Digital Retail: La France, cancre de la classe internet en 2016

|

La France, cancre de la classe internet en 2016

La France est-elle nulle dans le business de l’internet ? Le Boston consulting group (BCG), qui a publié la semaine dernière une étude sur l’évolution du business engendré par le net ces quatre prochaines années, n’est pas loin de le penser. Et par internet il est ici principalement question de e-commerce. Ainsi, selon le BCG, internet devrait représenter moins de 3,5% du PIB hexagonal en 2016 contre près de 3% en 2010, soit une évolution quasi nulle. Cette étude qui porte sur l’ensemble des pays du G20 place ainsi la France à une peu glorieuse 13ème position. Loin très loin derrière la Grande-Bretagne dont internet et le e-commerce devraient représenter près de 13% du PIB en 2016 (contre 8% en 2010). La Grande-Bretagne, que l’économiste Adam Smith surnommait « Nation de boutiquiers » (« Nation of shopkeepers ») serait-elle en train de se transformer en Nation de e-boutiquiers ? Plus sûrement que la France semble-t-il. Pourtant, la France semblait avoir comblé son retard dans le commerce avec l’émergence de la grande consommation. Avec cinq groupes de distribution dans le top 30 mondial, la France est même mieux représentée que son voisin anglais qui n’en possède que deux. Les enseignes spécialisées comme Decathlon, Sephora, Lacoste, Jacadi ou Etam s’exportent aussi très bien. Mais lorsqu’il s’agit de e-commerce, la France ne fait plus figure de modèle. Deux exemples : en février dernier, lorsque Leclerc présentait la nouvelle stratégie du groupe sur internet, Michel-Edouard Leclerc citait Tesco en exemple. Je doute que l’exemple soit vrai. Idem en ce qui concerne certaines innovations comme les murs virtuels, une innovation signée Tesco une nouvelle fois. Certes Auchan a inventé le drive au début des années 2000 mais depuis les enseignes donnent l’impression de copier plus que d’innover. Il reste quatre ans pour faire mentir ce classement.

 

Carrefour/Sarkozy contre Leclerc/Hollande

Le premier tour de la présidentielle a des airs de Référenseigne, soit le classement mensuel de Kantar Worldpanel sur les part de marché des enseignes. Et ce rapprochement ce sont les Français qui le font. Landor a en effet demandé à son panel de consommateurs d’associer des marques et des enseignes aux principaux candidats de l’élection présidentielle. Et le résultat est troublant de ressemblance avec le résultat de ce premier tour. Ainsi pour les consommateurs, l’enseigne qui symbolise le plus François Hollande serait Leclerc. Ils associent aux deux les notions de « respect » et de « partage de valeurs ». Pour le président sortant, c’est Carrefour qui est associé avec les valeurs d’intelligence, de leadership et d’énergie. Etonnant parallèle fait inconsciemment par les consommateurs -pas forcément au fait des évolutions de parts de marché…- entre un président sortant qui peine à renouveler son modèle et une enseigne autrefois archi-leader qui pâtit de la désaffection des consommateurs pour son modèle d’hypermarché. A croire que sous sa casquette du consommateur et du citoyen, le Français possède des valeurs qu’il projette sur tel candidat ou telle enseigne. Des valeurs qui auraint semble-t-il un peu changé en cinq ans.

 

Le mobile va-t-il remplacer la carte de crédit d’ici 2020 ?

C’est ce qu’affirme une étude américaine du Pew Research Center (PRC) réalisée auprès d’un millier de décideurs et de spécialistes des nouvelles technologies de l’internet. Pour 65% d’entre eux, une majorité de consommateurs aura complètement adopté le téléphone comme moyen de paiement en 2020. Selon eux, une partie des transactions en cash ou carte de crédit aura même disparu à cette date dans les pays de forte consommation. Un tiers d’entre eux est en revanche plutôt sceptique. Le principal frein selon eux ? La peur de l’argent dématérialisé et du vol par les hackers. « Je suis bien content de payer mes 2 dollars de mon café Starbuck avec mon téléphone Android, explique un intervenant interrogé par le PRC, mais je ne suis pas sûr qu’on pourra rendre la technologie assez sûre pour des paiements plus élevés. » D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, un ingénieur a démontré qu’il existait une faille dans le système de sécurité des puces NFC. Aucune identification du terminal n’est prévue et il suffit donc de passer un terminal de paiement (même de poche) près d’un téléphone équipé d’une puce NFC pour lui soutirer la somme souhaitée…  Bref, les ingénieurs spécialistes de la sécurité auront encore beaucoup de travail d’ici 2020.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message