Marchés

Dernière ligne droite sous tension pour les industriels du foie gras

A quelques semaines de la saison festive, une délégation du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras était reçue ce jeudi 20 octobre 2016 au Palais de l’Elysée afin de faire un point sur la situation de la filière et le versement à venir des indemnisations.

Foie gras

A quelques semaines de la saison festive, les industriels du foie gras sont plus que jamais engagés dans une course contre la montre. Ces derniers réalisent 80% du chiffre de la filière au cours des deux derniers mois de l’année. Mais avec l’épizootie d’influenza aviaire qui a entrainé un trou de production pendant quatre mois, la saison revêt un caractère bien particulier. «Nous avançons dans la bonne direction. Il y aura bien du foie gras à Noël. L’augmentation des prix sera imperceptible pour le consommateur », a assuré Marie-Pierre Pé, déléguée générale du Cifog.

Très occupés les industriels de la filière ont cependant pris le temps ce jeudi 20 octobre 2016 d’accueillir Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire pour le traditionnel déjeuner annuel de la profession. Les discours s’enchaînent avant que le Ministre soit officiellement intronisé membre du cercle des amoureux du foie gras. « On compte sur lui. La partie est loin d’être gagnée », glisse discrètement un professionnel.

Quelques heures auparavant, une délégation du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras était reçue au Palais de l’Elysée par une conseillère de François Hollande. Au menu des discussions, les indemnisations qui tardent à être versées, notamment à la partie aval qui pour l’instant n’a pas reçu un seul euro.

Une facture de 500 millions d'euros

Si l’on tient compte de l’ensemble des maillons de la filière, cette crise a coûté 500 M€, dont 270 M€ au titre de la production et près de 220 M€ au titre des investissements nécessaires pour la mise en place des nouvelles règles de biosécurité.

Décidé au niveau de Bruxelles, le système des indemnisations ne peut être déclenché en théorie qu’en cas d’abattage des canards. Ce n’est pas la voie qui a été décidée d’un commun accord par la filière et les pouvoirs publics français. « Sur ce volet, le Ministre de l’agriculture a réussi à défendre le dossier français à Bruxelles et a obtenu une enveloppe de 130 M€ pour l’aval », reconnaît un professionnel.  Alors qu’un acompte de 50% a déjà été versé aux éleveurs, les industriels s’inquiètent de ne pas recevoir d’indemnisations et ne comprennent pas pourquoi ils ne le seraient pas. « La filière du foie gras est très intégrée. Il n’y a pas d’aval sans amont et inversement pas d’amont sans aval », a tenu a rappelé Marie-Pierre Pé. De fait, entre les nouvelles mesures du plan de biosécurité qui alourdissent le coût de production des canards et la fermeture pendant 4 mois des outils de production, la note s’élève à près de 260 M€ pour les industriels. « Notre priorité est de réussir la saison mais après rien n’est exclu », lâche en aparté l’un d’entre-eux.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter