Des salariés de moins en moins confiants, mais motivés

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Changer de poste ou travailler plus pour gagner plus, tel est le leitmotiv des salariés sondés par Michael Page. S'ils estiment que les enseignes font des efforts pour revaloriser les employés et améliorer la formation, ils sont unanimes : les conditions de travail se sont dégradées.

 La grande distribution a toujours souffert d'un déficit d'image. Elle attire du monde parce qu'elle offre un niveau de responsabilité élevé malgré des salaires qui ne correspondent pas forcément à cela.
La grande distribution a toujours souffert d'un déficit d'image. Elle attire du monde parce qu'elle offre un niveau de responsabilité élevé malgré des salaires qui ne correspondent pas forcément à cela. © DR

Sur deux points au moins, les quelque 500 personnes du monde du commerce qui ont répondu au questionnaire de Michael Page dévoilé en exclusivité par LSA sont d'accord : elles jugent que leurs conditions de travail sont plutôt bonnes (68%, soit 8 points de plus par rapport à 2011, date du dernier questionnaire) et que « leur rémunération est à la hauteur de leurs compétences » (43%, contre 37% il y a dix-huit mois). « Il y a une prise de conscience de la part des distributeurs qui ont essayé de revaloriser les salaires depuis trois ans », souligne Anthony Buchenet, associé chez Michael Page, sans donner de chiffre plus précis. Pourtant, selon Bern Terrel, directeur du département commerce et marketing du cabinet de conseil en recrutement, Hudson, « les salaires dans la distribution n'ont pas vraiment augmenté cette dernière année, sauf à changer d'employeur ». Celui-ci chiffre de 10 à 15% l'augmentation de salaire pour les managers qui franchissent le pas. Pourtant bien plus que dans d'autres secteurs.

 

Plus d'opportunités professionnelles

Hormis les salaires, l'amélioration des conditions de travail est aussi passée par la formation, puisque, toujours du point de vue des salariés, plus de la moitié considèrent que les enseignes en ont proposé davantage, et 40% se sont vu offrir plus d'opportunités professionnelles. « Par rapport à d'autres secteurs, comme la banque et l'assurance, les salariés restent motivés », observe Anthony Buchenet. Autant d'efforts qui n'ont pas suffi à redorer l'image de la grande distribution en tant qu'employeur. Près des deux tiers des salariés (60% exactement) estiment qu'elle n'a pas progressé dans ce sens-là. Ce n'est pas nouveau. « Le secteur a toujours souffert d'un déficit d'image, commente Anthony Buchenet. Mais paradoxalement, il attire du monde parce qu'il offre un niveau de responsabilité élevé malgré des salaires qui ne correspondent pas forcément à cela. » Un employé sur quatre a toujours une mauvaise image de la distribution, mis à part dans le commerce spécialisé, où ils sont 31%.

Pour le reste, dans l'un des rares secteurs encore dynamiques en termes d'emploi, les salariés sont d'abord motivés par le changement de rémunération (73%) et par l'intérêt du poste (73% également), deux facteurs au coude à coude. Viennent ensuite, loin derrière, les perspectives d'évolution (42%), la localisation géographique (27%), la dimension internationale de l'entreprise (15%), son image (13%) et l'engagement social et environnemental (9%). « Les candidats à la mobilité réfléchissent à deux fois avant de quitter leur job, même si, pour ne pas laisser passer une opportunité, presque la moitié sont prêts à changer de région », précise Anthony Buchenet. 45%, en effet, se disent capables de migrer dans une autre région, voire dans un autre pays pour saisir une offre d'emploi. Et c'est dans le secteur de l'e-commerce que les candidats sont les plus mobiles à l'international (56%). Des chiffres surestimés ? « Beaucoup d'enseignes demandent de la mobilité, mais il y a une grande disparité selon les entreprises, souligne Anthony Buchenet. Le chiffre de 45% paraît énorme. La réalité doit être plus proche de un sur trois. »

 

Les spécialistes plus pessimistes

Concernant l'évolution du marché de l'emploi, le pessimisme domine. De 75% en avril 2011, la confiance dans ce dernier est tombée à 58%. Et c'est dans la grande distribution spécialisée et dans l'e-commerce que l'on trouve la plus grande proportion de pessimistes : seuls 48% et 44% sont encore confiants. Même jugement sur les conditions de travail. De 42% en avril 2011, la proportion de mécontents est passée à 46% aujourd'hui. Mais, paradoxalement, dans le même temps, 12% jugent qu'elles se sont améliorées, contre 8% en 2011. Les principales raisons de ce désamour portent sur l'ambiance de travail, jugée mauvaise par 36% des interrogés, le manque de reconnaissance (33%). Fait étonnant : la pénibilité arrive en dernier, à 11%. Ce qui n'empêche pas les salariés de la grande distribution de vouloir travailler plus si la flexibilité du temps de travail était introduite par le gouvernement. Ils sont 67% à le dire, dont 64% dans la grande distribution alimentaire, et 61% dans la grande distribution spécialisée. Ils sont beaucoup moins nombreux, en revanche, dans l'e-commerce (56% seulement).

Méthodologie

L'enquête a été menée entre le 24 octobre et le 4 novembre 2012 auprès d'employés du secteur de la distribution et de candidats chez Michael Page. 491 personnes issues de la grande distribution alimentaire, spécialisée, de réseau de détail et de l'e-commerce, ont répondu au questionnaire. La moitié occupent une fonction de gestion de centre des profits (responsable de département, directeur de magasin, directeur régional...).

Travailler plus pour gagner plus

Si le gouvernement introduisait de la flexibilité sur le temps de travail, seriez-vous prêt(e) à travailler plus ? (%) 67% le total 64% Grande distribution alimentaire 61 % Grande distribution spécialisée 79% Réseau de détail 58% Réseau sélectif (luxe) 56% E-commerce 72% Autres circuits Une majorité d'employés du secteur se disent prêts à travailler plus si la flexibilité du temps de travail est introduite. C'est surtout vrai pour le réseau de détail et pour les enseignes succursalistes de centres-villes. Estimez-vous que la grande distribution a fourni des efforts récemment pour améliorer son image auprès des salariés ? (%) 60% le total 51% Grande distribution alimentaire 64% Grande distribution spécialisée 62% Réseau de détail 61% Réseau sélectif (luxe) 60% E-commerce 66% Autres circuits Presque les deux tiers des employés sondés estiment que la grande distribution n'a pas fourni les efforts nécessaires pour améliorer son image auprès des salariés.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2251

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA