Digital Retail: "Magasins virtuels: Et la France ?"

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Magasins virtuels : Et la France ?

Les exemples se multiplient depuis la première tentative de Tesco en Corée. Dernier en date : l’américain Peapod qui teste depuis quelques jours dans les gares de Chicago et Philadelphie des murs de shopping virtuel. Et s’il est difficile de mesurer le succès de ces très récentes initiatives, quelques chiffres peuvent être avancés. Selon Peapod, 90% des clients qui ont scannée des produits en ont profité pour en acheter d’autres sur le site du distributeur. Pour le groupe Delhaize, qui teste actuellement des cubes virtuels dans les gares belges, ce sont 22% de téléchargement en plus pour l’application mobile, 28% de commandes en plus sur le site Delhaize Direct et une fréquentation qui a bondi de 40%. Sans même parler de la publicité que s’est payé l’enseigne avec la couverture médiatique. Le tout pour un investissement qui, il faut l’avouer, est modique. L’opération complète de Delhaize (sept murs –les « Cubes » qui tournent pendant deux mois) coûterait, selon nos informations révélées dans l’article publié le 3 mai dans LSA, moins de 200 000 euros, à savoir le prix de spots de pub en prime time… Et pourtant, malgré cela, nos bons distributeurs français, ne semblent pas passionnés par le sujet. L’expérience coréenne ? Intéressante mais pas transposable selon eux. « La Corée c’est la Corée »… Comprendre un pays dont la population s’adapte aux nouvelles technos pas comme nos concitoyens technophobes évidemment. Sauf que la France est un des pays d’Europe qui s’est le plus rapidement converti aux smartphones, dont le nombre d’abonnés à Internet est le plus élevé et qui plébiscite le drive comme aucun autre pays au monde… Un pays qui dispose qui plus est de la plus grande agglomération d’Europe (l’Ile de France) et de la plus grande gare d’Europe par le trafic voyageur (la Gare du Nord et ses 180 millions de passagers annuel). Et si c’était les distributeurs qui étaient technophobes plus que les consommateurs ? Et pourtant, pour certains enseignes cela pourrait être pertinent. On pense à Système U qui a racheté il y a un an de cela le pionnier parisien Telemarket. « Nous allons conquérir Paris de façon moderne », avait affirmé Serge Papin, le patron de Système U à l’époque. La conquête c’est maintenant ?

 

Un flyer virtuel chez l’américain Lowe’s

L’enseigne américaine Lowe’s (une sorte de Darty mâtinée de Jardiland) a lancé une application plutôt bien faite. Elle permet en effet, associée à un catalogue ou un flyer de créer une image virtuelle du produit sur son écran.  Par exemple : on reçoit une publicité Lowe’s pour un frigo, met son iPad au dessus de l’annonce et l’appareil apparait sur l’écran. Il peut alors être manipulé, ouvert, retourné… une initiative qui pourrait intéresser une enseigne comme Darty par exemple qui dispose déjà –pour son SAV- d’une grande partie de ses références déjà numérisées sous forme d’image virtuelle.

 

Le temps de chargement, un coût pour les sites de e-commerce

Il est rare dans un magasin de voir un client laisser son chariot plein de courses et partir dans un autre lorsqu’il y a la queue aux caisses. Sur Internet, c’est pourtant ce qui se passe. Selon une étude du cabinet britannique QuBit, le chargement trop lent des pages représenterait un manque à gagner de 1,7 milliard de livres (2,1 milliards d’euros) par an pour le e-commerce britannique. Sur un total de 68,2 milliards de livres de ventes en 2011, cela représente tout de même 2,5% de l’activité. La faute, explique l’étude, au manque de patience des shoppers. En 2006, l’internaute se satisfaisait d’un chargement de 4 secondes pour une page. Cette tolérance est passée à 2 secondes en 2009. Et aujourd’hui Google considère qu’au-delà de 1,5 seconde un site est lent et sera relégué plus bas sur sa page de recherche… Etre relégué par Google, le cauchemar des e-commerçants… Et pourtant, la vitesse de chargement des sites ne semble pas une priorité pour les sites. « La vitesse des sites est une donnée primordiale pour juger de sa performance, explique Graham Cooke, le Pdg de QuBit. Et c’est surprenant de voir beaucoup de grands retailers ne pas en tenir compte. Car il y a pleins de petites choses simples à faire pour éviter cet écueil comme d’utiliser par exemple un réseau CDN. Selon nos prévisions, cela  pourrait coûter au secteur plus de 4 milliards de livres d’ici 18 mois. »

Le cabinet s’est par ailleurs livré au petit jeu des comparaisons en compilant depuis le début de l’année des données recueillies auprès d’utilisateurs de sites (la moyenne étant à 4 secondes, le cabinet classe les sites en fonction de cette moyenne). And the winner is… IKEA. Juste devant Best Buy, H&M et Amazon.

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