Digital Retail : pour Amazon, le temps c'est beaucoup d'argent

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Le chiffre de la semaine : 100 millisecondes

Selon le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, 100 millisecondes de latence c’est 1% de chiffre d’affaires de perdu. Donc il suffirait de gagner en vitesse pour générer de la croissance puisque chaque dixième de seconde gagné correspondrait à 1% de croissance généré. Car sur internet, le temps c’est vraiment de l’argent. Et la patience, pas vraiment la qualité première des internautes. Une étude de la société Cedexis révèle une série de chiffres étonnants sur ce thème. Ainsi, 81% des internautes cessent de regarder une vidéo si elle ne démarre pas assez vite ou si elle se bloque. 500 millisecondes (une demi-seconde) de latence supplémentaire sur Google, c’est 20% de recherche en moins. Et sur Yahoo, 400 millisecondes de perdu, c’est à 5 à 9% d’audience qui s’envole.

La citation de la semaine

"Je trouve curieux que tout le monde présente comme l'avenir une approche qui permet de gagner moins d'argent."

Il s'agit de Jerry Storch, le Pdg de Toys'R'Us, interrogé par le Financial Times. Au lendemain du Black Friday américain et à quelques semaines de noël, le patron du plus grand distributeur mondial de jouets s'inquiète à son tour des conséquences de la montée en puissance d'internet sur le commerce traditionnel. D'autant que cette année, avec la généralisation des smartphones, les consommateurs peuvent désormais comparer les prix en direct, depuis le magasin, avec ceux pratiqués sur internet. Pour "M. Toys'R'Us", le modèle des pure players du web n 'est pas le seul modèle. D'une car il est très coûteux et peu rentable, de deux car le magasin est imbattable en terme d'immédiateté dans le contact avec le produit.

Leclerc lance discrètement son site de produits multimédia

« Simplifiez-vous Noël. » Depuis ce matin, 21 novembre, Leclerc propose sur son site la vente en ligne de produits multimédia « à prix Leclerc. » En tout, une centaine de références – les meilleures ventes – en image, son, photo, informatique ettéléphonie, disponibles pour un achat immédiat, avec retrait gratuit en magasins, sous 4 heures, ou livraison à domicile.

La suite logique d’une stratégie multicanal annoncée en début d’année 2012, et déjà concrétisée, au printemps, avec le lancement de Leclerc Voyages. Mais qu’on ne s’attende pas non plus, comme il est pourtant de coutume chez Leclerc, à une avalanche depublicité vantant ce service.

« On le conçoit davantage comme une « V0 », destinée à tester notre capacité à gérer les commandes, l’accueil, la réception des commandes en point relais, plus que comme un lancement en grande pompe », explique Michel-Edouard Leclerc, au pupitre des 40ème Journées IFM, où il intervenait hier. « L’objectif de Leclerc, rappelle-t-il, c’est 2015. Tout ce qui se passera avant aura pour vocation à nous préparer à cette échéance. »

Et ce qui se passera alors, ce sera quoi ? Rien de moins que la volonté de détrôner Carrefour tout en haut du podium des groupes de grande distribution. La dynamique des évolutions de parts de marché, telle que révélée période après période par Kantar Worldpanel, plaide largement en ce sens. Disons que le pari, pour ambitieux qu’il est, semble pleinement cohérent.

Et comme le métier de la distribution change… Leclerc aussi. « Nous sommes et nous serons multicanal, plaide Michel-Edouard Leclerc. Le format n’est pas le débat. Hypermarchés, supers, peu importe. Ce qui compte, c’est la capacité d’adaptation et la relation que nous avons avec les consommateurs. Or, sur ces deux éléments, nous nous en sortons plutôt très bien. Notre positionnement sur le drive, qui représente 27% de la croissance de notre chiffre d’affairesenviron (Leclerc table sur un joli +7 à +8% de son chiffre pour 2012, Ndlr), est là pour le prouver aujourd’hui. Demain, ce sera sur la vente en ligne à proprement parler, c’est une évolution logique. Notre rôle est de jouer entre tous les canaux de distribution à disposition, et d’en tirer partie à chaque fois. »

D’ailleurs, à l’instar de L’Oréal, Leclerc a lui aussi profité de l’ouverture aux noms de domaine personnalisés, sur Internet, pour déposer le nom en « .leclerc ». Avec l’idée sous-jacente de lancer progressivement des sites en « culture.leclerc », « voyages.leclerc », etc. La force d’une marque, après tout, est de savoir évoluer avec son temps. Leclerc semble en avoir pleinement conscience.

Jean-Noël Caussil

Amazon permet aux marques d’avoir leurs pages

Après Rakuten et eBay, c’est au tour d’Amazon de permettre aux marques de lancer leur propre boutique sur son site. Le numéro 1 mondial du e-commerce se transforme donc, à son tour, en centre commercial avec son portail de services marketing (https://ams.amazon.com/products/pages). Certes, Amazon pouvait le faire au cas par cas pour quelques grandes marques. Mais là c’est une offre clé en main que propose le site américain  accessible à n’importe quel retailer. Il suffit de communiquer au site un numéro de téléphone et un mail.

Une fois inscrit, le marchand peut personnaliser sa page avec ses propres couleurs, logos et menus. Comme on peut le voir sur la page du vendeur de ligne de maison Pinzon, une des premières enseignes à avoir ouvert sa page http://www.amazon.com/gp/browse.html/?node=16379511. Une fois la page créée, Amazon fournit au retailer des statistiques en temps réel (Amazon analytics) sur la fréquentation et des conseils pour l’améliorer.

Un partenariat win-win en quelque sorte puisque le vendeur bénéficie ainsi, « gratuitement » (Amazon continue de prélever sa dîme comme sur la marketplace), de l’exposition du géant Amazon et ce dernier, en retour, attire de nouvelles marques en leur permettant de valoriser leur univers et leur délègue une partie des coûts marketing. Un service disponible seulement aux Etats-Unis pour le moment. Pas d’annonce n’a été faite pour le moment concernant la France.

 

Il crée un logiciel pour acheter au hasard sur Amazon

Encore Amazon ! Mais cette fois le site n’est pas à l’initiative de cette création, il n’est que le terrain de jeu. L’idée  du développeur Darius Kazemi : pouvoir se faire seul un cadeau surprise. Chose a priori impossible. Mais comme le monsieur est malin (et programmeur), il a eu l'idée de créer une application pour ça. Enfin plutôt un script à proprement parler puisqu'il s'agit pour l'heure de bidouiller le code source d'une page pour y entrer les modifications. 

Baptisée Amazon Random Shopper, cette appli permet donc à son créateur de fixer un prix maximum et d'attendre que la commande soit passée de façon totalement aléatoire sur le site. Il ne découvre alors l'objet qu'une fois le paquet reçu. L'ayant testé, le développeur a reçu un livre du linguiste alter-mondialiste Noam Chomsky et un disque de musique avant-gardiste d'Akos Rozman. Chaque mois, il compte ainsi dépenser une cinquantaine de dollars sur le site américain. Présenté par son créateur comme un geste artistique de dénonciation de la sur-consommation, le script pourrait néanmoins intéresser des marchands désireux de proposer un nouveau service original. Les inventions sont souvent détournées de leur sens initial...

 

 

 

1 commentaire

Nicolas (Cedexis)

27/11/2012 16h09 - Nicolas (Cedexis)

Dans le sujet ci-dessus, il est précisé que Cedexis est auteur d'une étude. Cela est erroné : Nous compilons effectivement de façon régulière des données du marché sur la performance web (ces infos sont issues de nos clients OU d'études tierces) et nous en faisons également état sur notre blog.

J'en veux pour preuve cette étude de l'hébergeur Rackspace que nous avons relayé et qui intéressera sans doute quelques lecteurs : http://www.cedexis.com/fr/blog/study-suggests-40-of-online-shoppers-won%E2%80%99t-wait-over-10-seconds-for-a-website-to-load/

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