologique va nous permettre de proposer des produits plus fondants, avec des qualités organoleptiques accrues, proches de ce que l'on trouve en restauration », s'enthousiasme Thierry Blandinières, qui voit là un bon moyen d'accélérer la croissance de Delpeyrat. La restauration haut de gamme est justement un autre levier de croissance privilégié pour se développer à l'étranger, notamment en Chine, au Japon et aux Émirats arabes unis. Et, pour cela, Delpeyrat vient de conclure un partenariat avec le chef étoilé Guy Martin, très connu au Japon, où il possède un restaurant à Osaka.

Une stratégie qui rejoint celle de la coopérative rivale, Euralis, et de sa marque Rougié, dédiée à l'export et au circuit de la restauration haut de gamme. Thierry Blandinières n'en fait d'ailleurs pas mystère : « Nous voulons rattraper Rougié en Asie. Nous avons la capacité d'apporter une caution et un savoir-faire sur ces marchés. » Mais les similitudes stratégiques avec Rougié s'arrêtent là.

Contrairement à Euralis, qui, en Chine, est sur le point d'acquérir sa deuxième ferme de canards, Maïsadour, après une tentative de coentreprise avec un partenaire chinois, a renoncé au développement d'une filière amont. Pour autant, la coopérative est sur le point de racheter un site industriel à Shanghai. L'opération devrait être finalisée d'ici le mois de juin. Elle permettra au groupe landais de produire sous la marque Delpeyrat des foies gras crus et transformés, ainsi que des produits à base de canard. Les clients pourraient être aussi bien les enseignes de la grande distribution que les restaurants et les épiceries fines. « Notre valeur ajoutée réside dans notre capacité à sélectionner les produits et à les orienter vers l'usage le plus approprié », insiste Thierry Blandinières.

 

 

Panaché de Bayonne 

Une stratégie de montée en gamme qui concerne aussi le second pôle d'activité de Delpeyrat, le jambon de Bayonne. Numéro un sur ce marché, la marque veut sortir le jambon de Bayonne de son positionnement terroir et en faire « un jambon de Parme à la française ». Un vaste dessein qui se traduit par une nouvelle segmentation de l'offre destinée à répondre à la diversité des attentes et à imposer la marque Delpeyrat dans les linéaires tout au long de l'année. Car Thierry Blandinières en est persuadé : la marque a autant besoin du jambon de Bayonne que du foie gras.

 

420 M €

 

Le chiffre d'affaires estimé au 30 juin 2011

Trois activités principales 270 M€

Le foie gras et les produits à base de canard 75 M €

Le jambon de Bayonne 65 M € Les plats cuisinés

 

Source : Delpeyrat

Les moyens

  • Investissement dans une salle de démoulage de foie gras ultrafrais
  • Partenariat avec le chef Guy Martin pour développer les ventes à l'exportation
  • Segmenter l'offre de jambon de Bayonne pour désaisonnaliser les ventes.

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