Des pôles commerciaux au coeur des aéroports de Paris

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Aéroville et Coeur d'Orly devraient puiser leur clientèle parmi plus de 100 000 salariés travaillant dans les deux aéroports, auxquels s'ajoute le flux des emplois indirects et des voyageurs en séjour sur les sites hôteliers.

Les aéroports de Paris sont de véritables villes. Or, toute ville a des besoins très vastes de consommation. Ces aéroports nécessitent donc l'installation de pôles de commerces et de services ! Ce parfait syllogisme inspire deux grands projets qui devraient faire date : Aéroville à Paris-Charles-de-Gaulle à l'horizon 2011, et Coeur d'Orly sur Paris-Orly d'ici à 2015. L'un et l'autre sous la houlette du groupe Aéroports de Paris, propriétaire des terrains et soucieux de valoriser son patrimoine foncier.

Confié à l'aménageur Unibail, Aéroville est, des deux projets, le plus avancé dans sa forme future. Installé sur les communes de Tremblay-en-France et de Roissy-en-France, en bordure de l'autorou- te A1, « ce sera un lieu unique sans précédent en Europe et dans le monde », assure Michel Dessolain, le PDG d'Espace Expansion (groupe Unibail). De fait, la structure conçue par l'architecte Christian de Portzamparc et dévoilée le 7 novembre ne ressemble à aucun référent existant en matière de centres commerciaux. Pour ne pas perturber la planéité des zones aéroportuaires, le concepteur jouant l'horizontalité a imaginé un bâtiment donnant l'impression que « la terre se soulève et forme un pli courbe ». Sur cette sorte d'affleurement géologique gris métallisé semble flotter un gigantesque cristal de quartz rose... qui sera en fait un restaurant panoramique.

Une bulle de quiétude

Car Aéroville se présente en « lieu de vie au coeur de la ville aéroportuaire », définition correspondant aussi parfaitement à Coeur d'Orly, qui devrait voir le jour entre les communes d'Orly, de Rungis et de la Ville de Paris (lire entretien ci-contre).

L'un et l'autre site ont à leur pied un vaste vivier de clients potentiels puisque Orly et Paris-Charles-de-Gaulle emploient ensemble plus de 100 000 personnes. En intégrant les emplois indirects, on gravite même autour de 300 000 !

« Il faut donc offrir in situ tous les biens et services nécessaires à la vie quotidienne, explique-t-on chez Unibail. Et répondre aussi au désir d'évasion et de loisirs d'une population qui travaille dans le stress des départs, et qui souhaite trouver une bulle de quiétude. » Le profil adouci d'Aéroville se reflétera donc à l'intérieur dans la courbe de son avenue commerciale, dans ses plazzas éclairées à la lumière naturelle et de ses espaces arborés. Un lieu de « déconnection », où l'on trouvera espaces de détente, restaurants, coiffeurs, crèche-garderie...

Côté commerces, les équipements de Roissy et d'Orly n'auront évidemment rien de commun ni de redondant avec l'offre de luxe ou d'impulsion des Boutiques Aéroports de Paris pour les passagers en transit disposant de peu de temps.

La cible prioritaire d'Aéroville sera celle des actifs travaillant sur le site de Paris-Charles-de-Gaulle. « Une clientèle à la typologie extrêmement diversifiée, souligne Olivier Coutin, directeur adjoint du développement d'Unibail, qui va des pilotes et cadres aux catégories d'emplois peu qualifiés. » Les boutiques et la douzaine de moyennes surfaces du centre - dont 35 % dédiées à l'équipement de la personne - devraient donc balayer le moyen et haut de gamme. En couvrant aussi l'offre sports, culture et loisirs. Aéroville, qui se revendique comme un « signal fort » érigé en entrée et en emblème de l'aéroport, accueillerait volontiers des magasins amiraux d'enseignes de prestige, comme Apple ou Nike. Enfin, les horaires très décalés du personnel de l'aéroport devrait imposer au futur site des plages d'ouvertures beaucoup plus large que ceux des centres commerciaux classiques.

L'esprit « dimanches à Orly »

Deuxième cible, les pôles en projet veulent aussi faire leur clientèle des voyageurs en transit dans les hôtels voisins. C'est même la priorité de Coeur d'Orly, qui, en misant sur le tourisme d'affaires, entend devenir un pôle majeur du Sud francilien. Le projet n'est pas aussi détaillé que celui de Roissy, mais si la priorité va aux offres de services, le commerce ne s'imposera pas moins comme composante de vie et pourrait trouver sa place en bas d'immeubles.

Si Coeur d'Orly et Aéroville constituent des formes de « commerce dédié » assez uniques en leur genre, ces équipement ne feront pas pour autant abstraction des chalands riverains, qui devraient aussi y trouver leur compte. Ainsi « Coeur d'Orly ne sera qu'à quelques minutes en voiture de la porte d'Orléans », souligne Jila Darabiha. Quant à Aéroville, il devrait recruter du côté de la Picardie. « Si les centres Rosny 2 et Parinor verrouillent le sud de Roissy, en revanche, nous avons une vraie capacité d'attraction au nord, grâce à l'autoroute A1 », précise Olivier Coutin. Le personnel des aéroports, les voyageurs ou les riverains devraient en tout cas retrouver dans ces lieux de vie et de commerce un peu de l'ambiance « des dimanches à Orly » évoqués par Michel Dessolain le jour de la présentation du projet. Un peu du charme d'hier au goût de demain.

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Article extrait
du magazine N° 1929

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