Des augmentations générales toujours trop timides

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FOCUSLe coup de pouce espéré pour améliorer le pouvoir d'achat n'a pas eu lieu. Les enseignes ont, une fois de plus, privilégié les augmentations de salaires individuelles au détriment de hausses collectives.

Rien de vraiment notable cette année encore. Selon l'enquête menée par LSA qui recense près de 20 enseignes, l'effort salarial consenti par les entreprises en 2007 est resté modeste, avec des augmentations générales tournant toujours autour de 2,3% en moyenne. Quelques bonnes surprises néanmoins, comme la signature d'un accord chez Champion après trois ans de blocage et des revalorisations allant jusqu'à 4 % pour les niveaux 3 et 4. On peut également citer Metro, qui a accordé 2,7 % et obtenu la signature de l'ensemble des organisations syndicales représentatives. Et surtout Ed, qui a octroyé 2,7 % à 3,2 % d'augmentation contre 2,2 % en 2006.

Les grandes enseignes alimentaires, en revanche, n'ont guère montré l'exemple. Auchan, déjà peu connu pour sa générosité en matière d'augmentations générales, n'a attribué cette année que 1,3 %. Encore moins qu'en 2006 (1,5 %) !

 

Des négociations tendues dans l'alimentaire

Plus étonnant, car c'est vraiment une première, aucune organisation syndicale n'a signé chez Carrefour Hypermarchés, malgré un taux d'augmentation honorable, supérieur aux 2,3 % consentis l'année précédente. Une façon de sanctionner une offre jugée « trop minimaliste », selon FO commerce. « Les enseignes ne se sont pas montrées très imaginatives côté avantages sociaux, sans doute parce que les salaires ont occupé le devant de la scène », indique Dejan Terglav, le secrétaire général de FO commerce. À peine quelques petites compensations ça et là, comme l'octroi de tickets restaurants ou l'augmentation d'une prime de vacance réclamés de longue date.

Il faut dire que le climat dans lequel se sont déroulées les NAO (négociations annuelles obligatoires) dans la distribution alimentaire n'a pas été très propice à l'ouverture. C'est par un bras de fer entre syndicats et patronat qui, au final, s'est soldé par l'échec des négociations salariales de la branche, que les discussions se sont ouvertes dans les enseignes. L'objet du litige : le forfait pause, cette compensation rémunérant le temps de pause, égale à 5 % du taux horaire du Smic, censée s'ajouter à la rémunération de base, et qui a été englobée dans la grille 2006 par un bon nombre d'enseignes. « Cela a eu pour effet de gommer totalement l'augmentation du Smic », précise Dejan Terglav. FO, le syndicat majoritaire dans la distribution alimentaire, avait donné le ton en passant la consigne aux délégués centraux de ne pas signer les accords dans les entreprises lorsque le forfait pause n'était pas appliqué correctement.

 

Aucun accord signé dans le non-alimentaire

La situation n'a pas été meilleure dans la distribution non alimentaire, loin de là. Que ce soit dans le bricolage, l'ameublement, le textile-habillement ou les grands magasins et le commerce de centre-ville aucun accord salarial de branche n'a été signé en 2007. Pour certains secteurs, aucune revalorisation des minima n'est même intervenue depuis 2000 !

Traditionnellement moins bien lotie, la distribution spécialisée n'a donc pas échappé à la règle, avec des augmentations générales plus limitées. Quelques exceptions cependant comme chez Boulanger, qui a révisé ses augmentations légèrement à la hausse par rapport à 2006. Chez Conforama, seuls les salariés appartenant aux niveaux 1 et 2 ont bénéficié d'un petit mieux, soit 3 % contre 2 % en 2006. « Nous avons privilégié les collaborateurs dont les salaires se situent dans les plus bas de l'échelle afin d'éviter que les premiers niveaux de la grille ne soient rattrapés par le SMIC. L'augmentation ces dernières années du salaire minimal à conduit à l'écrasement des grilles de salaires de nombreuses entreprises et nous tenons à ce que le premier niveau soit légèrement supérieur au SMIC », explique Christophe Rastier, responsable rémunération et avantages sociaux. En revanche, les autres employés et les agents de maîtrise n'ont, quant à eux, obtenu qu'une revalorisation de 1,5 %, si bien qu'aucun syndicat n'a voulu signer l'accord. Mais la bonne nouvelle vient de Brico Dépôt, qui, pour la première fois, a accordé une augmentation générale de 1,5 % à ses employés et à certains de ses agents de maîtrise en plus des augmentations individuelles habituellement versées.

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Article extrait
du magazine N° 2021

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