Des idées pour mieux gérer vos chariots

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Super U

Les directeurs de magasin le répètent en boucle : le chariot constitue le premier contact du client avec l'enseigne. De quoi justifier les investissements et évolutions ces dernières années : apparition de porte-scannettes sur les poignées, test de chariots où se clipsent les sacs de courses, développement de roues plus silencieuses, travail continu sur l'ergonomie ou le poids, illustré par le mélange métal-plastique... Bref, le chariot a su évoluer avec son temps. Mais il demeure deux préoccupations majeures. La première concerne le vol. En plus des larcins, « on a affaire à de véritables filières », s'alarme un directeur d'hyper, qui a vu des dizaines de chariots disparaître en une nuit. Le prix du métal attise les convoitises. La propreté, ensuite, reste une priorité. Des points sur lesquels certains magasins ont progressé en captant de bonnes idées.

100 € à 150 €

Le prix moyen d'un chariot de supermarché « classique »

360 000 km

La distance parcourue par un chariot en hypermarché pendant sa durée de vie

Source : fabricants

Super U lave et désinfecte ses chariots « sur site »

Le supermarché de Justices utilise une solution mobile de lavage imaginée par une entreprise adaptée. Les chariots sont nettoyés une fois par trimestre.

 

De loin, la machine ressemble à un petit van sur roues. En réalité, c'est une invention récompensée au concours Lépine, et apportant un service inédit aux magasins. Le « Clean'n Shop », c'est son nom, est une station de lavage mobile de chariots, permettant de laver et désinfecter jusqu'à 150 chariots par jour, sur le parking même du magasin.

« Elle est totalement autonome, elle ne nécessite aucun branchement au réseau d'eau, simplement de l'électricité », annonce Hugues Titard, directeur de l'entreprise adaptée (EA) Arceau Anjou, qui emploie des adultes handicapés, et qui est spécialisée à l'origine dans le lavage de bacs pour l'industrie.

 

Un sujet pris très au sérieux

Cherchant à se diversifier, Hugues Titard a eu l'idée de Clean'n Shop en discutant avec Luc Germond. Le directeur du Super U de Justices, dans le Maine-et-Loire, emploie déjà l'EA pour l'entretien des espaces verts du magasin, et souhaite lui confier une nouvelle mission. « Je lui ai parlé de ce qu'une cliente du magasin nous avait reproché il y a un an, explique Luc Germond. Elle trouvait que les chariots étaient sales et mal entretenus, par exemple que des détritus de salade restaient au fond. » Le directeur du Super U prend le sujet très au sérieux. « Le chariot est le premier contact du client avec notre magasin. Le problème c'est que, jusqu'à présent, pour les laver, il fallait les emmener par lot de 50. Or, il est difficile de nous en priver : nous n'en comptons que 350, et il serait dramatique qu'ils viennent à manquer à nos clients. Du coup, ils étaient seulement " lavés " par la pluie. Et jamais réellement désinfectés. »

Après six mois de R et D financés par une association du Crédit mutuel, Clean'n Shop est né en avril dernier. Ses spécificités ? Il est mobile, et peut donc laver les chariots sur le parking même du magasin ; il est économe en eau, puisque seulement 100 litres sont nécessaires pour 150 chariots. « Nous offrons des chariots plus propres à nos clients tout en respectant l'environnement et en faisant travailler des établissements adaptés », résume Luc Germond. Dorénavant, il va laver et désinfecter ses chariots chaque trimestre, ce qui lui coûte 2,50 € brut par unité. Clean'n Shop va désormais être produit dans le Maine-et-Loire et proposé en franchise aux EA et Esat (Établissement ou service d'aide par le travail) sur tout le territoire. Hugues Titard espère bien séduire la grande distribution et ses millions de chariots. Chez Système U, le système a été présenté lors de deux GEP (Groupe d'échange et de proposition), réunissant plusieurs associés d'une même zone géographique.

 

Comment ça fonctionne

La station de lavage mobile embarque 100 l d'eau et un désinfectant respectueux de l'environnement, permettant de laver 150 chariots dans la journée, soit 70 cl par chariot. Elle peut s'installer sur le parking du magasin, sachant qu'elle ne nécessite pas de prise d'eau, ni pour l'arrivée ni pour l'évacuation, mais seulement un raccordement électrique. À chaque fois, le personnel employé au lavage sera adulte et handicapé, le système étant développé dans le cadre des entreprises adaptées (EA) et des établissements ou services d'aide par le travail (Esat).

 

Le prix

2,50 € brut pour laver et désinfecter un chariot. Un prix qui peut varier selon le volume.

 

Des hypers s'équipent d'un antivol bloquant les roues

Une solution revisite le principe de blocage des roues de chariot en dehors d'une zone délimitée. Et cette fois, cela marche, plusieurs enseignes alimentaires l'ont adoptée.

 

C'était il y a dix ans, au bas mot, quelques hypermarchés avaient testé un antivol pour chariot d'un genre nouveau : les roues se bloquaient passée une certaine limite. Problème, il fallait que ce soit le personnel du magasin qui vienne débloquer le dispositif... Trop fastidieux. Depuis quelques mois, trois enseignes alimentaires ont adopté, en France, un antivol du même type, remis au goût du jour par le néerlandais Rocateq. Le principe : deux câbles sont enterrés autour du magasin, délimitant une zone à l'extérieur de laquelle le blocage de la roue du chariot va se déclencher, grâce à un appareil situé sur une roue. « Le premier câble envoie le signal de blocage, le second le signal de déblocage », explique Raynald Leonard, directeur commercial de Rocateq France. C'est là la grande innovation : en revenant dans la zone « autorisée », le client débloque automatiquement l'antivol. Le signal de blocage-déblocage est produit par une centrale située en magasin, qui émet en permanence un signal à travers les câbles. « Nous allons proposer un câble unique pour les deux signaux », indique le directeur commercial de Rocateq.

 

300 chariots volés

Les enseignes qui ont adopté le dispositif sont de deux types : des hypermarchés, « dont l'un a déploré jusqu'à 300 chariots volés en un an », déclare Raynald Leonard. De fait, le vol s'est accru ces dernières années, sous l'effet de filières organisées, notamment dans le vol de métal. Autre typologie, les magasins alimentaires plutôt urbains, victimes « d'emprunts » répétés de chariots, ensuite abandonnés, polluant ainsi les environs et attirant les remontrances des municipalités. Une signalétique adaptée est apposée sur les abris de chariots et sur les chariots eux-mêmes, afin d'expliquer le principe aux clients, tandis que certains magasins ont choisi de délimiter la zone « autorisée » au sol avec de la peinture.

 

Comment ça fonctionne

Le système de protection se compose d'un câble d'antenne enterré, en liaison directe avec une centrale située en magasin. Laquelle émet en permanence un signal qui parcourt le câble délimitant une zone, à l'extérieure de laquelle se déclenche le blocage d'une roue spéciale du chariot. La zone est délimitée par un marquage au sol. La roue se débloque automatiquement quand le chariot revient dans la zone.

 

Le prix

Entre 80 et 100 € pour équiper un chariot.

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Article extrait
du magazine N° 2280

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