Des vins à 6° pour consommer plus sobre

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Une société bordelaise propose aux vignerons d'élaborer des vins à 6°. Une réponse aux nouveaux modes de vie et à la baisse de consommation qui n'est pas du goût de tous.

La Lirisation, vous connaissez ? En moins d'un an, ce procédé, inventé par une entreprise bordelaise spécialisée dans la filtration du vin, le groupe Michael Paetzold, a déjà séduit une vingtaine de vignerons. Il existe ainsi une communauté de liristes, avec ses lirisateurs, une marque (Lir) et même un relais sur la Toile.

L'aventure démarre au début de l'année, avec la mise sur le marché d'un nouveau procédé présenté comme révolutionnaire. « À la différence des interventions chimiques, qui font perdre beaucoup d'arômes et nécessitent un rajout de sucre, la Lirisation repose sur une succession de procédés physiques qui permet d'abaisser à 6° le taux d'alcool des vins tout en préservant l'identité de leur terroir », explique Mark Huntingdon, chargé de mission de Lir Sarl, une filiale du groupe Michael Paetzold.

Cette innovation brevetée a nécessité quatre ans de travail et des centaines d'essais avant d'obtenir « le meilleur équilibre oenologique avec le minimum d'alcool ». À 6°, le Lir affiche le même taux d'alcool que certaines bières. Et contient deux fois moins de calories qu'une bouteille à 12°, sachant que 70 % des calories du vin proviennent de l'alcool (12 à 14 %/g) .

Question : cela ressemble à du vin, cela à le goût du vin mais est-ce encore du vin ? « Légalement, nous n'avons pas le droit de parler de vin, mais d'une boisson fermentée à base de raisin », précise Mark Huntingdon. Cette nuance est à l'origine d'une polémique, les uns considérant que le Lir n'a rien à faire dans l'univers du vin et que « l'alcool est une constituante fondamentale du goût ». Les autres, estimant au contraire que ce produit y a toute sa place. Pour Raphaël Morise, responsable marketing et communication de Cheval Quancard, à Bordeaux, c'est un faux débat : « On reproche au monde viticole d'être trop attentiste. Mais dès qu'il tente d'innover, il essuie des critiques. La consommation ne cesse de baisser et les modes de vie évoluent. Nous devons en tenir compte. »

Premier test en GMS

Cheval Quancard est parmi les premiers à avoir eu recours à la Lirisation. Une gamme de trois vins, baptisée Real 6, a été créée. Prix de la bouteille : moins de 4 E. « Ce concept marche surtout en restauration et à l'export », reconnaît Raphaël Morise. Le responsable des achats vins des Géant Casino, Sébastien Legat, s'interroge : « Je ne suis pas sûr qu'il y ait une attente en GMS... » La recherche de produits moins alcoolisés est plus systématique après un repas au restaurant lorsqu'il s'agit de reprendre le volant ou le travail.

À la tête des Caves de Beauval, en Touraine, Dominique Simonet a réussi à faire entrer son produit en test (un rosé) dans l'Intermarché de Valençay, « une trentaine de bouteilles, vendues 4,50 E ». Une première qui devrait donner de précieuses indications sur le potentiel de la Lirisation en GMS.

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Article extrait
du magazine N° 1920

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