Développement durable : Les technologies de demain

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DOSSIER La transition énergétique des distributeurs s’accélère d’autant plus que de nouvelles solutions émergent sur le marché. 

La solution Alapalu Reflect de Colas réfléchit la lumière du soleil et permet d’abaisser la température ambiante à  l’intérieur du bâtiment.
La solution Alapalu Reflect de Colas réfléchit la lumière du soleil et permet d’abaisser la température ambiante à  l’intérieur du bâtiment.

Pour suivre ce mouvement, Carrefour a notamment organisé un Salon des innovations et des énergies, en octobre dernier, pour présenter à son réseau les technologies du futur. Certaines sont d’ailleurs en test sur un ou plusieurs magasins. Parmi les solutions présentées, quelques systèmes gagnent en maturité et s’imposent désormais sur le marché, comme les panneaux solaires photovoltaïques. D’autres se révèlent clairement innovantes, comme la production de froid avec des aimants. Rapide tour d’horizon de nouveautés qui permettent encore de gagner en efficacité énergétique !

La mutation du photovoltaïque

Cette technologie n’est en soi pas nouvelle, mais des systèmes plus performants font leur entrée sur le marché. L’installation SmartFlower d’EDF ENR permet d’optimiser l’usage des panneaux photovoltaïques, puisque le dispositif s’oriente et s’incline selon la course du soleil, à l’image d’un tournesol. Résultat, la production d’énergie augmente de 40% par rapport à une solution fixe, assure le fabriquant. Et si le vent devient trop violent, le dispositif se replie pour éviter d’endommager les panneaux. Le tarif varie de 20 000 à 25 000 €, matériel et installation compris. D’autres solutions, comme OK Wind, cumule l’atout du photovoltaïque et de l’éolien. Ainsi, le dispositif fonctionne en permanence, utilisant l’un ou l’autre selon les conditions climatiques. Dans les deux cas, ces solutions servent pour de l’autoconsommation, avec un stockage dans des batteries. Le ROI tourne autour de dix ans avec le photovoltaïque.

De la peinture pour rafraîchir les bâtiments

Chaque bâtiment émet de la chaleur. Colas s’est attelé au problème et propose un revêtement spécial pour les toits afin de faire baisser la température à l’intérieur du bâtiment entre 2 à 3 °C. Aux États- Unis, ce produit se trouve déjà largement répandu, et il a même été rendu obligatoire en Californie. La meilleure performance s’obtient avec du blanc, mais d’autres couleurs sont possibles La solution Alapalu Reflect de Colas réfléchit la lumière du soleil et permet d’abaisser la température ambiante à l’intérieur du bâtiment. en colorant le produit. Le prix varie de 10 à 20 €/m2 pour un retour sur investissement entre deux à trois ans.

Le coulis de glace pour stocker l’énergie

Ce générateur permet de réduire la puissance frigorifique installée.

Engie a amélioré le stockage d’énergie via un générateur de coulis de glace. La réfrigération passe par un échangeur de plaque qui gèle un mélange d’eau et d’alcool, et sert ensuite à la réfrigération des systèmes. Le spécialiste de l’énergie précise que ce procédé permet de baisser de 20 à 50% le besoin énergétique d’un frigo installé. Cela représente une solution pour gérer le principe d’effacement chez les distributeurs. À savoir, ne plus s’alimenter sur le réseau, mais subvenir à sa propre consommation d’énergie.

Des meubles froids aux portes plus isolantes

La fermeture des meubles froid a généré de fortes économies d’énergie chez les distributeurs.

Saint-Gobain, spécialiste du vitrage, commercialise depuis peu Eko Vision II, un verre double vitrage destiné aux meubles froid traités antireflet et dont la performance énergétique a été accrue. Ainsi, côté consommateurs, la visibilité des produits est optimale. Et pour le distributeur, la facture d’électricité s’allège. Même si en investissement initial, ce verre se révèle 2 à 3 fois plus cher qu’un double vitrage classique. Mais le coefficient de performance énergétique d’Eko Vision II est de 1,1 kW/m2 de vitrage, soit presque trois fois plus isolant qu’un verre antireflet (3 kW). Si on convertit en euros, le gain est de 240 € par mètre linéaire par an, sachant que la France a une électricité peu coûteuse.

Du froid avec des aimants

Sans gaz, la production de froid de Colltech est assurée par des aimants.

Avec Cooltech Applications, on part sur un système de réfrigération magnétique, basé sur un principe magnéto-calorique, où l’on produit du froid et du chaud sans gaz. La consommation d’énergie se trouve diminuée de 40 à 50% grâce à l’usage d’aimants rotatifs, l’énergie étant transportée par un fluide caloporteur (par exemple de l’eau glycolée). Il s’agit d’une technologie de rupture, dont le prix reste pour l’heure très élevé, mais qui représente une vraie voie d’avenir. L’objectif, in fine, consistant à apporter un ROI sur trois ans avec un prix mature.

La climatisation au CO2

Le CO2 devrait s’imposer à l’avenir pour la climatisation.

La climatisation représente un poste énergétique important dans un bâtiment et, pour faire baisser la facture, des solutions utilisant du CO2 débarquent sur le marché. L’avantage de ce gaz est qu’il est complètement inoffensif comparé aux autres fluides chimiques utilisés normalement. Le tout à une pression moins importante et avec une meilleure capacité de froid. Le coût du système Mita, par exemple, est 30 à 40% plus élevé qu’un système standard, mais le ROI est attendu en moins de trois ans.

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Article extrait
du magazine N° 2391

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