Marchés

Des entreprises de volailles dénoncent les contrats avec les producteurs

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Les entreprises qui perdent des marges se retourneraient contre les producteurs.

Alors que la mise en place de la contractualisation prévue par la loi de modernisation de l’agriculture (LMA)  provoque d’énormes débats, le secteur de la volaille, qui fait l’objet de contrats pour 85 % des volumes et qui fait figure d’exception, prendrait actuellement le chemin inverse, dénonce Michel Prugue, nouveau président de la Confédération française de l’agriculture et président de Maisadour. «Les entreprises n’ont pas pu répercuter la totalité de la hausse du coût de l’alimentation animale, de 17 %, aux grandes enseignes. Il manque 7 ou 8 %. Comme ces hausses ne passent pas, elles se retournent vers les producteurs en dénonçant les contrats en cours pour baisser les prix, en invoquant le fait qu’ils ont perdu en deux mois le bénéfice de toute l’année. Il faut d’urgence mettre en place une indexation du prix des céréales en pied de facture à la distribution pour éviter cette situation». Compte tenu du degré d’intégration des producteurs, ceux-ci n’ont pas les moyens de se soustraire à la baisse de prix, affirme le dirigeant. «La distribution a parié sur le fait qu’après les fortes hausses des céréales, une baisse suivrait, comme en 2008. Or, ce n’est pas le cas, les prix ne baissent pas, au contraire». Le président de la CFA constate que la filière avicole perd en compétitivité, faute de moyens d’investir dans des outils modernes comme en Allemagne et en raison de la différence du coût de main d’œuvre. Il s’inquiète aussi du fort taux de promotion de la volaille en grande surface, qui toucherait un poulet sur deux. «On voit des poulets label à 2€99 le kilo. On se demande quelle entreprise peut vendre à ce prix»…
 

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