Marchés

Des manettes de jeu trépidantes

L'arrivée de la technologie du « retour de force » dans les manettes de jeu vidéo a révolutionné les gammes et tiré les prix vers le haut. Deux systèmes, concurrents au départ, tendent à converger.

Pour tous les amateurs de jeux vidéo, il y a eu un avant et un après « retour de force » (« force feedback », ou FFB en anglais). Apparu en 1996 sur un marché de la manette de jeu apathique en termes d'innovations, le FFB, lancé par la société américaine Immersion, a introduit une nouvelle dimension dans le jeu multimédia. Désormais, le joystick tressaute dans la main du joueur lorsqu'il utilise sa mitrailleuse. Le volant donne un à-coup brutal lorsque sa voiture percute un adversaire ou un obstacle.

Des standards enfin compatibles

Le secret : les fabricants ont introduit des moteurs et des processeurs dans leurs manettes - le prix s'en est ressenti ! - et les éditeurs de jeux ont modifié leurs programmes en conséquence. La France a eu la révélation de ce nouveau procédé en avril 1996, avec le lancement du joystick FFB de Microsoft. La firme de Bill Gates, qui s'est empressé de développer sa propre technologie pour concurrencer celle d'Immersion, débarquait dans les points de vente avec des bornes de démonstration très concluantes. Depuis, beaucoup d'autres fabricants ont rejoint le club, tels que Logitech, principal concurrent de Microsoft dans l'Hexagone, tout comme Saitek, SC & T, CH Products, le Français Guillemot, etc.

En 1997, Immersion et Microsoft ont fait l'effort de concevoir une plate-forme commune afin d'assurer une compatibilité entre leurs deux systèmes. Désormais, les consommateurs sont assurés que leur joystick FFB fonctionnera avec tous les jeux gérant les effets de retour de force. Les deux protagonistes continuent toutefois à développer, chacun de leur côté, de nouvelles fonctionnalités logicielles dont ils conservent jalousement l'exclusivité.

Côté matériel, les différences ne sont pas moins nombreuses. Tous les joysticks FFB sont animés par un petit moteur interne, mais là où certains transmettent le mouvement par un jeu d'engrenages, d'autres utilisent des courroies ou des câbles d'acier. La connexion au PC est également le sujet de divergences de vues, certaines solutions étant jugées plus efficaces que le traditionnel branchement sur la carte son. Enfin, le dispositif permettant d'assurer le suivi du mouvement imprimé par le joueur diffère selon les marques, Microsoft ayant remplacé les classiques potentiomètres par des caméras digitales.

Autant dire que, pour l'heure, rien n'est figé. Heureusement, les fanatiques de jeux, d'un naturel fougueux, font peu de cas de ces subtilités techniques, et la part des joysticks FFB dans les ventes de périphériques de jeu n'a pas fini de grimper.

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