Deutsche Bank entre chez Cora

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

La Commission approuve le rachat par Deutsche Bank des 42,39 % de GMB-Cora. Reste à savoir quelle sera l'attitude de Philippe Bouriez, président de Cora.

Le pire est-il possible entre Cora et Casino ? Difficile à dire. Mais un clash n'est plus à écarter, au vu des derniers rebondissements de l'affaire qui les oppose depuis l'annonce officielle le 16 octobre du rachat de la participation de 42,39 % que détenait Carrefour dans le capital de Cora, par la Deutsche Bank - une participation promise, sous certaines conditions, à Casino. Et Opéra, la centrale d'achats commune à Casino et Cora, pourrait faire les frais de cette hypothétique rupture (voir LSA n° 1742).

À l'étonnement général, en effet, Philippe Bouriez, le président de Cora, n'a pas hésité à assigner en référé son propre allié en même temps que les deux autres acteurs de l'opération. Sa demande de mise sous séquestre des 432 910 actions de GMB (la société mère de Cora et Match France), objets du litige, a cependant été déboutée le 25 octobre par le tribunal de commerce de Paris. Quelques heures après l'approbation par la Commission européenne de la cession par Carrefour de cette participation et des conditions de sa reprise.

Pour le tribunal de commerce, Carrefour peut tout à fait « user du droit de céder librement des actions, dont la propriété ne lui est pas contestée, et en percevoir le prix ». Le juge rappelle par ailleurs que le protocole d'accord signé entre Cora et Casino concernant la constitution d'Opéra a prévu le cas où l'un des deux alliés tenterait d'entrer « par effraction » dans le capital de l'autre, comme Cora le reprochait à son allié.

Une lourde indemnité

Si ce reproche est avéré, ce que seul le juge de fond a le pouvoir d'apprécier, « l'autre partie a la faculté de dénoncer le protocole et d'obtenir une indemnité », précise le jugement. Selon Casino, cette indemnité dégressive avoisinerait 60 millions d'euros aujourd'hui et 17 millions dans cinq ans, date butoir dont dispose le groupe stéphanois pour exercer son option.

L'avis de la Commission est tout aussi cinglant. Les services de Mario Monti n'ont même pas jugé bon d'examiner les trois autres propositions de reprise émises par BNP Paribas, Merrill Lynch et surtout par Louis Delhaize (le groupe contrôlé par les Bouriez) propriétaire du restant du capital de GMB, qui proposait environ 400 millions d'euros (contre 850 millions offerts par la Deutsche Bank). Ruinant ainsi l'espoir de Philippe Bouriez de racheter une participation qui avait quitté le giron familial depuis 1996. En outre, Bruxelles ne voit aucun inconvénient au fait que Casino soit « un repreneur très probable de GMB-Cora ». Cette situation, estime la direction de la concurrence, « permettrait à Cora de continuer à fonctionner en tant que pôle de concurrence active et serait susceptible de recueillir les autorisations des autorités compétentes ».

Pour l'instant, ni Philippe Bouriez ni ses conseillers n'ont précisé quelles suites ils comptaient donner à l'affaire. Ni quel accueil sera réservé à Deutsche Bank. Les relations avec le nouvel actionnaire seront-elles aussi inexistantes qu'avec Carrefour, qui n'avait même pas un strapontin au conseil d'administration de GMB ? La banque allemande et Casino ont désormais cinq ans pour essayer de convaincre les Bouriez de leurs bonnes intentions. Casino continuant d'affirmer que l'opération vise à préserver son allié d'assauts extérieurs et n'a donc rien d'hostile.
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1743

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA