Digital Retail: Carrefour et le chantier du e-commerce, les nouveaux business modèles du rasoir, la distrib américaine contre Google

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Carrefour et l’éternel chantier du e-commerce

N’est pas à la pointe du e-commerce qui veut. Et Carrefour, qui présentait jeudi dernier ses résultats annuels 2011 sait sans doute que, dans ce domaine, il n’est pas à classer dans la catégorie des « cadors ». Qu’à cela ne tienne, Lars Olofsson, le futur ex-Pdg du groupe, s’est néanmoins fendu d’un satisfecit en louant, parmi les actions lancées en 2011, « l’accélération de la stratégie multicanal. » A savoir, en plus du drive, le fait d’avoir confié son site marchand non-alimentaire à Pixmania… En clair, et même si c’est un peu méchant, Carrefour se réjouit d’avoir dû admettre son échec sur le e-commerce non-alimentaire, en se tournant vers un spécialiste pour assurer la bonne gestion des plateformes techniques et logistiques. Un peu léger comme bilan…

Reste que cet accord avec Pixmania, conclu en juillet 2011 et progressivement opérationnel depuis novembre, va maintenant passer à la vitesse supérieure. C’est en tout cas la promesse faite par Noël Prioux, directeur exécutif de Carrefour France. « Nous allons lancer le site de manière beaucoup plus musclée à compter du deuxième trimestre 2012 », promet-il. On devrait ainsi y trouver un large choix de près de 15.000 références, « soit dix fois plus qu’en hypermarché. » Peut-être ainsi Carrefour pourra-t-il enfin trouver son rythme de croisière sur un marché qui l’aura vu, au fil du temps, longtemps chercher sa voie.

C’est cruel à rappeler mais, en cinq ans, le site de e-commerce du groupe aura en effet changé de nom quatre fois; et de vocation encore plus. Carrefour-media.fr, consacré aux produits high-tech, est devenu Boostore en 2006, proposant une large gamme de produits allant de la culture à l'électroménager en passant par l’informatique ou les fleurs. Las, la transformation ne s’est pas accompagnée d’une amélioration du parcours client, toujours aussi compliqué. En 2008, Boostore devient carrefouronline.fr, sans que le succès soit davantage au rendez-vous, avant que le groupe ne décide à progressivement se recentrer sur son portail,carrefour.fr, à partir de 2009.

Des revirements incessants pendant qu’un Casino, de son côté, développait tranquillement son activité autour de Cdiscount. Ce n’est donc pas un hasard si le groupe stéphanois, lui, le 28 février, une semaine avant Carrefour, annonçait lui des résultats autrement plus flatteurs : un chiffre d’affaires en hausse de 14,3% pour Cdiscount, à 1,1 milliard d’euros. Et même, insistait Jean-Charles Naouri, le Pdg de Casino, « des ventes en non-alimentaire globalement en hausse de 2,6% à l’échelle du groupe, le retrait enregistré dans les hypermarchés Géant étant plus que compensé par le succès de Cdiscount. »

J.-N.C.

 

Lames de rasoir, tampons périodiques… De nouveaux business modèles

« Vous aimez dépenser 20 dollars par mois pour des rasoirs de marques ? » Plus de 2 millions d’internautes ont déjà vu Mike, celui qui se présente comme le Pdg de www.DollarShaveClub.com, leur dire en gros que les fabricants de lames de rasoir les prenaient « pour des pigeons » pour reprendre un terme prisé dans les entreprises low-cost. Une vidéo très drôle qui a réussi son coup. Faire parler de sa jeune entreprise qui se lance à l’assaut des Wilkinson Sword (groupe Energizer) et Gillette (Procter & Gamble). Mais au-delà du marketing sympathique, la société tente d’imposer aux Etats-Unis un business model, celui de l’abonnement dans les lames de rasoir comme tente de le faire Raz-War en Europe. On s’inscrit sur le site, on choisit son modèle de lames (le 2, le 4 ou le 6 lames) et tous les mois on reçoit ses boîtes pour 1, 6 ou 9 dollars par mois. Un modèle que la société britannique Trinkets tente aussi d’imposer dans les tampons hygiéniques ou encore l'autre britannique Bonbon dans les baumes pour les lèvres. Un modèle naguère très prisé dans les produits culturels (France Loisir pour le livre, Club Dial pour le disque) qui tente de s’installer dans les produits de grande consommation. Même si les prix pourraient séduire des consommateurs en mal de pouvoir d’achat, ces derniers pourraient aussi être rebutés par le manque de liberté du système.  

 

La distribution américaine contre Google sur le paiement mobile

Après avoir fait main basse sur la musique et posé des jalons dans la vidéo, l’édition ou la presse, les stars du numérique (Apple et Google) vont-ils s’accaparer le paiement sur mobile ? C’est la crainte d’une grande partie de la distribution américaine. Pas étonnant que des grands distributeurs comme Wal-Mart, Target, et une vingtaine d’autres selon le Wall-Street Journal travaillent en secret à mettre au point un service de paiement sur mobile concurrent (dont on ne sait pas grand-chose aujourd’hui) des Isis et autres Google Wallet. Ce dernier, lancé fin 2011 aux Etats-Unis se déploie rapidement et serait utilisable dans 22 grandes enseignes américaines. En France, le service Cityzi de l’Association française du sans contact mobile est actuellement toujours testé dans les villes de Nice et Strasbourg. Les grandes enseignes de distribution sont elles réunies au sein d’Ergosum, groupe de réflexion du pôle de compétitivité Industrie du Commerce de Lille.

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