Des écoles internes pour apprendre la culture maison

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CAS PRATIQUEFORMATION - Si la distribution considère les écoles de formation interne comme le meilleur moyen d'intégrer les nouveaux embauchés et de développer les compétences des salariés, elle l'utilise aussi pour renforcer le sentiment d'appartenance des salariés à l'entreprise et pour diffuser ses valeurs.

Jusque-là, les écoles de formation internes visaient à pallier les difficultés de recrutement des enseignes en façonnant des collaborateurs qui correspondaient exactement à leurs besoins, et à développer les compétences des salariés. Mais toutes se sont rendu compte qu'il était tout aussi primordial que leur école interne puisse renforcer le sentiment d'appartenance des collaborateurs à l'entreprise, et d'en diffuser ses valeurs. Objectif : lutter contre le turnover. « Une école ne facilite pas le recrutement, mais c'est un élément de rétention des salariés », indique Laurent Proux, DRH de Toys'R Us, qui a créé la Geoffrey School en 1996.

Des écoles qui portent un nom

La dernière enseigne en date à avoir pris conscience de tout le potentiel d'une école est Sephora, qui vient de lancer la Sephora University en début de mois. « Sa vocation est de faire de chaque collaborateur un véritable ambassadeur de la marque », explique Sandrine Bécaud, directrice de la formation Europe de Sephora. La chaîne de parfumeries sélectives formait évidemment depuis longtemps ses conseillères de vente en interne. Mais aujourd'hui, elle va plus loin : acte symbolique, l'école de formation de Sephora porte un nom. Une condition impérative pour Frédéric Jardin, DRH de Nocibé, qui a créé l'Institut de formation Nocibé (IFN) en 2002. « Cela participe de la visibilité que l'on donne à son école. Nos collaborateurs ne disent pas : « Je vais en formation », mais « Je vais à l'IFN. » Marionnaud semble partager cet avis. La chaîne de parfumerie sélective a elle aussi rebaptisé ses écoles de formation française et étrangère en juin dernier « Marionnaud Academy ».

Et quoi de mieux qu'un lieu physique et symbolique pour insuffler aux collaborateurs l'âme et l'histoire de leur entreprise ? Si certaines enseignes très décentralisées préfèrent des écoles itinérantes pour réduire les coûts logistiques, Sephora a misé sur un endroit unique. C'est l'ancienne maison de Dominique Mandono, le fondateur de l'enseigne, qui a été choisie. À l'intérieur, on retrouve les codes graphiques de l'enseigne et ses objets mythiques, comme les badges ou les gants portés à l'origine par les vendeuses. « Le lieu participe autant à la pédagogie que le contenu des programmes, insiste Sandrine Bécaud. Quand on fait une formation dans un hôtel, on perd de la matière. Sephora a une histoire, c'est important que nos collaborateurs en soient pétris. »

De leur côté, Marionnaud et Nocibé ont fait le choix de salles, voire d'étages dédiés, au siège de l'entreprise. « Sans toutefois déifier la notion de siège social, le fait que les collaborateurs s'y rendent leur permet de comprendre les différents métiers d'une part et de créer un lien entre le siège et les magasins d'autre part », indique Frédéric Jardin. Tandis que Toys'R Us pour sa « Geoffrey School » a, lui, choisi un bâtiment à côté du siège de l'entreprise. Les salles y portent notamment le nom de licences de jouets à succès (Spiderman, Cars, etc.).

Cultiver l'esprit de groupe

Et le sentiment d'appartenance à l'entreprise, cela se cultive aussi... chez les anciens. La Sephora University propose ainsi un nouveau cursus réservé aux experts seniors du soin de la peau. Chaque candidate est rigoureusement sélectionnée pour son aptitude de « chef d'entreprise », c'est-à-dire sa capacité à organiser un projet en magasin. Une fois la formation réalisée (sept jours au total, en deux sessions), les ex-stagiaires font partie d'un club, où sont organisés des événements qui leur sont exclusivement réservés. Pour Laurent Proux, « c'est justement le fait d'être sélectionné, d'appartenir à un programme et de suivre un parcours identifié qui fait la différence entre école de formation interne et catalogue de formation ». Pour Sephora, comme pour nombre d'enseignes, ces formations « sélectives », qui visent à faire évoluer les collaborateurs au sein de l'entreprise, viennent compléter les parcours de formation déjà existants destinés à accompagner la prise de poste de chaque nouveau salarié.

Reste que pour jouer pleinement son rôle de diffuseur des valeurs de l'entreprise, le projet d'école doit être porté par la direction générale. « La Sephora University est un projet à l'initiative de notre PDG Jacques Lévy, et que nous mûrissons depuis quatre ans », confirme Sandrine Bécaud. Une attitude volontariste pour laquelle plaide également Frédéric Jardin, selon qui « l'entreprise doit considérer son école comme un investissement et non comme un coût ». Les stagiaires doivent aussi ressentir que l'entreprise investit sur eux, en soignant notamment les aspects logistiques de ces séjours de formation. « Sinon, comment serai-je capable de développer leurs compétences vis-à-vis des clients si je ne sais pas correctement les prendre en charge pendant quelques jours ? », conclut Frédéric Jardin.

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Article extrait
du magazine N° 2065

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